Refugees Welcome - L'UE doit créer des mesures incitatives pour les communes

Quand on le veut, on le peut. Accueillir des réfugiés c'est possible, il faut tout simplement trouver de nouvelles voies. L'Union européenne qui dispose de fonds peut convaincre les communes européennes par des mesures d'incitations financières pour l'accueil des réfugiés, ce qui renforcerait la cohésion européenne.

Les forces populistes surfent sur une soi-disant « invasion migratoire » qui n’a pas lieu, vu que l’arrivée de migrants est de nouveau au seuil de celui de 2012. Des pays se replient comme ceux du groupe Visegrad notamment la Pologne et la Hongrie qui ont des gouvernements nationalistes. La France, malgré sa tradition de terre d’asile, fait preuve d’une grande frilosité. En s’accrochant aux accords de Dublin II qui stipulent que l'État membre responsable sera l'État par lequel le demandeur d'asile a premièrement fait son entrée dans l'UE, elle est restée quasiment sourde aux appels à l’aide de l’ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi et refuse aujourd'hui d’accueillir une centaine de migrants se trouvant sur l’Aquarius. L’Allemagne, quant à elle, a bravé les Accords de Dublin II en accueillant le nombre de réfugiés que nous savons, nous rendant de fait notre dignité. Elle fait face aujourd’hui à de grands défis.  

Tout ceci montre qu’à l’échelon des chefs d’Etat et de Gouvernement européens, la répartition équitable des migrants a échoué. Des voix se sont fait entendre pour punir les Etats du groupe de Visegrad qui refusent d'accueillir les réfugiés en ne leur versant pas les fonds structurels de l'UE. Depuis, le résultat des élections italiennes qui a débouché sur un gouvernement anti-migrant nous plonge dans une impasse.

Et pourtant l’UE pourrait faire beaucoup et faire taire ceux qui pour un rien disent : « c’est la faute à Bruxelles ». Pour ce, il est nécessaire de reconsidérer les choses radicalement et trouver des idées moins conventionnelles qui permettent de sortir de cette situation de blocage. Des idées il y en a, une parmi d'autres émerge particulièrement émise par Dany Cohn-Bendit d’une part, Gesine Schwan, professeur en sciences politiques qui a été candidate pour le SPD, le parti social-démocrate d’Allemagne pour la présidence de la République et Maria Joao Rodrigues, ancienne ministre du travail du Portugal, à savoir la mise en place d’une agence européenne pour les réfugiés.

En effet, dans le cadre du nouveau budget, il suffit à l’Union européenne de créer sous la forme d’une agence européenne pour les réfugiés, un fonds d’insertion et de développement pour les municipalités. Toute commune pourrait demander des fonds à l’Union européenne. Les conditions seraient les suivantes : la volonté pour les communes d’accueillir des réfugiés, en associant les entreprises et les associations, de sorte que l'accueil des réfugiés soit bien ancré dans la vie de la commune. Via l'agence européenne pour les réfugiés, les communes recevraient le soutien financier nécessaire, et - ce qui est important - le montant serait doublé pour des projets à l'échelon de la commune qui profiteraient à l'ensemble des habitant*e*s. 

Il existe déjà des municipalités dans beaucoup d'endroits en Europe, également dans les Etats du groupe de Visegrad, dont les maires se sont déjà déclarés prêts à accueillir des réfugiés. Les gouvernements nationaux devraient simplement s'engager à garantir des titres de séjour pour les réfugiés. Ceci motiverait les communes à accueillir les réfugiés. On ne parlerait plus de punition qui ne provoque que le rejet de l'Union européenne, mais d'aide européenne qui serait versée aux communes. La ville de Wroclaw en Pologne se déclare volontaire pour accueillir des réfugiés. En Espagne, un réseau de villes s'est constituée à l'initiative de la maire de Barcelone. 

Cela vaut le coup d'essayer, pour une politique humaine en direction des réfugiés et pour la cohésion de l'Europe. 

 

 

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