Déserts médicaux: de nouvelles réponses en 2019?

Une année de professionnalisation dans le désert. Une proposition qui risque de faire beaucoup parler d’elle au sein de la communauté médicale et paramédicale confirme l’ESEM (Ecoles supérieures d'études médicales).

Sujet récurrent des débats politiques et de l’opinion publique, les déserts médicaux suscitent chaque saison leurs lots de propositions censées exterminer -ou du moins lutter- contre ses lourdes conséquences. Car oui, les français sont inégaux en termes d’accessibilité aux soins, faute d’une mauvaise répartition territoriale de médecins généralistes et spécialisés. Aussi, l’ESEM France s’est saisie du sujet. Un sujet plus que jamais d’actualité puisque le Sénat votait il y a quelques jours un dispositif qui semble faire consensus chez les différents partis…

Une année de professionnalisation dans le désert

Une proposition qui risque de faire beaucoup parler d’elle au sein de la communauté médicale et paramédicale confirme l’ESEM. Très concrètement, il s’agirait de faire de la dernière année du 3ème cycle d’étude médical un outil de lutte contre les déserts médicaux, en envoyant les internes dans ces zones déficitaires en professionnels de santé.

Que pense-t-on vraiment de ce dispositif au sein de la sphère politique ?

Un quasi consensus pour les LR, PS et indépendants

Pas plus tard que dans la nuit du lundi 3 avril, sénateurs PS, LR et indépendants s’accordaient presque à l’unisson sur ce dispositif de « mutation » des internes en dernière année dans les déserts médicaux. Une concertation saluée par les sénateurs des différents partis. Effectivement, il n’aura fallu qu’une seule lecture pour obtenir concertation… Une concertation dont se félicite notamment Yves Daudigny (sénateur PS), qui confiait dès mardi « qu’il y avait besoin d’un choc ». 

Néanmoins, parmi les 311 voix, 16 votants se sont déclarés défavorables à cet amendement. Ainsi, pour les CRCE, les hôpitaux souffriraient déjà bien trop d’un manque de personnel pour qu’on leur en soustrait d’avantage…

Agnès Buzyn et Frédérique Vidal fermement opposées…

Quant au sein du gouvernement, on peut vraiment dire que la proposition du Sénat divise… Pour Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, une telle année reviendrait presque à un « quasi-exercice » pour ces étudiants pas encore tout à fait médecins. 

Et puis, comment garantir un encadrement de qualité sur le travail effectué ? Tout cela semble bien trop coercitif à l’heure actuelle pour les deux Ministres.

Des incidences sur la formation ?

C’est du moins ce que croit fermement Frédérique Vidal. La Ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation pense effectivement que cette mesure serait néfaste à la qualité de la formation… En d’autres termes, « lâcher » des internes dans la nature ne semble pas de son goût. À cette opposition Corinne Imbert (LR) répond : « La professionnalisation n’est pas le sacrifice de la formation, au contraire, elle fait partie de la formation ».

 

Affaire à suivre. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.