Les Houtis acceptent de négocier mais ce n’est pas la paix qui les motive

Stockholm attend les parties du conflit au Yemen pour entamer des négociations de paix. Les rebelles houtis, proxy de l'Iran, qui avaient refusé la rencontre, prétextant des raisons de sécurité, se sont finalement résolus à y participer. Leur position sur le terrain est sans doute la raison de ce revirement.

Les rebelles houtis brandissant le portrait de Khomeini "Mort à l'Amérique, Mort à Israël, Maudits soient les Juifs, Gloire à l'Islam" Les rebelles houtis brandissant le portrait de Khomeini "Mort à l'Amérique, Mort à Israël, Maudits soient les Juifs, Gloire à l'Islam"
Trois ans de guerre au Yemen et toujours très peu d’espoir d’une solution définitive. Les rebelles houtis manipulés par l’Iran qui veut imposer sa présence au golfe refusaient toute négociation préférant recourir aux armes pour étendre leur pouvoir sur tout le pays. Martin Griffiths, l’émissaire de l’ONU au Yemen essaie de convaincre les parties de l’intérêt des pourparlers de paix prévus en Suède.

Si l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ont déjà exprimé leur accord pour ces négociations qui devront se dérouler début décembre, comme l’a confirmé Jim Marttis, le secrétaire d’Etat américain à la défense, les Chiites houtis ne semblaient pas très chauds pour l’idée. Ils ont déjà refusé pour des raisons de sécurités ont-ils expliqué.

Entre temps, les combats ne cessent pas, surtout aux alentours de Hodaïda, la ville portuaire du Sud par laquelle passent 70% des approvisionnements et des médicaments destinés au pays. Le Yemen est dans une situation humanitaire des plus critiques vu le blocage imposé par les Houtis sur les mouvements de marchandises.

Toutefois, pour des raisons tactiques, sans doute, les Houtis ont fini par accepter le principe des pourparlers de Stockholm. Un revirement inattendu qui s’explique par les défaites qu’ils ont subies sur le front de la Mer rouge et qui ont fragilisé leur position. Ils ont perdu leur meilleur atout, le port de Hodaïda justement. C’était en plus leur principal contact avec l’Iran qui leur fournit les armes et surtout les missiles qui servent à frapper l'Arabie saoudite. D’autre part, Les rebelles houtis craignent la division dans leurs rangs. Il y a eu déjà des défections  d’éléments des milices et des voix de plus en plus nombreuses s’opposent à la présence des chiites à Saada, une forteresse que les  Houtis craignent de perdre.

Ainsi, la participation des rebelles aux pourparlers n’est nullement motivée par la recherche de la paix mais pour préserver leur position sur le terrain. Ils savent qu’en tant que milices iraniennes, ils ne seront jamais acceptés par les populations. Plus encore, l’implantation des Houtis, comme instrument de l’influence iranienne dans la région, porte en elle les germes d’une instabilité aux conséquences désastreuses non seulement pour la région mais pour le monde entier.

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