Le Président Macron reçoit le dictateur Ouattara, geôlier de députés en Côte d'Ivoire

On annonce pour le 15 février 2019 à 18 heures, une audience du Président Ivoirien Alassane Ouattara au Palais de l'Elysée. Or les députés de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie réclament la libération de leur collègue Alain Michel Lobognon embastillé depuis le 15 janvier 2019 Par Alassane Ouattara. Macron cautionnera-t-il le despote?

Pour un tweet défendant l'immunité parlementaire d'un Collègue député, Alain Michel Lobognon, un député proche de Guillaume Soro l'ancien Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire,  a été jeté en prison par le dictateur Alassane Ouattara le mardi 15 janvier 2019. Ce mardi, se tient à Abidjan, le procès en cour d'appel du député, condamné en première instance à 1 an de prison et 300 mille fcfa d'amende par un juge complètement aux ordres du palais présidentiel ivoirien.

Or, Emmanuel Macron, le Chef de l'Etat français, à la tête d'une démocratie et d'un Etat de droit supposés être des références mondiales, peut-il recevoir un tel despote sans s'être assuré au préalable de l'impact de cette considération indue sur l'image de marque de la France en Afrique et dans le monde? 

L'esprit borné et la dureté de coeur du despote des lagunes sont aisément documentés. Revoyons la série de rappels à l'ordre qu'il a arrogamment ignorés depuis près d'un mois.

Le Bureau de l'Assemblée Nationale Ivoirienne, alors dirigé par Guillaume Soro, a requis la libération immédiate du député et l'arrêt de l'ensemble des poursuites engagées contre des députés par le clan Ouattara, conformément à l'article 94 de la Constitution Ivoirienne (https://www.youtube.com/watch?v=RFobXblXezM) (http://www.assnat.ci/assembleenationale/?le-bureau-de-l-assemblee-nationale-demande-la-suspension-des-poursuites-contre-alain-lobognon-et-n-autorise-pas-l-arrestation-d-ehouo-jacques) . Peine perdue: Ouattara a maintenu le parlementaire en prison. 

Les syndicats de magistrats ivoiriens se sont publiquement plaints des menaces de Ouattara contre l'indépendance du pouvoir judiciaire et de ses intrusions répétées dans les décisions des juges. (https://www.jeuneafrique.com/709010/societe/cote-divoire-se-disant-victimes-de-pressions-politiques-des-magistrats-en-appellent-a-ouattara/). Ouattara a continué de manipuler la justice. 

Le Barreau des Avocats de Côte d'Ivoire s'est dit scandalisé par le mépris de l'institution judiciaire par Ouattara. C'était le 28 janvier 2019 (https://news.abidjan.net/h/651755.html).Le même jour, Ouattara violait de nouveau la séparation des pouvoirs en annonçant la démission du Chef du Parlement Guillaume Soro, en février. (http://www.rfi.fr/afrique/20190128-cote-ivoire-demission-prochaine-soro-assemblee-ouattara). Au mépris de l'esprit et de la lettre de la constitution de la 3ème république qu'il a définitivement discréditée!

L'Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), regroupant près de 200 parlements du monde, dont le parlement français, s'est indignée des dérives dictatoriales de Ouattara et a officiellement exigé la libération du député. (http://apf.francophonie.org/L-APF-appelle-au-respect.html). Ouattara a fait la sourde oreille.

L'Union Inter- Parlementaire (UIP), s'est également fendue d'un communiqué officiel pour dénoncer la violation de l'immunité parlementaire d'Alain Michel Lobognon. (https://www.ipu.org/fr/actualites/actualites-en-bref/2019-01/luip-appelle-au-respect-de-limmunite-parlementaire-en-cote-divoire).  Ouattara s'est entêté.

Amnesty International vient de décrire en long et en large la dérive autoritaire en cours en Côte d'Ivoire. (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/02/11/amnesty-international-s-inquiete-des-atteintes-aux-droits-humains-en-cote-d-ivoire_5422030_3212.html). Le régime Ouattara a jeté le rapport  pertinent d'Amnesty dans une poubelle.

J'ai produit un ouvrage de référence sur la dérive dictatoriale du régime Ouattara. (http://www.leseditionsdunet.com/essai/6085-derive-dictatoriale-en-cote-d-ivoire-franklin-nyamsi-wa-kamerun-9782312064734.html) Aucun membre de ce gouvernement cynique et isolé ne le lira, bien sûr. L'ouvrage est pourtant un condensé factuel de la descente aux enfers du régime minoritaire du RHDP. Invité sur Africa 24 TV à Paris pour en discuter, le très incompétent ministre Touré Mamadou, porte-parole du gouvernement Ouattara, s'est prestement enfui en me voyant débarquer avec ce volume de faits indiscutablement en défaveur de son despote de chef. 

Les yeux sont donc tournés vers le Palais de Justice d'Abidjan ce mercredi 13 février 2019, soit près d'un mois après l'incarcération arbitraire de l'Honorable Alain Michel Lobognon. Si le député Alain Michel Lobognon n'est pas libéré avant la rencontre Macron-Ouattara du 15 février 2019, nous pourrons aisément en tirer la conclusion que le locataire du Palais de l'Elysée prend fait et cause pour la répression des libertés fondamentales du Peuple Souverain de Côte d'Ivoire. Une telle conclusion permettrait d'annoncer sans conteste le chant du cygne de l'ère-Macron en Côte d'Ivoire et en Afrique. Observons donc. 

Et voyons aussi, si le Président Ouattara qui a pris la mauvaise habitude de traiter l'homme d'Etat  Guillaume Soro, âgé de 46 ans, de "jeune homme", osera traiter ainsi devant le public à Paris, le Président Macron qui a 6 ans de moins que Guillaume Soro. Ce serait une prouesse, pour une fois, contre la lâcheté ontologique du personnage présidentiel du RHDP soi-disant unifié.

La France continuera-t-elle d'adouber les dictateurs africains au risque d'être évincée de l'Afrique? La France continuera-t-elle d'adouber les dictateurs africains au risque d'être évincée de l'Afrique?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.