Acte #65 des Gilets jaunes : un nouveau pas en avant vers la démocrature

L'Acte #65 d'aujourd'hui représente une nouvelle et inquiétante escalade dans l'instauration d'un véritable Etat policier en France, qui se banalise de plus en plus.

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Beaucoup de choses ont été vues et dénoncées sur les violences policières sous l'ère Macron / Castaner. L'Acte #65 d'aujourd'hui représente toutefois une nouvelle et inquiétante escalade dans l'instauration d'un véritable Etat policier en France, qui se banalise de plus en plus. Evidemment il ne faut pas compter sur les médias mainstream pour le donner à voir - l'Acte #65 n'existe officiellement pas - mais Twitter permet de suivre les évènements par des actes de micro-journalisme citoyen.

Ils s'étaient donné rendez-vous place du Palais Royal à 13h pour une manifestation qui avait été interdite. Trop proche des lieux de pouvoir, trop visible, on préféra autoriser des rassemblements dans des lieux moins stratégiques. Technique d'invisibilisation de l'opposition. Le déploiement de police est spectaculaire et encore une fois largement disproportionné par rapport au nombre modeste de manifestants rassemblés sur la place, peut-être 100 ou 200, bien paisibles et sans gilets jaunes. Par l'usage de la violence policière systématique, la technique du gouvernement a été depuis le début du mouvement de rendre l'acte de manifester dangereux pour le dissuader. Aujourd'hui, il fallait rendre l'acte couteux.

Pris dans une nasse autour de la place, les manifestants ne purent pas se disperser librement comme y invitait un des organisateurs. Une amende de 135 euros est ponctionnée à la sortie de la nasse. Particulièrement inquiétant dans la communication de la préfecture de police dans un tweet : "Premières verbalisations place du Palais Royal, dont Eric Drouet." Depuis quand annonce-t-on le nom des personnes verbalisées comme des prises de guerre ? Bien peu déontologique...

Une fois sorti de la nasse, Jérôme Rodriguez cherche - tout seul - à rejoindre la place Vendôme. En vain : un cortège de policiers barre la rue et entrave sa liberté de circulation sans donner la moindre explication. Il sera un peu plus tard maîtrisé au sol (motif ?) par un attroupement impressionnant de policiers, puis relâché pour lancer un appel à la désobéissance civile : entre autre, ne pas payer les amendes.

D'autres images consternantes viennent de Bordeaux. On y voit un lancement de grenades lacrymogène, sans nécessité de sécurité, sur des street medics portant secours à un blessé. Plus tard on observe médusé un groupe de manifestants bien pacifiques alignés contre un mur et l'attaque hyper-violente de policiers de la BAC de deux adolescents inoffensifs, jetés par terre sans aucune raison et en présence immédiate d'enfants. Dans une autre vidéo on voit un policier tutoyer et insulter ("grosse merde, dégage") un manifestant : c'est indigne.

Retour à Paris. En fin d'après-midi on apprend l'arrestation parfaitement abusive de Maxime Nicolle alias Fly Rider alors qu'il était en reportage à Paris pour le média QG, après avoir déjà été verbalisé sans raison ce matin au Palais Royal. Encore une fois les "meneurs" sont visés et harcelés par l'appareil policier.

Tout ceci commence à devenir très inquiétant car s'installent désormais des comportements parfaitement anti-démocratiques de répression de la part des forces de police, qui n'ont plus rien à voir avec du maintien de l'ordre républicain face à de prétendus casseurs. Nous sommes tout simplement en train de basculer en démocrature.

 

 

 

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