Produits pharmaceutiques : un sujet brûlant pour l’environnement ?

Selon la Commission Européenne, il est nécessaire de considérer l’impact néfaste de certains produits pharmaceutiques sur l’environnement.

Afin de gérer diverses maladies chez les humains ou les animaux, l’utilisation de produits pharmaceutiques efficaces demeure essentielle. Néanmoins, il est nécessaire de considérer l’impact néfaste de certains de ces produits sur l’environnement. Le projet de la Commission européenne pour une Europe durable d’ici 2030 suggère que les organismes compétents posent expressément les enjeux de cette problématique et les solutions envisageables. ESEM France s’est penché sur la question.

Des résidus pharmaceutiques dans nos eaux et nos sols

Des équipes de chercheurs ont identifiés des résidus de médicaments à des concentrations variables sur l’ensemble du territoire européen. Ces résidus sont dans les sols, l’eau et même les tissus d’animaux… La situation est d’autant plus préoccupante que des chercheurs auraient trouvé ces substances pharmaceutiques dans l’eau potable. En outre, l’OMS tirait la sonnette d’alarme il y a quelques temps : ces résidus pourraient impacter les populations fragiles…

ESEM France a recensé quelques exemples des conséquences des résidus pharmaceutiques dans notre environnement d’après le document officiel de la commission européenne…Les poissons exposés à la principale substance de la pilule contraceptive pourraient avoir des difficultés à se reproduire car celle-ci modifie le système endocrinien : les poissons se féminisent. Autre exemple : l’analgésique diclofenac contiendrait un effet létal pour la faune.

Les axes stratégiques de la Communication européenne

Conformément à la directive de 2013 sur les substances prioritaires, la Commission européenne se devait effectivement d’apporter une approche stratégique à la problématique de la pollution des eaux et des sols par les produits pharmaceutiques. Ainsi, le 11 mars 2019, la publication du rapport officiel qui éclaire à la fois sur les mesures à mettre en place à court terme et l’état de la recherche scientifique et de l’innovation.

Sensibiliser

Plus précisément, la publication de mars dernier met en évidence une volonté de promouvoir auprès de la communauté des pharmaciens les risques nocifs des médicaments et donc inciter à une utilisation plus prudente pour les publics.

Limiter

Réduire l’usage préventif des antimicrobiens chez l’animal (en accord avec le nouveau règlement européen médicament vétérinaires)

Promouvoir

Relayer les bonnes pratiques relatives à la prise en considération de l’environnement dans la publicité, la prescription et le conditionnement des médicaments.

Améliorer

L’enjeu pour les états est aussi de perfectionner les systèmes de collecte MNU et encourager auprès des ménages le recyclage des médicaments.

Par ailleurs, la Commission européenne a indiqué la réalisation d’un premier bilan en 2020 pour constater les premiers effets de ces mesures et prévoir les prochaines étapes. Des études plus récentes apporteront également des précisions supplémentaires sur la problématique des résidus pharmaceutiques dans l’environnement. Enfin, peut être que de nouvelles innovations scientifiques seront lancées d’ici l’année prochaine…

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