Rémi Fraisse : «Non, non, rien n'a changé, tout, tout a continué... »*

Le 31 juillet 1977, Vital Michalon, professeur de physique de 31 ans, a été tué par l’effet de souffle d’une grenade offensive lors d’un rassemblement contre la construction de la centrale nucléaire Superphénix à Creys-Malville (Isère). L’instruction ouverte s’est close le 21 novembre 1980 par un non-lieu, confirmé deux mois plus tard par la cour d’appel de Grenoble.(1)

40 ans après l'assassinat** de mon frère Vital, on reprend les mêmes et on recommence ?
Les mêmes ?
Les mêmes situations de conflit, les mêmes réactions gouvernementales, la même incapacité à penser autre chose que la violence d'état, la même tétanisation de l'appareil judiciaire, les mêmes rapports d'autopsie… les mêmes non-lieux consternants...
Les mêmes « responsables » ? Sans aucun doute leurs enfants auxquels ils avaient pleinement justifié leur boulot en tant que premier ministre, ministre de l'intérieur, préfet, CRS et Gendarmes, procureur, juge d'instruction. Les enfants ont bien retenu les leçons et les appliquent à la lettre.
La même consternation, la même fureur chez nous, citoyens. Et la même extrême difficulté à trouver quand même, malgré cette rage en nous, des paroles positives à dire à nos enfants à qui nous nous devons de donner de l'espoir, de l'envie de contribuer à un monde de bienveillance.

Il y a 40 ans on chantait Graëme Allwright : « Qu'as-tu appris à l'école, mon fils ? » et « Qui a tué Davy Moore ». Aujourd'hui encore on peut chanter -crier- ces mêmes chansons.
Avec la même rage au coeur.

https://youtu.be/BvMJt8Ligr0

https://youtu.be/R1q1WHqg9l4

Franck Michalon
*chanté par Les Poppys en 1971
**assassinat : meurtre commis avec préméditation. Cette qualification m'avait été exprimée par Lanza Del Vasto, apôtre acharné de la non-violence s'il en fut un.

(1) voir l'excellent article de Louise Fessard : Grenades offensives: enquête sur le précédent de Creys-Malville en 1977

 

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