Le CBD : point sur sa légalité en France

Si le terme CBD, (CannaBiDiol) ne parle pas au plus grand nombre, le cannabis le fait davantage. Le CBD est une substance présente dans le chanvre et à laquelle on prête de nombreuses vertus relaxantes sans les effets psychoactifs du THC (TetraHydroCannabinol).

Le CBD est l’un des 104 cannabinoïdes présent dans cette plante, mais n’est pas un psychotrope. En France sa production ainsi que son utilisation sont très encadrées par la loi. Dans cet article, nous allons comprendre la différence entre le CBD et le THC, nous allons détailler les vertus relaxantes du CBD, et enfin nous allons faire un point sur la législation en France, qui n’est pas si claire pour tout le monde.

La différence entre le CBD et le THC

Pour bien différentier le THC du CBD, nous parlerons de cannabis, connu aussi sous le nom de marijuana où le THC est présent à 14% dans la plante, et nous parlerons de chanvre lorsque le taux de THC ne dépasse pas 0,2% et d’où est extrait le CBD autorisé par la législation en France.

Le THC, psychotrope stupéfiant

Le THC présent naturellement dans le cannabis est un puissant psychotrope responsable d’effets à la fois psychiques et physiologiques sur l’organisme. En fait, sur les 400 types de substances présents dans le cannabis, on attribue la plupart de leurs effets sur l’organisme au THC.      Deux phases doivent être mentionnées lors de la consommation ‘récréative’ du cannabis. Dans un premier temps, une phase d’euphorie intense entrainant une humeur joyeuse associée à un rire facile, et au bout de quelques heures, la durée dépendant de la dose consommée, une phase de somnolence et de tristesse souvent accompagné d’un sentiment de peur et de paranoïa. Cette descente émotionnelle, communément appelée « bad trip », devrait repousser les consommateurs, mais le THC, très addictif créé un manque qui contraint le cerveau à en redemander toujours plus. Chez les consommateurs réguliers, les dégâts sur l’organisme sont nombreux, et certains, comme la destruction des neurones, sont irréversibles.

Le CBD, ni psychotrope ni stupéfiant

Contrairement au THC, le CBD n’est pas un psychotrope, et n’est pas associé à une sensation d’ivresse, de vertige ou d’euphorie. Son utilisation n’entraine aucune addiction. Comme le précisait l’addictologue Jean-Pierre Couteron en Août 2018 à Libération, « le CBD n’a pas d’effet stupéfiant, mais relaxant ». Certaines semences certifiées de chanvre sont autorisées à la culture au sein de la communauté européenne. Seules les variétés ayant un taux de THC inférieur à 0,2% peuvent être exploitées. Ainsi, on dénombre 9 variétés cultivées en France et inscrites au code de la santé publique. L’utilisation est multiple et reste dans sa grande majorité industrielle. Avec 6 chanvrières faisant travailler 1.414 producteurs sur 16.400 hectares (chiffres de 2017), la France est le leader européen et alimente les filières papier, bâtiments, automobiles et alimentation humaine et animale. Le CBD n’est pas interdit par la loi et est commercialisé sous différentes formes telles que des cookies, des cosmétiques, des huiles, des liquides pour cigarettes électroniques ou encore, et la liste n’est pas exhaustive, des saucisses !

Les effets positifs du CBD

De par ses vertus naturelles antalgiques et anti-inflammatoires, plusieurs médicaments thérapeutiques contenant du CBD sont utilisés par des  personnes souffrant de douleurs, de maladies inflammatoires chroniques ou encore d’anxiété et de dépression. Certaines crèmes contenant du CBD combattent l’acné, tandis que d’autres, combinant CBD et THC combattent la sclérose en plaques. Des études lui attribuent également des effets positifs dans le traitement des maladies telles que le diabète, l’épilepsie ou encore la schizophrénie. De nombreux malades du cancer utilisent le CBD pour lutter contre les nausées, la douleur et les vomissements liés aux séances de chimiothérapie. De plus, mais les scientifiques n’ont fait qu’effleurer le sujet, le CBD pourrait devenir un atout majeur dans le traitement potentiel de la dépendance à la nicotine et à l’alcool. Il serait également étudié pour lutter contre les addictions aux opiacées.

Dans une moindre mesure, les produits libres à la vente proposant du CBD ont un effet relaxant. Les personnes parlent d’un sentiment de calme, de bien-être et de sérénité. Il ne s’agit en aucun cas d’un substitut au cannabis car il serait humainement impossible d’en consommer assez pour même se rapprocher un peu de l’état obtenu en consommant du cannabis. En outre, ni le sentiment d’euphorie intense ni la descente qui suit ne sont au rendez-vous. Pas plus que le sentiment de vide laissé par l’addiction.

CBD, le point sur la légalité en France

Face au nombre croissant des points de ventes proposant des produits à base de CBD, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) a publié un point législatif sur le cannabidiol. En substance, les 5 points à retenir sont :

  • Seules les 9 variétés de chanvre inscrites dans le Code de la santé publique sont autorisées à des fins industrielles et commerciales. Toutes ces variétés ont pour point commun un taux de présence du THC inférieur à 0,2%.
  • Seules les graines et les fibres peuvent être utilisées. Les fleurs et les feuilles restent interdites, même pour les variétés autorisées.
  • Les produits à base de CBD en vente libre, ne doivent contenir aucune trace de THC.
  • Les fabricants et les vendeurs de produits contenant du CBD ne doivent pas prôner une quelconque vertu thérapeutique à leurs produits.
  • Seuls les fabricants de médicaments bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), peuvent promouvoir les vertus thérapeutiques de leurs produits.

Sur le terrain, la réalité est un peu décalée, la preuve en est, les nombreuses ouvertures de points de vente « CBD Legal » proposant des produits finis provenant de pays où la législation est moins regardante, ou mieux de pays où la consommation de cannabis n’est pas interdite. Les vendeurs vous le certifierons, ‘Il n’y a aucune trace de THC dans nos produits’. Alors qu’en est-il des fermetures de certains points de vente alors que d’autres continuent de vendre des produits moins contrôlés sinon clairement interdits sans être inquiétés ? Des élus trop concernés d’un côté, ou encore une industrie du chanvre florissante de l’autre, sans oublier peut-être aussi une certaine ligne rouge, non écrite par une loi qui se veut trop tranchante, dépassée par des vendeurs jouant sur la vague de la nouveauté… Quoi qu’il en soit, il semblerait que le moment de détente relaxante offert par le CBD, qui n’est, rappelons-le, ni addictif ni psychotrope a encore de beaux jours devant lui. Qui sait, les industriels sauront bientôt trouver un moyen d’extraire le CBD, même des parties interdites de la plante en s’assurant que le THC en soit totalement exclus.

Sources : 

https://www.drogues.gouv.fr/actualites/cannabidiol-cbd-point-legislation

https://cbd-legal.fr/

 

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