François Rochon
habitat et logement social, culture et citoyenneté
Abonné·e de Mediapart

19 Billets

0 Édition

Billet de blog 8 juil. 2021

Des rives atlantiques : Julie Boileau en résidence

Invitée par Le sas-culture, la photographe désormais guyanaise retrouve ses terres d’origine pour un projet de création sur deux ans dans le pays rochefortais. Ce billet présente le contexte du projet, le suivant reviendra sur les premières avancées de son travail.

François Rochon
habitat et logement social, culture et citoyenneté
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Julie Boileau à Port des Barques, durant sa résidence en juillet 2021 © François Rochon

L’association Le sas-culture, qui fête ses dix ans, s’est localisée depuis peu en Charente-Maritime et développe actuellement trois nouveaux projets photographiques. L’un en urbanisme, autour d’Hortense Soichet, s’intéresse au patrimoine domestique rochefortais, selon une double approche artistique et de recherche en sciences sociales. Un deuxième projet s’attache au passé industriel du territoire, avec une entreprise centenaire de Saint-Jean d’Angély, la carrosserie Saint-Aubert, dont les archives comportent un corpus photographique sensible et original. Enfin, le troisième projet met en place une résidence d’artiste. Une première pour Le sas-culture, qui a choisi d’inviter Julie Boileau.

Le principe de la résidence

Cette modalité se différencie des deux autres formes classiques de travail avec un artiste. La commande, comme dans le cas du projet avec Hortense Soichet, mobilise un artiste au regard de sa démarche spécifique, afin d’apporter un éclairage singulier et nouveau à un questionnement posé par le commanditaire. A l’inverse, l’élaboration d’une exposition thématique s’intéresse aux œuvres déjà existantes, pour les mettre en relation et les faire circuler, en approfondir les interprétations possibles. C’est par exemple le travail en cours sur la documentation de l’entreprise angérienne, où un regard esthétique et culturel vient se substituer à leur usage initial, uniquement professionnel.

La résidence instaure quant à elle une autre relation, beaucoup plus libre, qui s’apparente à un temps de recherche. Il s’agit de réunir pour l’artiste invité des conditions propices à la création, qui lui donnent l’occasion d’explorer des facettes de sa démarche que son activité au quotidien lui permet seulement d’esquisser. La résidence du Sas-culture prend ainsi la forme d’un atelier temporaire installé à Port des Barques, qui est aussi un lieu d’échange privilégié pour l’artiste. La direction artistique apporte en effet un premier regard sur les créations en cours, engage le dialogue sur les différentes pistes à l’étude, accompagne l’artiste dans l’explicitation du discours qui opèrera la médiation entre l’œuvre et son spectateur.

L’originalité de la résidence du Sas-culture est qu’elle s’étend sur deux ans, l’été 2021 intervenant à mi parcours. Durant l’année écoulée, après une première session de travail en août, l’objet de la résidence s’est stabilisé autour du titre « Des rives atlantiques ». L’intention est d’apporter une lecture du lien entre ces deux espaces littoraux si éloignés, que sont la Guyane et la Charente-Maritime. Parce que Julie Boileau, originaire de Port des Barques, habite depuis deux ans à Cayenne. Elle y a même fondé l’École d’art de Guyane ou elle exerce comme professeur de photographie. Et bien que ses créations personnelles se consacrent principalement au paysage naturel des forêts, depuis près d’une quinzaine d’années, ses inspirations ne sont pas complètement dissociables de l’environnement des marais et de l’estuaire où elle a longtemps vécu. Cette relation subtile qui n’a rien d’évident, mérite grandement d’être méditée.

Julie Boileau à Port des Barques, durant sa résidence en juillet 2021 © François Rochon

Une relation privilégiée avec Le sas-culture

L’invitation du Sas-culture adressée à Julie Boileau n’a rien d’un hasard, elle s’inscrit dans le prolongement d’une longue collaboration initiée, en 2013, par la commande d’une série de portraits dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique, lors d’une action culturelle à l’Assemblée nationale. Son projet, intitulé Visages citoyens, a été le point de départ d’un atelier d’étudiants en photographie de l’Ecole d’art de Condé à Paris. Puis il s’est prolongé deux ans plus tard par une exposition collective intitulée « Le portrait, le paysage et le citoyen », organisée à La Rochelle dans le cadre de la COP21. Son diptyque y tient une place centrale. Il fut par la suite longtemps exposé dans le 8e arrondissement de Paris à l’Union sociale pour l’habitat. Julie Boileau est également la scénographe de l’exposition « Un été à Montreuil » présenté à la galerie Le sas de Montreuil. Organisée en partenariat avec la municipalité, selon une démarche participative, elle présentait le regard estival des habitants de la ville. Pour sa première résidence, Le Sas-culture a tenu à conjuguer la continuité de son activité parisienne sur la décennie passée, et l'inscription résolue dans son nouveau territoire rochefortais. 

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Exécutif
Une seule surprise, Pap Ndiaye à l'Éducation
Après vingt-six jours d’attente, Emmanuel Macron a nommé les vingt-sept membres du premier gouvernement d’Élisabeth Borne. Un casting gouvernemental marqué par sa continuité et toujours ancré à droite. La nomination de l’historien Pap Ndiaye à l’Éducation nationale y fait presque figure d’anomalie.
par Ilyes Ramdani
Journal — Gauche(s)
Union de la gauche : un programme pour mettre fin au présidentialisme
Jean-Luc Mélenchon et ses alliés de gauche et écologistes ont présenté le 19 mai leur programme partagé pour les élections législatives, 650 mesures qui jettent les bases d’un hypothétique gouvernement, avec l’ambition de « revivifier le rôle du Parlement ». 
par Mathieu Dejean
Journal
Écologie politique : ce qui a changé en 2022
Les élections nationales ont mis à l’épreuve la stratégie d’autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.  
par Mathieu Dejean et Fabien Escalona
Journal — France
À Romainville, un site industriel laissé à la spéculation par la Caisse des dépôts
Biocitech, site historique de l’industrie pharmaceutique, a été revendu avec une plus-value pharaonique dans des conditions étranges par un promoteur et la Caisse des dépôts. Et sans aucune concertation avec des élus locaux, qui avaient pourtant des projets de réindustrialisation. 
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
Rapport Meadows 9 : la crise annoncée des matières premières
La fabrication de nos objets « high tech » nécessite de plus en plus de ressources minières rares, qu'il faudra extraire avec de moins en moins d'énergie disponible, comme nous l'a rappelé le précédent entretien avec Matthieu Auzanneau. Aujourd'hui, c'est Philippe Bihouix, un expert des questions minières, qui répond aux questions d'Audrey Boehly.
par Pierre Sassier
Billet de blog
Marche contre Monsanto-Bayer : face au système agrochimique, cultivons un autre monde !
« Un autre monde est possible, et il est déjà en germe. » Afin de continuer le combat contre les multinationales de l’agrochimie « qui empoisonnent nos terres et nos corps », un ensemble d'activistes et d'associations appellent à une dixième marche contre Monsanto le samedi 21 mai 2022, « déterminé·es à promouvoir un autre modèle agricole et alimentaire, écologique, respectueux du vivant et juste socialement pour les paysan·nes et l'ensemble de la population ». 
par Les invités de Mediapart
Billet d’édition
Pour une alimentation simple et saine sans agro-industrie
Depuis plusieurs décennies, les industries agro-alimentaires devenues des multinationales qui se placent au-dessus des lois de chaque gouvernement, n’ont eu de cesse pour vendre leurs produits de lancer des campagnes de communication aux mensonges décomplexés au plus grand mépris de la santé et du bien-être de leurs consommateurs.
par Cédric Lépine
Billet de blog
L'effondrement de l'écologie de marché
Pourquoi ce hiatus entre la prise de conscience (trop lente mais réelle tout de même) de la nécessité d’une transformation écologique du modèle productif et consumériste et la perte de vitesse de l’écologie politique façon EELV ?
par jmharribey