Hello fioul !

A priori, un Ro-ro est fiable. Je ne parle pas de mon beau-frère, mais des cargos rouliers que leur technologie de pointe met normalement à l’abri des catastrophes maritimes. S’ils ne le sont pas, ce qui ne devait pas arriver se trouve aggravé par la multiplicité de leurs chargements.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/03/15/trois-questions-sur-le-naufrage-du-grande-america-au-large-de-la-rochelle_5436259_3244.html

Pour résumer, le Ro-ro est un garage-parking flottant, à plusieurs niveaux desservis par le genre de rampes que nous connaissons tou.te.s, dans nos caisses pourries qui nous mettent à l’abri des désastres cyclistes ou piétonniers.

Le Ro-ro quant à lui n’est pas pourri, et la règlementation le concernant est très stricte. Comme il n’est pas censé naviguer sur de longues distances, il cabote. Son principe marchand étant la non-rupture de charge. Grosso modo, la marchandise se tient (tenez-vous mieux que ça, svp!) dans un conteneur transporté par un véhicule acheminé par un autre contenant. Ce dernier, de plus en plus énorme, est donc le seul à bouger, comme l’indique son appellation : Roll-on/Roll-off.

Avoir à la changer sans délai en Rock-on/Rock-off serait fort regrettable. Si un bâtiment comme le Grande-America est signalé pour 35 carences techniques à l’âge de 13 ans (en 2010), sa longévité programmée est déjà sujette à caution. C’est du moins l’avis des pékin.e.s moyen.ne.s que nous sommes. A savoir, ni constructeurs, ni armateurs, ni assureurs, ni inspecteurs, ni affréteurs, et tous ces trucs modulables en -trices. Si 8 ans plus tard il prend la mer avec ne serait-ce qu'une déficience, les mêmes pékin.e.s préfèrent ne pas faire partie du chargement...   

Alors, qui donne l’autorisation de passer outre les rapports d’inspection ? Personne, on s’en fout. Qui va payer ? Hein quoi pardon, vous dites ? Surtout pas de panique, ni à bord ni hors-bord !

Monty Python (How to Irritate People) - Airplane Sketch VOSTFR (Les pilotes d'avion) © LemonyLAbare
 

On le saura dans une douzaine d’années, quelques armées d’avocats préparant déjà la grosse artillerie en fonction de leurs obédiences. Triste vie que la leur… obligés de lutter pied à pied pour minimiser les dégâts, en bottes de caoutchouc et cirés inesthétiques sur le sable humide et les rochers glissants !

Ainsi, il n’est pas certain à cette heure qu’une si grosse quantité que ça du frais fret atteigne nos côtes atlantiques, se réjouissent-ils de manière pas trop ostensible. Cette discrétion fait partie de leur panoplie anti-Cassandre, on ne peut tout de même pas être tous écolos !

La faune et la flore présentes sur les 333 km séparant le lieu du naufrage du littoral charentais et girondin apprécieront. Au fait, c’est bien des poissons que souvent les pêcheurs pêchent ?

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