Le mérinos

François Noudelmann a écrit une biographie d’Edouard Glissant. Son propos fait penser à la formule de Lacan « Donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » C’est son droit et ce n’est, après tout, qu’un mauvais moment à passer, quand la réalité vous est défavorable : dans ces cas-là Edouard disait « laisse pisser le mérinos.»

 François Noudelmann a écrit une biographie d’Edouard Glissant. Son propos fait penser à la formule de Lacan « Donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » C’est son droit et ce n’est, après tout, qu’un mauvais moment à passer, quand la réalité vous est défavorable : dans ces cas-là Edouard disait « laisse pisser le mérinos. »

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Le même François Noudelmann a écrit le 24 mars 2010 :

« J’aime les histoires sans témoin et qui ne seront jamais publiques. Les heureuses et les malheureuses. On dit que des écrivains vivent pour raconter ce qu’ils vivent. Je les plains. Ceux-là ne connaissent pas la jouissance d’un moment, amour, paysage ou drame qui n’entreront jamais dans les mots, ne seront jamais connus, ne passeront jamais à la télévision. Vécus non répétés, éclats non taillés. Jamais divulgués ni galvaudés. »

Quand un ami de François Noudelmann écrira sa biographie romancée veiller à ce qu’il n’omette pas de mentionner l’extra-lucide dialectique Noudelmanienne qui lui permet de critiquer par anticipation ce qu’il ne sait pas qu’il écrira plus tard .

Edouard Glissant évoquant son ami Maurice Roche a écrit:

« Vous faîtes son portrait en chat. Quand vous parlez de ces fidèles félidés, c’est en effet de lui qu’il s’agit. Mais voilà, il y en a tellement que votre connaissance s’amenuise et bientôt s’évanouit : l’enfance du poète est insondable ».

 Mais voilà.



François Vitrani

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