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Le Club de Mediapart dim. 31 juil. 2016 31/7/2016 Édition du matin

Netanyahou-Hollande: mais où est donc passé le 59è engagement de François Hollande?

« (..) Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien ». Voici la teneur du 59ème engagement pris par François Hollande, candidat à la Présidence de la République.

« (..) Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien ». Voici la teneur du 59ème engagement pris par François Hollande, candidat à la Présidence de la République.

Le 31 octobre et le 1er novembre 2012, le Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou est invité en grande pompe par le Président Hollande. Personne n'ignore – le Président non plus – que le Likoud, le parti de Netanyahou et qu'Israël Beytenou, le parti d'extrême-droite d'Avidgor Liebermann, viennent de signer un accord électoral pour les élections législatives de janvier 2013. Sinistre alliance qui n'annonce rien de bon pour les Palestiniens et pour les Arabes israéliens.

C'est pour l'homme fort du Likoud, de la sainte alliance avec l'extrême droite, de l'occupation et de la colonisation, qui est en pleine campagne électorale, que le Président de la République déroule le tapis rouge.

On aurait pu attendre de François Hollande, un moment fort, qui aurait pu déstabiliser Netanyahou, s'il lui avait dit (rêvons un peu!) : Moi Président de la République, je vous ai invité pour vous dire que je me prononcerai au nom de la France pour l'admission de la Palestine à l'ONU, Moi Président de la République, je reconnais l’État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, Moi Président de la République, je demande la suspension de l'Article 2 des accords UE-Israël, tant que vous et votre Gouvernement ne mettront pas fin à la colonisation, Moi Président de la République... 

Seulement voilà, rien de tout cela. Pire ! Le Président s'aligne sur les positions israéliennes en appelant à des négociations sans condition, sans préalable : « La France souhaite la reprise – sans condition – des négociations entre Israéliens et Palestiniens. Avec le même objectif, celui que nous poursuivons depuis des années, c'est à dire de deux États : l’État d'Israël avec la sécurité qui doit lui être garantie et l’État palestinien qui doit pouvoir vivre ». Il écarte aussi « la tentation pour l'Autorité palestinienne d'aller chercher à l'Assemblée générale des Nations Unies, ce qu'elle n'obtient pas dans la négociation ». S'adresser à l'ONU devient-il donc un acte qui dérange ?

Hollande est en recul par rapport à Sarkozy (c'est dire..), car ces mots ont été prononcés exactement un an après l'admission de la Palestine à l'UNESCO et un vote positif de la France. Le « sans condition préalable », très cher à Netanyahou, signifie que le Président Hollande accepte le refus israélien du droit international comme base de négociation. Quid maintenant pour la France de l'existence d'un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem est comme capitale ? Quid de la reconnaissance internationale de l’État palestinien ? L'engagement 59 de François Hollande a fait pschitt ! A explosé en vol !

Le Président de la République vient de marquer la rupture avec les politiques menées par la France sur la question du Proche-Orient jusqu'à maintenant.

Tout ceci ne rend pas facile la tâche immense du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Bien au contraire ! Aussi, il ne doit pas s'éparpiller, mais doit avoir une vraie cohésion autour de la question du droit international et de l'impunité de l’État d'Israël, avec des objectifs et des propositions autour desquels il sera capable de rassembler et donc de s'élargir. C'est le seul moyen d'engendrer dynamique et force dans la société pour intervenir auprès du Gouvernement.

 

Françoise Diehlmann

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59ème engagement : entrer dans un trou de souris

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L'auteur

Francoise Diehlmann

Germaniste, cadre territorial, ex Conseillère régionale d'Ile de France, ex membre du Conseil d'Administration de l'Office Franco Allemand pour la Jeunesse, ex membre d'EELV et de son Conseil fédéral, membre de l'Association France Palestine Solidarité et de l'association Russie-Libertés, militante des droits humains
Gennevilliers - France

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