INCROYABLE FÉBRILITÉ SÉCURITAIRE AU SOMMET DE L’ETAT EN CÔTE D’IVOIRE

Le site Les Justiciers du Net révèle une incroyable fébrilité sécuritaire à la tête de l’Etat ivoirien. Surarmement des structures parallèles, complots d’assassinats, plans de harcèlement des libertés, tout y va. En ligne de mire, le viol de la constitution et le trucage de l’el’élection présidentielle 2020 par l’autocrate Ouattara. Lisons !

Présidence 2020 : Fébrilité au sommet de l’État ivoirien

Publié le 16/03/19

Intrigues, manigances, tentatives d’assassinat, armement intensif, milices, etc. Un climat délétère en prévision de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2020 et une réelle fébrilité à la tête de 

C’est en partie à cause des attaques terroristes à répétition dont est victime le Burkina Faso, que ce pays se retrouve depuis quelques années, dans une situation sécuritaire précaire. C’est dans le cadre des opérations de sécurisation de son territoire national que des actions combinées des forces spéciales, des forces terrestres et aériennes, ont été menées dans différentes localités du pays et au Mali. Malgré cela, la menace terroriste plane toujours. Voilà pourquoi, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a proposé aux autorités burkinabés de réduire leur important contingent en poste au Mali et ainsi ramener plus d’effectifs actifs sur leur territoire.

De ce fait, le président Ouattara a décidé de remplacer ledit contingent sur le territoire malien par 450 soldats ivoiriens. Chose particulière, l’essentiel de ces 450 militaires serait issu des 8 400 ex-FAFN.

Est-ce là une façon pour le pouvoir en place d’éradiquer progressivement les ex-FAFN en les éloignant de la Côte d’Ivoire ? La question reste posée, car ces éléments de l’armée sont jugés dangereux par le régime, mais surtout fidèles à l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Kigbafori Soro. Rappelons que ce dernier, qui ne cache pas ses ambitions pour la Présidence 2020, semble être un obstacle au 3ème mandat envisagé de Ouattara.

D’ailleurs, certains ministres, lors de la pause du dernier Conseil des ministres, du mercredi 13 mars 2019, mentionnaient que le président ivoirien « avait donné son ok pour réduire Soro au silence par tous les moyens ». Notre source nous rapportait également qu’il s’agissait d’embuscades ou d’attaques du cortège de Soro qui pourraient être perpétrées lors de ses voyages à travers le pays, mais aussi à l’étranger.

Mais, qu’est-ce qui rend le sommet de l’État ivoirien si fébrile ? En effet, depuis décembre dernier, plusieurs Antonov et un Iliouchine 76 ont livré, sur l'aéroport militaire d'Abidjan, des équipements et du matériel militaire destinés à approvisionner non seulement l’Unité de Lutte contre le Grand Banditisme (ULGB), mais aussi les Forces spéciales et le GSPR (Groupement de Sécurité du Président de la République.)

Nous avons pu constater que cette course à l’armement a débuté depuis quelques années déjà. Pour preuve, en 2016, le Ministère d’État, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité a fait une demande d’autorisation d’importation et de dédouanement de matériel de maintien de l’ordre pour la Direction de la surveillance du territoire (réf. 2, 3 et 4).

Cette demande signée par le ministre Hamed Bakayoko, devait faire suite à une requête « pour le compte du Conseil National de Sécurité (CNS), vu la conformité des besoins exprimés pour le fonctionnement et l’équipement des services de Sécurité ». Requête faite par le commissaire divisionnaire de Police, Inza Diomandé (réf. 1).

Demande initiale du Commissaire divisionnaire de Police Inza Diomandé

 

Demande du Ministre Hamed Bakayoko

 

 

C’est l’entreprise Rivolier qui a été sollicitée par le ministère pour fournir et livrer ce matériel militaire.

Chose curieuse, la liste des équipements de la demande initiée par l’État ivoirien (réf. 2, 3 et 4) est la même que celle de Rivolier au numéro proforma PF16050463 (réf. 5, 6, 7 et 8), mais ces matériels sont plutôt destinés au GSPR et non au service de Sécurité. C’est donc le général Vagondo dit « la main noire », chef d’État-major particulier du président Ouattara qui devient l’interlocuteur direct de Rivolier en lieu et place du Ministère d’État, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.

Pourquoi cette demande n’a-t-elle pas été faite par le Ministère de la Défense ou initiée par le Commandement du GSPR ? Pourquoi passé par ce chemin détourné pour, une fois de plus, armer le GSPR ?

Réponse de l'entreprise Rivolier au général Vagondo

 

 

 

 

 

 

Rappelons que c’est dans la plus grande discrétion que la présidence ivoirienne a créé l’ULGB. Cette structure basée à l'ancien hôtel Sébroko, ex-siège de l'ONUCI, en face du Palais présidentiel au Plateau (Abidjan). Elle est uniquement composée de militaires. Cette unité dépend directement d'un civil, Téné Birahima Ouattara alias « Photocopie », le ministre des affaires présidentielles et frère d’Alassane Ouattara.

Dernièrement, ce sont des ex-chefs rebelles qui ont subi des débarquements de leurs postes respectifs, déguisés en promotions. Il s’agit notamment de Chérif Ousmane, Morou Ouattara, Losseni Fofana alias « Loss » et d’Issiaka Ouattara, dit « Wattao ».

Le climat politique actuel, l’armement compulsif fait par les autorités, la création d’une milice présidentielle et ce qui s’apparente à une épuration au sein de l’armée ivoirienne, laissent entrevoir des lendemains sombres pour la Côte d’ivoire.

Est-ce pour cela qu’en février dernier, l’Union Africaine (UA) par le biais de sa première responsable à Abidjan, Joséphine Charlotte Mayuma Kala disait qu’« avant toute élection, l’UA se fait l’obligation de prévenir les conflits par une diplomatie préventive. Pour les élections de 2020 en Côte d’Ivoire, l’UA va accompagner le gouvernement ivoirien en vue de favoriser un climat apaisé » ?

 

 

Les Justiciers du Net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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