Où il est plus grave de commander un article de mode que d’envoyer des photos pornographiques …

Il est un pays où, effectivement, une jeune personne qui s’est servi de son ordinateur de service pour commander un colifichet va perdre plusieurs mois de salaire quand dans ce même service son chef a utilisé le même matériel pour l’inonder des mois durant de propositions indécentes assorties de photos qui ne l’étaient pas moins : fellations, pénétrations, masturbations, sexes turgescents, scènes zoophiles, sans être le moins du monde sanctionné par la même hiérarchie.

Quand elle s’acharne à faire reconnaitre son droit à la justice, qu’elle crie son désespoir, dénonce les coups bas, s’attaque aux rumeurs et à la calomnie, s’indigne d’avoir été abusée, discriminée , son administration prend prétexte de sa compréhensible virulence et racle les fonds de tiroir pour justifier une lourde sanction ; jugez-en : même pas une dizaine de retards insignifiants en plus de IO ans d’activité, des disputes entre collègues sans qu’elle ait été une seule fois ne serait-ce qu’admonestée ou mise en garde,  sans oublier évidemment son irrespect envers son «  irréprochable »  hiérarchie.

Cela ne se passe pas dans une de ces contrées reculées soumises à des lois d’un autre âge où les femmes doivent accepter la domination machiste au cœur même des institutions et des textes, mais bien en France en 2015.

Je croise les doigts pour que la juridiction pénale que cette jeune femme n’a eu de cesse de relancer afin qu’elle s’intéresse à sa plainte longtemps enterrée, mène à terme l’enquête que la gravité des faits réclame et qu’elle se fasse déférer les responsables de 7 ans de souffrance….

Pour que cette jeune personne soit reconnue comme victime et dédommagée, pour qu’elle retrouve son honneur et sa dignité.  Car que se passera-t-il dans le cas contraire ?

En attendant, de quoi va-t-elle vivre ?

Ceux qui vont la sanctionner ne connaissent déjà pas les fins de mois difficiles, alors,  la privation de toutes ressources ne les priveront pas de sommeil ni de toit …. Elle, si !

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