L'immigration, une opportunité économique à saisir

« Ils nous coûtent trop cher » « La France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde » peut-on entendre dans les camps qui sont opposés à l’immigration. Outre le fait que les migrants fuient le plus souvent la pauvreté et la guerre. Leur refuser l’accueil pour une question d’argent relève d’un manque profond d’humanisme. Mais c’est aussi une erreur de calcul. Explications.

Si l’immigration coûte évidemment de l’argent à l’Etat sur le court terme, puisqu’il engage des frais sur l’éducation et la santé. Ils sont compensés et dépassés par la croissance générée sur le long terme par l’immigration.

En s’éloignant des propos politiques et autres idées subjectives pour d’avantage se concentrer sur les faits. On se rend compte que les études menées démontrent l’intérêt économique de l’immigration. Bien loin des préjugés et de la xénophobie provoqués le plus souvent par l’ignorance ou la volonté politicienne de jouer sur les thèmes de l’identité nationale visant à détourner les français des problèmes réels que connait ce pays.

Ainsi, Adam Smith économiste à la base des théories libérales s’opposait à tout ce qui entravait "la libre circulation de la main-d’œuvre d’un emploi à un autre".

Une étude faite en mars par les économistes du Crédit Suisse indique qu’après un temps d’intégration, l’immigration est bonne pour l’économie dans sa globalité.

En 2009, un rapport commandé par le ministère des affaires étrangères a conclu que l’immigration coutait 47,9 milliards à l’Etat mais en rapportait 60,3 milliards. D’après ce rapport réalisé par des chercheurs universitaires, l’immigration rapporte 12 milliards par an à l’Etat.

Mais aussi les immigrés financent les retraites. Cela permet de faire face à la baisse de natalité des pays développés. On constate une inversion de la pyramide des âges grâce à ce surplus de manœuvre. Etant donné que les immigrés sont majoritairement jeunes. Il faut savoir que la partie de la population la plus pauvre et la moins éduqué des pays en guerre civile qui migrent vers l’Europe est le plus souvent malheureusement condamnée à rester au pays.

Les immigrés occupent également les emplois les moins qualifiés ou les plus pénibles.

« Dans les pays développés, la baisse de la population en âge de travailler va encore être aggravée par l’élévation du niveau d’éducation, car de moins en moins de gens voudront occuper un emploi peu qualifié, un emploi manuel ou travailler dans le bâtiment. Entre 2005 et 2025, dans les pays de l’OCDE la proportion de la population active ayant fait des études supérieures devrait augmenter de 35 %. Or quand le niveau d’éducation augmente, il en est de même des attentes en matière d’emploi. » D’où l’intérêt croissant pour l’immigration. Beaucoup d’emplois non qualifiés, de manœuvre, de services, de construction sont laissés vacants par les « français de naissance ». Ainsi, 42% des personnes travaillant dans les entreprises de nettoyage sont des immigrés. De même, en région parisienne, ils sont majoritaires dans les ateliers automobiles (environ 60% des effectifs). Les immigrés sont aussi créateurs d’entreprise et donc d’emplois.

« Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.” » Et oui même en France, où la natalité se maintient par rapport au voisin allemand.

« Les immigrés dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. » déclarations du meneur du rapport susnommé.

De plus, l’immigration améliore également l’innovation et l’économie de par son échange intra-culturel. La différence culturelle est une opportunité pour le développement de nouveaux marchés. Les immigrés apportent aussi un autre regard, d’autres idées sur les activités des entreprises. Ils nous enrichissent de leur propre expérience.

Les Etats-Unis bâti sur des vagues migratoires successives en sont la preuve. Ils sont devenus la première puissance économique mondiale. Bill Clinton déclarait à ce sujet "America has constantly drawn strength and spirit from wave after wave of immigrants. They have proved to be the most restless, the most adventurous, the most innovative, the most industrious people".

D’autres études publié dans Vox mettent à mal l’idée reçue selon laquelle les migrants volent le travail des autres :

« En examinant 14 pays européens, il en ressort que les immigrés fournissent des compétences pour les métiers manuels, laissant les emplois plus qualifiés aux autres, de plus ils permettent d’accroître le besoin d’emplois plus qualifiés. »

Ces études soulignent la complémentarité entre d’un côté les emplois occupés par les immigrés et de l’autre les emplois qu’ont les français de naissance. Dont la demande pour des jobs plus qualifiés ne cesse de croître, demande elle-même boostée par les emplois peu qualifiés occupaient majoritairement par les migrants.

Pour tout cela, il y a une condition essentielle. C’est l’intégration.

Il est nécessaire de développer l’intégration des immigrés afin qu’ils permettent la croissance économique du pays. Non pas par altruisme. Mais parce que c’est un gain pour la France démontré par toutes analyses faites sur le sujet.

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