SOS FONCTIONNAIRE VICTIME SONNE L ALARME

Paris le 28 décembre 2014

                Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

                L’année 2014 s’achève.

                Croisons les doigts pour qu’un cinquante cinquième suicide ne vienne pas dans les prochaines heures alourdir son désastreux bilan. A noter qu'hélas deux gendarmes viennent de se suicider…

                 Croisons les doigts pour que ce technicien de TOURS ait assez d’endurance pour résister sans sombrer au comportement pervers de sa  supérieure hiérarchique qui parait-il en a fait craquer plus d’un.

                  A TOURS où une technicienne de l’identité judiciaire pensait pouvoir  « oublier » l’agression dont elle avait été victime en service sur la voie publique lorsqu’elle travaillait à MARSEILLE, (accident de travail que l’administration d’ailleurs a toujours refusé de reconnaître), mais qui en a essuyé d’autres en interne celles-là,  au point de ne plus pouvoir reprendre son  service et de devoir  avoir recours au psychiatre pour survivre.

                 TOURS où, également,  un fonctionnaire de la BAC,  très rigoureux pourtant,  aurait connu de graves difficultés.

                 Tours enfin, à l’affiche des médias cette année encore pour plusieurs faits divers sujets à controverses….

                 Un audit sur le fonctionnement des services serait peut être utile. 

                 Croisons les doigts pour que ces femmes Gardiens de la Paix, en poste à TOULON ou dans cette CRS de province retrouvent  suffisamment de confiance dans l’institution pour surmonter les humiliations subies et suffisamment de force pour reprendre le travail qu’elles aiment et ont idéalement choisi.

                  Que dire, de la Commandant de Police en Ile de France,  au « placard » pour avoir repoussé les avances de son supérieur hiérarchique ?

                  Que faire, pour que ces Policiers à LILLE  ou à REIMS et en tous lieux sur le territoire français,  ne s’interrogent plus sur le bien-fondé de leur engagement alors qu’ils sont confrontés à des procédés iniques, condamnables, et indignes de la Constitution qui nous régit ?

                  Pour ceux de la Brigade des stups de Paris qui se plaignent de leur patron et dont beaucoup veulent quitter le service ? 

                  Croisons les doigts pour que ces hommes et femmes, aux antipodes, aient le courage d’attendre que les procédures engagées aboutissent  contre  certaines hiérarchies qui n’ont plus aucun discernement.

                  Pour que tous ces agents blessés, malades, traumatisés retrouvent, avec la reconnaissance de leur préjudice, de leur situation,  de meilleures conditions de rétablissement et d’existence personnelle et professionnelle ? Car, au-delà  de tous ces fonctionnaires en souffrance, ce sont aussi toutes les familles qui sont impactées et qui ne comprennent plus le mode de fonctionnement de notre Etat dit « de droit ».

                 Croisons les doigts pour que l’agent administratif de LYON n’ait pas à mettre de nouveau  sa vie en danger pour retrouver le travail  dont son administration l’a injustement privé.

                 Pour que cette A.S.P. parisienne ne cède pas à la tentation de donner raison à sa hiérarchie qui a cru bon de l’interner,  irrégulièrement  (ce qui a été jugé et reconnu fort heureusement illégal par le  Tribunal) avant d’obtenir reconnaissance des responsabilités administratives dans la ruine de sa carrière et de son moral ?

                Pour que cette ardente syndicaliste du Midi de la FRANCE puisse continuer, sans préjudice, à assumer l’intégralité de ses tâches.

                Je  pourrais, Monsieur le Ministre, déposer sur votre bureau ces dossiers, et quelques autres encore, qui démontrent l’existence de graves dysfonctionnements  dans nos institutions policières dont sont victimes quantité de personnes pourtant dévouées et d’expérience, désireuses et capables d’accomplir parfaitement leurs missions pour le plus grand bénéfice de l’Administration et du service public.

                Notre administration les pousse, en les plaçant sur la touche et les mettant à l’index,  à ester en justice, souvent à regret,  alors qu’ils tirent la sonnette d’alarme sur ces dérives et proposent des solutions concrètes pour y remédier.

                Nous vous demandons instamment que les textes de loi, dernièrement la circulaire dite LEBRANCHU de 2014,  qui protègent les victimes ou rapporteurs de faits répréhensibles  ainsi que ceux qui apportent leurs témoignages, soient rigoureusement appliqués et que la protection fonctionnelle soit accordée aux deux parties en cause et non ainsi qu’il est d’usage à « l’accusé »

                Nous attendons de vous, Monsieur le Ministre, que vous veilliez à ce que le respect des règles déontologiques, des obligations et des lois  soit exigé  et s’applique à tous les niveaux de la hiérarchie ; à ce que les enquêtes  menées en interne le soient  en toute impartialité, et selon les règles de droit,  à charge et à décharge ; à ce que la lutte contre les risques psychosociaux tels que le harcèlement moral ou sexuel et les discriminations de toutes sortes, sexistes, racistes, xénophobes, homophobes, ne fassent pas uniquement l’objet de circulaires  ou « d’Observatoires »  mais de formations concrètes tant en école qu’en service,  et que des sanctions, lorsqu’ils sont mis en évidence, soient fermement prises contre leurs auteurs puisqu’ils engagent la responsabilité de notre administration donc de L’Etat . Une telle attitude et de telles mesures contribueraient à la respectabilité de l’institution  et satisferaient aux exigences démocratiques.

               Il convient donc dès lors de prendre des mesures de responsabilité nominative ce qui fera réfléchir à deux fois ceux qui sont enclins à ces comportements  inadmissibles et déviants..

               Souhaitons que 2015 nous donne, à tous, l’occasion de nous réjouir d’une amélioration en ces domaines.

               Nous restons, Monsieur le Ministre, à votre disposition, pour vous apporter tous les éclaircissements sur les dossiers et sujets évoqués et nous vous prions de croire  à l’expression  de nos respectueuses salutations.    

 

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