A.O.C. en vrac

La colline au crack… Appellation d’Origine Contrôlée qui fait les choux gras d’une population résolument végétalienne et de sa presse préférée, à quelques encâblures de chez nous parisien.ne.s . de cœur, de tripes, d’adoption ou de souche (merveilleux terme coopté par les fatigués-du-bulbe chroniques).

Par "chez nous", j’entends une poignée d’irréductibles Gaulois.e.s, sinon Lutécien.ne.s convaincu.e.s que botter en touche n’est qu’une figure de style rugbystique, et n’a rien à faire dans une politique municipale…

… à ce titre, respect à Madame Anne Souyris, qui reprend non sans risque pour sa popularité d’élue (comme on dit dans les facs étatsuniennes) une proposition que les politiques, toutes obédiences considérées, n’ont d’autre souci que d’évacuer en catastrophe.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/la-ville-de-paris-veut-de-nouvelles-salles-de-shoot-et-un-bus-itinerant-pour-les-fumeurs-de-crack-1534947729

Et cela fait quelques décennies que cette petite lâcheté n’offusque plus personne. La salle de shoot évoquant au mieux l’entraînement de nos footeux champions du môôôônde Edmonde, au pire une armée de zombies en marche (tiens ?! pas fait exprès…) qui n’ont d’autre visée que d’égorger nos bourses flasques et nos compagnes potelées.

Voilà quelques jours, un escadron de CRS et quelques équipes -pas tellement mixtes- de la Voirie parisienne étaient une nouvelle fois dûment mandatées à "nettoyer" sans Kärcher le tas d’immondices qui nous pourrit notre panorama sur la Porte de la Chapelle. Ouverte à double battant aux dires de ses riverains les plus confinés dans un confortable quant-à-soi. Terrain de convergence des misères sociales selon une militance qui a cours jusque chez ma voisine de palier.

Alors, on se la pèle cette loi ?

Aujourd’hui nous ne sommes plus dans la problématique de supposés états marchands de came (et la tienne tu l’as vue , mon bobo boeuf beauf?). Mais totalement dans celle de désespérés paumés, qui ont cru avoir droit à un avenir simplement vivable , et se retrouvent à trembler en pleine canicule, d’un manque frigorifique de produits de synthèse créés par notre industrie !

A cent mètres de l’intervention juste efficiente des commis aux basses œuvres de notre fière République, des affiches promotionnelles portent en bannière le credo gerbant d’un Vandamme ressuscité : s’il arrive quelque chose à ma fille je te tue… sur les palissades d’un métal fait pour contrarier les installations sauvages. Allez voir ça ne vous coûtera qu’un ticket de métro, ne prenez pas la bagnole ça craint yell.

Et puis réfléchissez, revenez tranquille vers la civilisation. A partir de Marx-Dormoy on abandonne l’apnée, on remonte par paliers, et au carrefour rue-boulevard du même nom dirigez-vous vers chez moi, quelques amis soudanais ne demandent qu’à frayer avec des autochtones.

Eux ont compris le village global, avec un grand sourire éclatant -ça nous arrange, professent-ils dans un atemi affectueux sur la nuque. De temps en temps, ils s’évadent, et pour un peu mon bobo bovin tu serais tenté de le faire sur le même mode…

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