Lluís Companys; Lénine; Che Guevara, le temps qui passe révèle les génocidaires !

L’information n’est pas récente. Le média digital pro séparatiste catalan e-Noticies le révélait le 1er novembre 2010. Une partie de l’église catalane demande la béatification de Lluís Companys malgré les milliers d’assassinats que l’histoire lui attribue.

Un groupe de catholiques catalans a demandé au pape Benoît XVI que l’ancien président de la Generalitat, Lluís Companys, soit béatifié. Les signataires ont envoyé une lettre au Saint Père, par l’intermédiaire de l’évêque de Barcelone Lluís Martinez Sistach : 

« Dans cet écrit, nous demandons à Sa Sainteté d’engager le processus de reconnaissance du président de la Generalitat Lluís Companys comme « Serf de Dieu », premier pas vers sa béatification.»

Les protagonistes affirment que Companys est passé à l’histoire comme le seul président démocratiquement élu, fusillé en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale durant son mandat. Jeune homme, il aurait professé «l’idéologie » républicaine parce qu’il croyait en l’égalité absolue de tous les hommes devant Dieu, et que le seul royaume qui doit exister sur Terre est celui des Cieux. Il a exercé le métier d’avocat de manière évangélique en se situant du côté des pauvres, en défendant toujours les travailleurs et les paysans qui souffraient de l’injustice et de l’oppression de leurs patrons.»

Ils soulignent que pendant la guerre civile, bien qu’il ait été « dépassé par les événements », le président Companys, qui n’a toutefois pas pu éviter « l’incendie de l’atelier de la Sagrada Familia, a sauvé du pillage la cathédrale de Barcelone, des églises comme celle de San Justo et Pastor, et des monastères comme ceux de Montserrat et Ripoll. »

« A l’instar d’autres martyrs de la foi ou de Jésus-Christ lui-même, ses restes mortels ont été expoliés et déterrés. L’officier qui commandait le peloton d’exécution est allé voler le mouchoir qu’il portait dans la pochette de sa veste, après l’avoir achevé avec son revolverPuis il a été interdit de signaler sa tombe dans le Fossar de la Pedrera pour éviter les hommages et les pèlerinages », ajoutent-ils.

Par contre, les initiants taisent les actes sanglants de Lluís Companys : plus 400 sentences de mort signées de sa main… pour tout et rien alors qu’il n’en n’avait pas la compétence de condamner à la peine capitale; la destruction d’un tiers du clergé catalan et la torture et l’assassinat de plus de 1400 ecclésiastiques; les suppressions systématiques de ces compagnons politiques et de ses adversaires; l’armement et l’encouragement des anarchistes dans leurs exactions; le fait d’avoir co-fondé en 1931 la formation d’extrême-gauche fasciste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et son projet d’adoubement au Dulce Benito Mussolini; son coup d’État et sa trahison contre la République socialiste espagnole… Bref, le moins que l’on puisse dire au sujet de Companys est qu’il se situait aux antipodes d’être un saint. 

Le cas du psychopathe Lluís Companys n’est pas un cas isolé. Le dessein des régimes totalitaires s’est toujours construit sur des mythes. Un autre cas édifiant est celui du « révolutionnaire » argentin Ernesto Che Guevara di le «Che »… Qui a été mystifié par la dictature castriste et qui continue à l’être par un peu tout ce qui existe de gauchisant et d’anarchiste. Pourtant, la réalité est très éloignée du contenu plutôt facteur de la chanson de Nathalie Cardone « Hasta siempre ».
Voici ce que dit le très sérieux « Géo » :

En 1959, quand le régime de Fulgencio Batista est renversé, Che Guevara est d’abord nommé commandant en chef de la prison de la Cabaña. Dans cette forteresse, il met en place un tribunal révolutionnaire qui est à l’origine de centaines d'exécutions. Policiers, militaires et ennemis du nouveau régime y sont jugés coupables de crimes de guerre et doivent parfois justifier leur condamnation devant leur famille. Ce passage à la Cabaña lui vaudra le surnom de carnicerito, autrement dit le “petit boucher”. Et même si ses opposants l'accuse d'être un terroriste, le Che assume : "Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller autant qu'il le faudra", déclare-t-il aux Nations Unies en 1964.

Tout comme pour Staline ou Lénine, le temps finit toujours pour remettre les individus à la place historique qui correspond. Probablement que cette demande de béatification pour Lluís Companys est le franchissement de la ligne rouge. Quand c’est trop c’est trop. Ou plutôt il y a un temps pour tout. 

Au printemps 1999, jeune capitaine de milice aux sein des Forces aériennes suisses, j’étais reçu par l’ancienne Directrice du Service de l’information à l’Office des Nations Unies à Genève Thérèse Gastaut. Dans le cadre d’un travail sur l’adhésion de la Suisse à l’ONU. Initiative qui sera du reste relayée par le quotidien « 24 heures » et la « Revue militaire suisse ». Au cours de l’entretien, nous avons abordé les guerres des Balkans. J’ai eu le malheur d’insinuer que le président de la République de Croatie Franjo Tudjman était un criminel de guerre. Thérèse Gastaut m’a alors intempestivement remis à l’ordre. Cette diplomate de très haut rang qui nous a quitté en 2020 et qui termina une brillante carrière à New York au service de Kofi Annan venait de me donner une très bonne leçon de réal politique : il y a un temps pour tout. Au printemps 1999, Franjo Tudjman était encore « fréquentable ». Après son décès, des suites d’un cancer de la prostate, il sera inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et identifié comme chef d’une entreprise criminelle de nettoyage éthique contre la République serbe de Krajina… l’Opération Tempête. 

Il y a moins de deux décennies, Lluís Companys a été illégitimement réhabilité par l’appareil séparatiste catalan pour des raisons d’idéologie et de manipulation des masses mais l’histoire aura tôt fait de remettre à sa juste place ce sombre et sanguinaire destin. 

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