Catalogne : le dictateur Franco fut une aubaine pour le nationalisme

Lettre de María Rosa : « Vous voyez, ceux que vous et d'autres appelez constitutionnalistes ne se déplacent que pour des intérêts personnels. De même que ceux qui entrent et ont une position dans un parti ou une association politique.»

Bonjour François,

Je connais bien le livre de George Orwell  «Hommage à la Catalogne » et je pense qu'il devrait être une lecture incontournable dans les écoles et pas seulement en Catalogne. Mais comme on dit en espagnol, ça n'arrivera pas. Je suis vraiment désolé pour tous les efforts et les sacrifices que vous et votre association faites. Le problème en Catalogne ne vient pas de maintenant. Il a débuté il y a de nombreuses années comme vous le savez bien. Après la guerre, les choses auraient pu changer avec l'arrivée au pouvoir de Franco. Eh bien non. Les événements ont été propices pour eux les nationalistes. Je crois que c'est à ce moment-là qu'ils ont compris qu'ils avaient la poule aux œufs d'or entre les mains, puisque le dictateur, pour éviter les révoltes et les grèves, a retourné sa veste pour favoriser tout particulièrement cette région comme il l'a fait aussi avec le Pays basque. Pensant qu'il se débarrassait d'un problème. Malheureusement, ce fut la pire partie de l'histoire. Il soutenu une société de pouvoir, de nature meurtrière et avide. En lui donnant de grandes quantités d'argent. En lui confiant les industries et de nombreux travaux publics. En gardant toujours un ministre catalan dans son gouvernement. Tout cela ce fut au détriment des autres régions d’Espagne. En permettant aux paysans catalans, car c'est ce qu'ils sont, des paysans ou d’anciens esclavagistes, de se croire supérieurs. De devenir des hommes d'affaires mal nommés. Ce qui a obligé tant de familles de toute l’Espagne à émigrer en Catalogne pour y chercher du travail. Laissant derrière elles leurs maisons, leurs terres, leurs métiers, leurs familles et leurs amis. Pour faire quoi ? Pour rendre la Catalogne plus grande et plus puissante. Ils sont nombreux les séparatistes aujourd’hui à avoir des origines autres que catalanes. A avoir renié les origines de leurs alleux pour grimper dans les arcanes du pouvoir nationaliste. 

C'est pourquoi, pour moi, les plus grands responsables de ce qui se passe à présent en Catalogne sont les descendants de toutes ces familles qui ont immigré sur les terres de Gaudi. Qui ont accepté d'être appelés Charnegos, et qui qu'aujourd'hui pour beaucoup d'entre eux dirigent des associations dites constitutionnalistes. Mes grands-parents furent responsables. Ensuite, mes parents d'avoir accepté le silence avant de dire ce qu'ils pensaient. D’avoir appris le catalan pour cacher le castillan. De baisser la tête en échange de ghettos pour dormir et de rations alimentaires. Pour pouvoir travailler. Au moins, nous avons visité le village de nos grands-parents avec mes parents, mais il y a des gens de ma génération qui ne parlent pas espagnol, et j'ai des gens comme ça dans ma famille, il y a des gens qui ne sont jamais retournés à l'endroit d'où venaient leurs grands-parents, et beaucoup de gens qui ont honte de dire qu'ils sont enfants ou petits-enfants d'Andalous, de Castillans ou de Galiciens. Pour ma part, j'ai toujours défendu mes origines. Je suis très fière d'avoir du sang andalou dans mes veines.

Vous voyez, celles et ceux que vous et d'autres appelez constitutionnalistes ne se déplacent que pour des intérêts personnels. De même que tous ceux qui entrent et ont une position dans un parti ou une association politique. J'ai été affiliée et j'ai beaucoup aidé un parti politique à ses débuts. Je l'ai vécu de l'intérieur. Je suis partie parce que ce que j'ai vu ne m'a pas plu. Même s'il est vrai qu'aujourd'hui c'est celui qui est le plus proche de mes valeurs, de mes principes. C’est Vox comme vous le savez. Donc au niveau national votez pour eux. Mais au niveau local où je crois que la personne est au-dessus du parti, je vote pour la droite du Parti Populaire (PP).

J'espère que vous pourrez me traduire. Je vous écris en espagnol. Je m’y sens plus à l'aise pour parler de ces sujets.

Meilleures salutations.

María Rosa, Lausanne 

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