cette bombe qui va nous exploser à la figure

L'hôpital va mal, très mal : il se maintient gràce au personnel médical (toutes catégories confondues : je veux parler du personnel qui par sa présence 24h sur 24 tente d'assurer les soins aux malades). Tous ceux qui effectuent un nombre phénoménal d'heures supplémentaires parce que le fontionnement des services de soins, de radio, de labo, etc. doit être assuré, et il l'est, en dépit du manque criant de personnel : pas remplacé après départ en retraite ou en congés maladies de plus en plus nombreux pour ce qu'il convient de nommer et le mot fait peur : burn out et /ou harcèlement. Parce qu'il faut bien appeler un chat un chat ; pour remplir les cases d'un planning impossible, les cadres et la direction n'hésitent pas à faire des promesses non tenues, à outrepasser leurs droits et violer ceux du personnel : excés d'heures supplémentaires sans possibilité de refuser et dont le nombre est cependant régi par des textes, récupération impossible de ces heures, mais elles ne sont pas perdues, dit l'encadrement (le choix serait peut-être de faire plus d'heures, mais moins et récupérables), non-respect du repos minimum entre deux postes ; la liste serait longue. On peut aussi avancer que, rapportées au taux horaire effectué, l'Etat, dans bien des cas, rémunère des salariés au-desous du Smic, chose impensable dans le privé.

L'excellente émission Cash investigation du 14/9 dénonce d'autres abus : depuis l'installation de la T2A (tarrification à l'activité) dans les hôpitaux, certains praticiens gonfleraient leur budget en prescriptions et/ou opérations inutiles. Cela n'est pas sans rapport avec ce sujet : l'hôpital, de cette manière, ferait les poches de la Sécu (cad les nôtres) tout en générant un surcroit de travail devant être effectué par du personnel de moins en moin nombreux ; cherchez l'erreur.

Lorsque le personnel part en retraite, il peut, enfin, récupérer ses heures supplémentaires et il n'est pas rare qu'il parte six mois, voire plus avant la date effective de sa mise à la retraite mais s'il est remplacé, il ne le sera qu'à cette date-là, ce processus agravant ainsi le système...

Le personnel médical a besoin d'être soutenu, il fait un travail souvent difficile et sa présence en continu à notre service mérite d'être respectée. Ne les dégoutons pas. Il serait bon que cesse cette pression infernale car bientôt, des postes ne seront plus pourvus et ceux qui rétorquent que les fonctionnaires, avec leur sécurité de l'emploi, n'ont pas à se plaindre, seront peut-être, ce jour-là, les premiers à protester, mais il sera trop tard : la bombe aura explosé!

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