Comment détecter les signes du burn-out ?

En 2017, après le nombre croissant de suicides constaté chez les internes en médecine, l’Intersyndicale nationale des internes (Isni) a mené une enquête pour connaître la santé mentale des jeunes médecins. Les résultats sont tombés comme un couperet et faisaient froid dans le dos : 66,2% des étudiants en médecine indiquent souffrir d’anxiété, 27,7% de dépression et 23,7% ont déjà eu des idées suicidaires. Tous ces signes témoignent d’une maladie moderne liée au surmenage au travail : le burn-out. Depuis 2017, même si le gouvernement tente de prendre certaines mesures afin d’améliorer le quotidien des internes, la situation ne s’est pas clairement améliorée. Pour prévenir le burn-out, rien de mieux que d’en connaître les signaux d’alerte.

Les symptômes liés à la personne : la maladie des enthousiastes

On dit souvent que le burn-out est la maladie des enthousiastes. On entend par là qu’elle touche souvent les personnes perfectionnistes ou encore les jeunes. Ces derniers restent dans leur modèle d’étudiant, c’est-à-dire qu’ils pensent que plus ils travaillent plus ils auront la reconnaissance de leurs pairs. De plus, ce sont aussi des personnes qui ne fixent pas de limites entre la vie personnelle et professionnelle, elles auront tendance à travailler également même si elles sont en weekend. Cette dimension est largement accentuée dans notre société moderne avec la présence toujours plus accrue des nouvelles technologies.

Les symptômes liés au contexte

Outre la personnalité même de la personne, le burn-out est également lié au contexte. Par exemple, des difficultés au sein de l’entreprise notamment par rapport au management et à la surcharge de travail qui est demandée. Cette surcharge de travail fait que, petit à petit, les personnes s’épuisent.

De ce fait, elles se sentent de plus en plus fatiguées, elles ressentent un épuisement émotionnel et physique. Cela va même plus loin puisque les personnes sujettes au burn-out développent des idées dépressives : elles pensent qu’elles sont de moins en moins capables de bien faire leur travail. Elles peuvent aussi développer des troubles du sommeil, de mémoire et de la concentration. Elles se mettent en repli et prennent de la distance par rapport à leur situation.

Au fil du temps, cet état empire. Une personne atteinte de burn-out a honte et, de ce fait, n’ose pas en parler. Pourtant, c’est la première chose à faire pour s’en sortir. Il est ainsi possible d’en parler à sa hiérarchie, ou, dans le cas des internes en médecine, de s’adresser à un syndicat d’étudiants. Ensuite, il est essentiel de consulter un médecin généraliste ou un psychiatre qui pourra alors fournir un arrêt de travail pour que la personne retrouve la forme.

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