UE. Les grands enjeux de la politique de voisinage

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Comment l’Europe peut-elle faire face à la concurrence technologique et économique des grandes puissances, notamment la Chine et les États Unis? Si dans les médias il n’est question que de la bataille entre ces deux grands pays il n’en reste pas moins que l’Europe est une puissance aussi bien technologique qu’économique. Elle est présente dans tous les mouvements civilisationnels qui feront le monde de demain. 

Cependant, l’Union européenne a besoin d’un espace plus large et plus ouvert pour déployer toutes ses énergies et capitaliser sur l’étendue de ses marchés de proximité. 

La Méditerranée, le Moyen Orient et l’Afrique sont les espaces les plus proches et les plus prometteurs pour l’UE. C’est un fait géographique et historique incontestable. Ces régions sont cruciales pour l’UE. D’abord parce qu’elles connaissent un développement soutenu avec notamment l’Afrique qui porte en elle la croissance du monde pour les prochaines décennies et le Moyen Orient qui dispose de moyens de financement illimités qui peuvent servir à promouvoir de grands investissements. Le Maghreb présente également un espace propice à un développement partagé vu le potentiel dont il dispose. 

Bien entendu il y’a aussi des risques pour l’Union européenne et l’immigration incontrôlée n’est pas des moindres. 

Eu égard à tous ces potentiels et ces risques, l’UE a établi des relations pertinentes avec ses voisins, incluses dans sa politique de voisinage comptant sur des pays clés comme le Maroc qui est le plus proche voisin. La proximité n’est pas le seul avantage du Maroc. Il a la particularité d’avoir de l’influente aussi bien en Afrique qu’au Moyen Orient et en Afrique du Nord. 

C’est dans ce contexte que notre cheffe de la diplomatie Federica Moghereni s’est rendue au Maroc. Elle a même été reçue par le roi Mohammed VI, ce qui souligne l’importance des relations entre les deux parties. 

Le Maroc présente un intérêt évident pour l’Europe. Il est lui-même un marché en plein développement. Il est en plus le deuxième plus grand investisseur africain en Afriqu, ce qui fait de lui un passage opportun pour des investissements dans le continent. 

Par ailleurs, grâce à sa politique de prévention des effets du radicalisme religieux, il contribue efficacement à la lutte contre le terrorisme en Europe. Sa parfaite maîtrise du phénomène a été prouvée à maintes reprises. En outre, sa politique migratoire, qui est l’une de plus avancées, offre une protection à l’Europe. 

Federica Mogherini et l’UE sont conscients de cette importance stratégique du Maroc qui, de son côté, fait face au séparatisme. La question du Sahara occidental n’est pas un problème marocain uniquement. C’est aussi un problème européen. Le Maroc est le pays le plus stable de la région et les revendications des séparatistes soutenus par le voisin algérien comportent un grave risque pour l’UE.

Le Polisario qui prétend représenter les intérêts des Sahraouis sait qu’il n’aura jamais un État indépendant au sud du Maroc parce que les populations représentées dans toutes les instances politiques, économiques et sociales du pays tiennent à leur marocanité. 

L’Europe n’ignore pas le danger et semble comprendre les risques. 

La signature de l’accord agricole, cette semaine, traduit bien la compréhension des enjeux par l’UE. L’Accord porte sur tout le territoire marocain sans exception, ce qui révèle que pour l’Europe, le partenariat avec le Maroc passe par le respect des ses intérêts stratégiques.

 

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