Objets de Paname, avez-vous donc une âme?

Faut-il reconstruire à l’identique? Dans l’actualité immédiate, c’est la question qui brûle. Et bien plus que les lèvres du Parisien* amoureux de sa ville. Donc également du Breton exilé à Paris, doublement amoureux.

Pour Notre-Dame, les chênes ont déjà dit non, cependant nul ne les entendra. Mais quid du Paris-Saint-Germain?

J’ouvre immédiatement une parenthèse : le créneau en papier mâché de ce blog en carton, ce sont définitivement les sujets qui n’intéressent personne. Car ceci est mon choix et mon droit, et je ferme la parenthèse.

Par contre, le mot-clé Emmanuel Macron passionne tout le monde. Il pourrait bien avoir son idée, sur la restauration du monument bleu et rouge qui hier soir s’est fait rétamer en blanc sous ses yeux azur. A cette heure, il la garde toujours par devers lui, ce dont on ne saurait le blâmer.

Encaisser une bronca à son entrée protocolaire sur la pelouse du SDF (putain de sdf, problème jamais résolu!) ; marcher en crabe et sur les arpions de ce crétin qui le colle de trop près ; saluer une cinquantaine de types dont certains lui font carrément la tronche (j'ai noté les noms quelque part) ; serrage de louches, mâchoire virile déjà douloureuse au bout de dix pas ; comment-ça-va-bien-parfait-bon-match, une minute par zigue… et je décapsule déjà ma deuxième binouze sur mon canapé, qui ne s'attendait pas à cette visite : bref, l’horreur absolue!

La vie de président-pinocchio n’est pas rose.

Mais tout cela n’est rien en comparaison du drame vécu deux heures et demie plus tard par les cadors de notre championnat national. Ou plus exactement, de la Ligue 1 Conforama. Notons que ce sponsor vit lui-même une période sombre, en tant que défaillant détaillant de charmants objets en kit.

Justement, le PSG est depuis belle lurette un charmant objet en kit. A savoir, un assemblage d’éléments individuellement esthétiques et donc chers, et une fois tout bien monté vous vous apercevez qu’il manque un machin. En l'espèce, ce machin c’est une âme. Un peu le problème de Notre-Dame aujourd’hui, si vous voulez : on ne peut douter qu’elle en ait eu une, mais désormais trop de gens la lui ont fait perdre…

Rassurons-nous, les "Rouge-et-Noir" sont déjà en passe de perdre la leur, sportivement parlant. Une certaine presse veut faire de la victoire du Stade Rennais en coupe de France celle de François Pinault (tiens! comme on se retrouve...) , pour l’argent qu’il y a investi. Pas tellement, en fait, mais ça ne coûte rien d’y croire.

Même Hatem Ben Arfa y est allé en interview de son petit couplet élogieux sur le milliardaire costarmoricain. En n’oubliant pas de tailler au passage un joli costard moricaud (allez j’ose, pour la bonne cause) à son précédent "employeur" encore plus milliardaire. Personnellement j’aime ce joueur, injustement stigmatisé pour de supposés caprices qui ne reflètent qu’un besoin de reconnaissance.

Toutefois le symbole est ailleurs. Lui le gamin ayant trop vite accédé au statut de star, a démontré qu’il savait se fondre dans un collectif. Et y apporter aussi ce "machin" qui lui manquait, dans une interaction presque synergétique. Rien à voir avec la maturité, diplôme totalement virtuel généralement décerné par des immatures.

Presque trentenaire à son arrivée au PSG en 2016, Hatem Ben Arfa avait beaucoup à donner. Il est parti en septembre 2018 avec tout ce potentiel inutilisé, pour le plus grand bonheur du club resté dans mon cœur de gamin footeux mais pas star.

Je propose à l'unanimité (et bien sûr, au onzième de degré) que le Roazhon Park de la Route de Lorient à Rennes, soit renommé Parc Hatem.

 

*Les meufs se foutent du foot, parfois elles simulent. C'est l'unique raison de cette écritur exclusiv...

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