STRATEGIE POUR METTRE UN TERME AUX PRIVATISATIONS

Mettre un terme aux privatisations est tout-à-fait possible sans passer par le référendum en mettant en œuvre la stratégie très simple proposée par l'Institut des Sciences Politiques de l'Avenir.

METTRE UN TERME A LA POLITIQUE DE PRIVATISATIONS

 Il y a quelques semaines a commencé la privatisation de la Française des Jeux. Une catastrophe évidemment pour notre jeunesse, une de plus, vu que les entreprises privées qui vont s’emparer du pactol n’auront aucun scrupule à tout faire pour inciter les jeunes à se livrer à des activités qui pour le moment étaient (un peu) maîtrisées moralement, même si les publicités pour les sites de pari se multiplient outrageusement.

 On aurait pu éviter ce risque avec un peu d’imagination et d’audace politique.

 Aujourd’hui, c’est Aéroport de Paris, la SNCF, les centrales hydrauliques et même nucléaires, bientôt les routes, et bien entendu les caisses de retraite et les hôpitaux qui sont dans le viseur de ce gouvernement qui a eu pour mission de vendre la France par appartements aux Chinois et aux entreprises maçonniques. Au moins pour ce qui est rentables et rapporte beaucoup d’argent à l’Etat. Les services publics et entreprises qui ne sont pas rentables, il suffit de les rendre rentables en diminuant drastiquement le personnel au risque que ces services publics ne fonctionnent plus ou mal, avec leur lot de suicides à la clef. Ainsi, la SNCF, la Poste etc. Rien de ce qui correspond à un besoin ne doit rester un service public. Il y a des « clients » prêts à payer pour cela, cela doit donc aller dans la poche des entreprises maçonniques comme Vinci et autres.

 Diminuer les performances de ces services publics a un second intérêt : faire en sorte que les usagers se plaignent, et leur faire croire que si c’était privé ce serait mieux organisé. Ainsi la privatisation passe mieux dans l’opinion publique que si on avouait qu’il s’agit de dépecer l’Etat de tout ce qui peut être rentable au profit de groupes privés.

 Cette privatisation tous azimuts est également justifiée, on l’a souvent remarqué, en prétendant que l’Etat est endetté et doit vendre les « bijoux de famille », à cause bien sûr des aides sociales exorbitantes. La stratégie d’enfumage et de manipulation est bien huilée et elle n’a pas commencé avec Macron qui n’est là que pour parachever un travail commencé par ses deux prédécesseurs.

 Il existe pourtant un moyen infaillible d’empêcher radicalement toute nouvelle privatisation. Cela suppose un peu d’audace politique de la part des vrais partis d’opposition (pas des pseudo-partis d’opposition comme le PS ou LR). Cela a déjà été proposé à quelques dirigeants politiques, mais jusqu’à présent ils n’ont pas donné suite, craignant de perdre un peu de leur image en se mettant d’accord sur certains points.

 Car cette stratégie suppose une entente partielle entre partis politiques de bords plus ou moins opposés. Mais ce n’est pas grave puisque ce qui compte c’est d’agir ensemble au nom des priorités pour le bien du peuple français et non plus défendre sa chapelle. Rien n’empêche ensuite de recommencer à se quereller sur les détails, mais au moins par exemple pour empêcher les privatisations, il y a quelque chose à faire.

 Il est possible de donner un coup d’arrêt radical à toute nouvelle tentative de privatisation à condition que quelques partis importants d’opposition se mettent d’accord sur UN POINT et peut-être un seul, s’ils ne sont pas capables de s’unir dans d’autres perspectives (ce qui permettrait d’abattre une fois pour toutes le système mafieux qui nous gouverne).

 Restons-en pour le moment aux privatisations car c’est une urgence. Cela peut permettre aussi d’ailleurs qu’il y ait un recul sur la Française des Jeux. Pour qu’une priorité soit efficace il faut que ce soit la seule priorité. Avoir plusieurs priorités est le signe qu’on ne veut rien faire. Quand on veut vraiment agir, une fois une priorité aboutie, on passe à la suivante.

 Donc une fois que toute privatisation sera devenue impossible, on pourra passer à une autre priorité et obtenir un résultat total et définitif. On en parlera dans d’autres articles évidemment.

 Pour le moment, la stratégie est simple :

 Les grands partis d’opposition réelle se mettent d’accord pour faire une déclaration commune solennelle :

 « En cas d’alternance quelle qu’elle soit où figurerait un au moins des partis signataires, toute nouvelle privatisation (quelle qu'elle soit et quand que ce soit à partir d’aujourd’hui date de cet accord) sera purement et simplement ANNULEE, et les entreprises concernées seront renationalisées SANS AUCUNE INDEMNITIE pour les nouveaux actionnaires. Ils sont en effet prévenus à l'avance que, s’ils se portent acquéreurs des actions proposées par le Gouvernement, ils perdront tout tôt ou tard".

 C'est imparable. Personne n'achètera. Personne ne prendrait ce risque sauf les soutiens au Gouvernement les plus radicaux. Pas besoin d’attendre un référendum sur ADP ou quelques millions de signatures. Il est dans l’intérêt du peuple français que plus aucune privatisation ne se fasse, on a eu assez de preuves en France avec les autoroutes, en Grande Bretagne avec les chemins de fer, et ainsi de suite. Et les partis signataires ont pour préoccupation première la préservation de l’intérêt de la France et des Français, notamment sur le plan stratégique. En effet, on peut étendre ce principe à toute vente d’intérêts industriels à l’étranger comme l’aéronautique, les centrales nucléaires, les terres arables etc.

 En effet, de toute façon, même si ce sont souvent des Français qui se portent acquéreurs des entreprises nationalisées ou des industries mises en vente, dans le but de faire de bonnes affaires, tôt ou tard ce sont des multinationales qui en hériteront en rachetant au prix fort ces domaines stratégiques.

 Le but évidemment est de faire disparaître l’Etat Français au profit de la multinationale Europe, Ce n’est pas le nouveau Président de la Commission Européenne, chargé notamment de mener cela à bien, qui s’y opposera. Mais évidemment il ne l’avouera jamais.

 Une telle action de coopération des partis d’opposition réelle peut être initiée par n’importe quel dirigeant de parti, qui évidemment en tirera certains fruits, mais il est nécessaire que cela soit fait dans le plus grand désintéressement politicien, montrant que ces partis ont pour préoccupation première le bien de la France et des Français et non en priorité leurs intérêts partisans. Ils prennent d’ailleurs le risque de ne pas être compris d’une partie de leurs adhérents qui pourraient y voir une espèce de trahison, par exemple si la France Insoumise et le Rassemblement National signaient ensemble cette déclaration. C’est pourtant un acte patriotique indispensable mais considéré comme une trahison par certains. Des partis importants comme Debout la France de M. Dupont-Aignan, l’Union Populaire Républicaine de M. Asselineau, le Nouveau Parti Anticapitaliste, Florian Philippot, le PARDEM, ou Lutte Ouvrière etc. qui, sans l’ombre d’un doute, ont pour objectif commun de vaincre ce système inique antidémocratique et de rendre le pouvoir à la population, pourraient peut-être montrer l’exemple. Ceux qui privilégieraient ainsi l’intérêt des populations à leurs intérêts partisans recevraient sans doute un très large soutien des électeurs qui regrettent les querelles d’egos rendant la vie politique stérile. Ainsi le refus de Benoît Hamon de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon en 2017 est le principal responsable de l’élection du Président actuel. Bien entendu les entreprises maçonniques qui seront toujours les bénéficiaires des privatisations n’auraient pu tolérer cela.

 C’est en montrant que l’intérêt commun et son urgence doit primer sur les considérations subalternes qui font leur fonds de commerce que ces partis, petits ou grands, s’honoreraient et rendraient espoir aux populations.

 Il faut savoir ce que l’on veut : par des actions communes comme celle-là sur des sujets essentiels, on peut aboutir, et ensuite s’occuper des sujets qui divisent et opposent ces différents partis. Sinon, chaque parti isolément est dans l’incapacité de changer les choses.

 Il faut être conscient que tout parti d’opposition réelle qui refuserait de s’associer à cette action commune, une fois engagée par deux ou trois, ferait simplement la preuve que son intention n’est pas l’intérêt de la France et des Français mais simplement des préoccupations égotiques. La politique est affaire de bien commun, pas de pouvoir personnel.

 La situation dans laquelle un gang technocratique ultralibéral et mondialiste est en train de mettre la France justifie cette union nationale provisoire. Elle peut être extrêmement efficace. On en reparlera.

 Pour ce qui est des privatisations précédentes de services publics, évidemment illégitimes au même titre, la politique sera de renationaliser AVEC INDEMNITE (puisque les actionnaires n’étaient pas prévenus à l’avance), mais au prix de mise en vente des actions. Compte-tenu qu’il peut être considéré comme irresponsable et illégitime pour un citoyen français de s’approprier ainsi une part d’un service publie que les générations précédentes ont permis de créer et ont financé. Les Services Publics appartiennent à la Nation tout entière quelles que soient les décisions des gouvernements successifs. En détenir des parts est un recel de vente de marchandises volées.

 

Frank Hatem, écrivain,

Institut des Sciences Politiques de l’Avenir.

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