SIDA COVID, LES LECONS DU PASSE. Mon article paru dans "Pratiques" le 15 Mai 2021

En 36 ans de vie avec le Sida, j’ai appris à vivre dans un monde où personne ne se demandait s’il allait me transmettre une maladie potentiellement mortelle pour moi. La société n'a jamais pris des mesures liberticides pour protéger ma santé. A travers mon histoire, ce document apporte un éclairage sur certains aspects et dérives des politiques sanitaires menées depuis début 2020.

J’ai 61 ans. Je suis séropositif au HIV depuis juin 1984. Je suis fort heureusement encore vivant 
et en bonne santé. En 36 ans de vie avec le SIDA, je n’ai jamais demandé à la société de prendre 
des mesures sanitaires pour faciliter mon quotidien. Je me suis adapté de manière empirique 
et j’ai appris à éviter de nombreux pièges de transmissions des virus et autres bactéries, qu’ils 
soient aéroportés ou manuportés. C’est cette expérience qui me permet aujourd’hui de 
m’insurger contre l’absence de certaines mesures. 
C’est une colère et une frustration de constater que des raisonnements de bon sens ne sont 
pas pris en compte et que les seules mesures prises sont moyenâgeuses, archaïques, 
stigmatisantes, liberticides et contre productives. Pendant ce temps, la pandémie prospère et 
les mesures prises alimentent les crises, économique, sociale et psychologique. Tout cela sur 
fond de stigmatisation de secteurs entiers du divertissement dont mon métier fait partie, 
désignés sans preuve aucune comme les principaux responsables de la propagation du virus.

Partie 1 : POSITIF AU HIV, JE VIS


En juin 1984, un chirurgien et son équipe m’ont opéré avec succès des suites d’un 
pneumothorax. L’opération consistait après une incision entre 2 côtes, à « recoller » mon 
poumon droit à la paroi thoracique. Cette opération lourde nécessitait une transfusion 
sanguine. Les entreprises médicales, médecins et personnels sanitaires qui fournissaient les 
lots de sang aux hôpitaux, faisaient partie du CNTS, dirigé par le Dr Michel Garretta, sous la 
tutelle de la Ministre des Affaires Sociales Georgina Dufoix. Les poches de sang nécessaires 
pour mon opération se sont avérées contaminées non seulement au VIH, mais en plus par 
l’hépatite B et l’hépatite C… Un magnifique cocktail que l’on peut qualifier de bombe à 
retardement qui impacte encore ma vie 36 ans plus tard. 


Depuis cette époque, j’ai appris à vivre avec le VIH. Je maitrise les gestes d’hygiène et de 
protection qui me permettent d’esquiver les virus, bactéries et autres maladies. Chacun de 
ces maux est une source potentielle de détérioration grave de ma santé qui peut me conduire 
à une mort certaine. Me laver les mains, je sais faire ! Et surtout sans gel hydroalcoolique 
puisque bien avant mars 2020, il existait déjà un produit hygiénique qui s’appelle le savon… 
Rester à un mètre d’une personne qui tousse ou éternue, faire un détour ou retenir ma 
respiration au moment de croiser cette personne, c’est un réflexe que je maitrise depuis bien 
longtemps. De nombreuses habitudes se sont ainsi ancrées dans mon quotidien (voir détail 
dans la version numérique de cet article). Jusqu’à cette épidémie COVID19 en mars 2020, les 
autres, c’est-à-dire la population en général, n’ont rien fait pour me faciliter la tâche dans ma 
recherche d’un environnement sanitaire « sécurisé ». Je ne m’en suis jamais plaint et je n’ai 
jamais revendiqué quelque mesure que ce soit qui entraverait la liberté des autres pour me 
protéger. Aujourd’hui l’Etat français m’impose des règles infantilisantes parfois contre 
productives dans la mesure où la majorité des personnes peut penser qu’il suffit de les 
respecter pour être protégé. C’est le cas notamment dans des lieux à fort brassage de 
population tels que les hypers, supermarchés et les transports en commun.
Lorsque j’ai appris ma séropositivité, la nouvelle était synonyme de mort assurée dans les 6 
mois. La société de l’époque rejetait majoritairement les porteurs du VIH qui étaient 
considérés comme des pestiférés. Les modes de transmission étaient mal connus du grand 
public et certains pensaient que la salive, la sueur ou même l’air expiré étaient vecteurs de la 
maladie. Il me fallait donc taire mon état pour éviter, en plus des séquelles physiques, les 
conséquences sociales et psychiques. Bref, éviter d’être rejeté !


J’ai reçu la nouvelle en allant retirer les résultats de mes examens sanguins dans un 
laboratoire. J’ai décacheté l’enveloppe en sortant et j’ai ainsi appris ma condamnation à mort, 
seul sur un trottoir d’une rue de Bordeaux. A l’époque, on ne nous convoquait pas pour 
l’annoncer en face à face. Je suis rentré chez moi avec cette information sans trop comprendre 
comment me comporter face à cette mort qui m’attendait désormais. Mon premier réflexe 
fut de cacher cette vérité à mon entourage excepté à ma compagne de l’époque. Celle-ci fut 
aussi désemparée que moi face à cette nouvelle mais son soutien a été sans faille. Après 
examen, elle a été testée séronégative, ce qui était un soulagement. 
Après quelques jours passés sous le choc et l’abattement, je pense avoir réagi de manière 
empirique. Je précise bien que c’est avec le recul que j’estime avoir « réagi ». Je n’ai pas décidé 
à quelque moment que ce soit d’agir ou de réagir, de mettre en place une stratégie. Les choses 
se sont mises en place d’elles-mêmes. Je pense que, sans en avoir conscience à ce moment-là, j’avais le choix de laisser venir la mort comme cela pouvait être le destin imposé à la plupart 
des personnes dans mon cas, ou bien de mettre une énergie inconnue dans la vie qui me 
restait. C’est la deuxième voie qui s’est imposée.


Partie 2 : SANG CONTAMINE DANS LES ANNEES 80, RISQUES DE DERIVES EN 2020


En mars 1984 soit trois mois avant mon opération et mon infection, une étude dénommée 
MIR, financée par le Ministère de l’Industrie et de la Recherche, démontrait que la quasi totalité des stocks de sang en France était infectée par le VIH. Les résultats démontrant la nocivité des stocks de sang du CNTS étaient sans appel. Pourtant, pour des raisons 
économiques, politiques et financières, ces stocks ont continué à être écoulés pendant des 
mois, sans réaction ni intervention des ministres de l’époque Georgina Dufoix, Edmond Hervé 
(Ministre de la Santé) et Laurent Fabius (Premier Ministre). Cette affaire dite du « Sang 
contaminé » a été jugée pour partie en 1991 et la déclaration de Georgina Dufoix « Je me sens 
tout à fait responsable, pour autant je ne me sens pas coupable » (Emission 7/7 du 3 Novembre 
1991) est restée tristement ancrée dans ma mémoire. Les résultats de ce premier procès 
concernaient uniquement quelques professionnels de la santé servant de « fusibles ». 
Emprisonnement et amendes pour les médecins Michel Garretta et Jean-Pierre Allain (adjoint 
de Garretta). Prison avec sursis pour le Directeur Général de la Santé Jacques Roux. 
Un deuxième procès aura lieu en 1998 devant la Cour de Justice de la République créée pour 
l’occasion et qui servira à juger des ministres ou anciens ministres. Fabius et Dufoix seront 
3 acquittés (« Responsables mais pas coupables ») et Edmond Hervé condamné mais dispensé 
de peine… 


En ces quelques mois cruciaux entre 1983 et 1985, nous voyons un résumé terrible des dégâts 
occasionnés par l’absence de professionnalisme des uns et des autres, les jeux de pouvoir au 
sein même de la communauté scientifique et la toute-puissance de la parole publique face 
aux médias (il a fallu attendre 1991 pour mettre à jour ce scandale). La confiance dans notre 
système de santé français était pourtant exemplaire en ce début des années 80. Je faisais 
partie de ces citoyens croyant que la médecine et l‘Etat mettaient tout en œuvre pour sauver 
ma vie lorsque je me suis retrouvé sur ce lit d’hôpital en juin 1984.
Aujourd’hui en 2020, il n’existe toujours aucun vaccin contre le SIDA. Mais les recherches des 
scientifiques sur les tests et les thérapies ont engendré un bouleversement total dans 
l’appréhension de cette maladie. Elle fait aujourd’hui partie du paysage et nous humains, 
avons appris à vivre avec elle. 


A l’inverse pour le COVID19, les politiques et une partie de la communauté scientifique ont 
décidé de concentrer les efforts et les budgets de recherches sur la création d’un vaccin aux 
dépens des tests et des soins. Dans un temps record, des vaccins ont été découverts. Il n’y 
aura naturellement aucun recul sur leurs effets pendant les premières années. Ainsi, il serait 
bon de privilégier l’attention sur les recherches de tests, sur les thérapies et sur des solutions 
alternatives encore à imaginer. La rapidité inédite de la découverte de plusieurs vaccins 
COVID19 n’est pas accompagnée d’avancées aussi spectaculaires dans les autres domaines. 
Des financements et des moyens humains plus importants auraient certainement permis 
d’innover plus vite et de proposer des tests fiables, extrêmement rapides et faciles 
d’utilisation (tests à effectuer soi-même tels les alcootests). La généralisation de ce type de 
tests serait immédiatement synonyme d’un déblocage de la société en permettant la libre 
circulation de tous ceux qui seraient testés négatifs. La sortie de crise ne se fera pas aussi 
facilement avec le vaccin qui nécessitera un gros délai pour la couverture nécessaire de la 
population. De plus, rien ne garantira la pérennité de la protection dudit vaccin. 
L’exemple du SIDA permet de se rendre compte que sans vaccin, le problème n’est certes pas 
réglé, mais il est maîtrisé. Ce qui est une solution plus sûre et plus sage. En 2020, la majeure 
partie de la population se soucie assez peu du virus du SIDA. Les habitudes de protection sont 
connues et relativement bien respectées. Les tests sont très fiables et très rapides, ce qui 
permet de prendre en charge très vite les patients avec des médicaments efficaces. Tout ceci 
contribue à un confort et à une certaine tranquillité d’esprit pour la société en général et pour 
les personnes malheureusement atteintes par cette maladie. 


Partie 3 : NEGATIF AU COVID, JE MEURS (EFFETS DELETERES DES STIGMATISATIONS)


Dans la société du monde « d’avant 2020 », je m’étais construit une tranquillité d’esprit grâce 
à un équilibre psychologique vital basé sur trois points : 
• Sur les habitudes sanitaires évoquées dans la première partie
• Sur un traitement qui m’a épargné ses effets secondaires à ses débuts 
• Sur une santé mentale renforcée notamment par une vie sociale tout à fait normale 
pour le séropositif que je suis
Je passerai les détails de toutes ces années vécues avec une maladie silencieuse et surtout 
avec cette urgence de vivre parfois difficile à comprendre pour celles et ceux qui m’entourent. 
Cependant j’aimerais souligner ici un point fondamental dans l’équilibre mental qui m’a 
permis de vivre avec ma maladie. Il s’agit de la réussite de ma vie sociale grâce à mes activités 
professionnelles. Après avoir passé de nombreuses années dans l’édition musicale au sein 
d’une multinationale du disque, j’ai créé mon entreprise dans l’événementiel, ce qui m’a 
permis de vivre de mes passions pour la musique et la danse. Ainsi, mes activités 
professionnelles sont étroitement liées à mes loisirs. Mon quotidien est rythmé par les 
activités de danse, de culture et de musique. J’organise et j’anime des événements festifs et 
dansants. Mes clients sont des restaurants, des bars ou des salles de réception pour des 
soirées festives telles que mariages, fêtes d’entreprises, anniversaires, etc. Cerise sur le 
gâteau, j’ai la chance et le bonheur de pratiquer le tango argentin depuis cinq ans. J’ai le plaisir 
de faire découvrir cette danse dans des soirées que j’anime en qualité de DJ néotango où l’on 
danse le tango argentin sur des musiques actuelles. 
J’emploie le présent pour la description de mon quotidien, mais il s’agit d’une erreur 
volontaire de ma part pour souligner la sensation d’arrachement créée par la situation 
sanitaire en cette année 2020. J’ai employé le présent pour décrire les activités et passions 
qui me sont aujourd’hui toutes interdites… Enlevées, arrachées. TOUTES. Toutes les branches 
de mon activité sont maintenant stigmatisées, considérées comme « non essentielles » et 
interdites au gré des divers couvre-feux et autres confinements. Les mots clés de mon 
bonheur, de mon équilibre, de mon existence sont devenus synonymes d’un futur défendu. 
Cette privation de mes activités dégrade ma santé et celle de milliers de personnes des 
secteurs économiques cités plus haut. C’est un effet totalement contreproductif des mesures 
prises pour protéger la vie d’un petit pourcentage de la population. De plus, les raisons 
avancées pour les interdictions sont basées sur des critères de transmission du virus et de 
brassage des populations complètement aléatoires, arbitraires et non démocratiques.


La stigmatisation était déjà, malheureusement, une des composantes de la crise du SIDA. Au 
commencement de cette épidémie, lorsque les recherches étaient encore balbutiantes, les 
autorités sanitaires américaines ont clairement identifié certains groupes aux comportements 
à risque qu’elles ont contribué à stigmatiser et à discriminer longtemps par la suite avec 
l'utilisation du terme « 4 H » : héroïnomanes, homosexuels, hémophiles, Haïtiens. Une des 
conséquences néfastes de cette prise de position a été la relative insouciance de tout le reste 
de la population face à la maladie. Pendant cette période, ce qu’on appelait le "cancer gay" 
faisait la une des médias. 
Cette vision de l'épidémie renforçait le faux sentiment d'être protégé du virus dans la 
population hétérosexuelle, participant ainsi à la contagion à grande échelle. La focalisation 
des recherches sur les groupes des 4H a également retardé les avancées qui auraient pu être 
faites si la communauté scientifique dans son ensemble avait prêté attention plus tôt à 
certaines voix dissonantes qui commençaient à alerter sur des modes de transmission qui 
concernaient toute la population. En effet, il est utile de rappeler ici que le VIH se transmet 
par le sang, le lait maternel et les sécrétions génitales, donc largement hors du groupe des 4H.
Une des leçons apprises à cette époque a été le fait qu’il était bien plus utile d’associer ces 
groupes dans le combat contre la pandémie plutôt que de les montrer du doigt injustement.
Je n’hésite pas à comparer cette stigmatisation des 4H avec ce qui se passe en 2020 autour 
des pratiques et lieux supposés propagateurs du COVID19. Tous les éléments sont réunis pour 
une comparaison. Même degré d’urgence après la découverte du virus en février-mars, qui 
nécessite de transmettre une information rapide à la population pour montrer que le corps 
médical et politique maîtrise le sujet. Même manque cruel d’enquêtes véritablement sourcées 
et chiffrées du fait de l’absence de recul sur la maladie qui vient juste d’être découverte. 
Même entêtement pour une partie des scientifiques à se focaliser sur une seule hypothèse, 
ce qui a l’avantage de rendre la situation simple (les méchants propagateurs d’un côté et les 
gentils vertueux de l’autre), quitte à se servir d’une enquête bâclée en l’occurrence l’étude 
ComCor de l’Institut Pasteur pour apporter des éléments uniquement à charge. En 2020 les 
catégories stigmatisées ont été clairement désignées dès le mois de mars. Il s’agissait des lieux 
de divertissement et de culture, avec des degrés de dangerosité supposés, allant des 
discothèques (niveau le plus dangereux) aux théâtres, cinémas, salles de spectacles en passant 
par les bars, restaurants et les salles de sports. 


Aucune enquête sérieuse ne prouve à ce jour que la responsabilité des lieux de divertissement 
dans la multiplication du virus COVID19 serait plus importante que dans d’autres lieux tels que 
les transports en commun, les cantines scolaires, les centres commerciaux, les entreprises ou 
la sphère privée. Alors pourquoi continuer un seul jour de plus à stigmatiser, au risque 
d’ajouter une discrimination et de se priver des compétences professionnelles de ces lieux et 
métiers pour endiguer la circulation de la maladie ? A titre d’exemple, la stigmatisation et 
l’interdiction des discothèques a montré très clairement ses effets délétères lorsque les fêtes 
clandestines se sont multipliées avec des comportements à risques et des règles sanitaires 
peu suivies puisqu’elles ne sont pas encadrées. L’ouverture de ces lieux avec des protocoles 
sanitaires correspondants aurait certainement été plus judicieuse et moins catastrophique 
pour la santé publique. De plus l’aspect économique s’en serait trouvé bien mieux préservé 
ainsi que le mental des populations (consommateurs de ces lieux ou professionnels). 


CONCLUSION


Depuis la découverte du virus du SIDA au début des années 80, 36 millions de personnes sont 
mortes dans le monde de cette maladie. Le pic de ce décompte macabre a été atteint entre 
2002 et 2006 avec près de 2 millions de morts par an à ce moment-là. En 2020, le nombre de 
décès liés au COVID19 est aux alentours de 1,8 Millions. Les chiffres annuels sont relativement 
identiques et bien d’autres aspects sont comparables entre ces deux pandémies, ce qui peut 
nous permettre de ne pas reproduire certaines erreurs alors que nous n’en sommes qu’au 
début de cette nouvelle crise et qu’il est encore temps d’agir ou de rectifier certaines 
politiques. Les chiffres annuels sont tout à fait comparables. Alors pourquoi le SIDA n'a-t-il pas 
provoqué les mêmes cataclysmes, économique, financier et hospitalier au niveau mondial ? 
Une réponse possible à cette différence, semble être que la peur de la mort a été laissée à sa 
juste place, comme une conséquence de la vie dans le cas du SIDA. Pour le COVID19, elle s’est 
emparée de tout le monde dans une espèce de frénésie immédiate et de spirale infernale vers 
une protection sanitaire et juridique à outrance. Cette peur vient-elle du fait que les humains 
ont découvert qu’ils sont mortels ? Entre ces deux périodes, on a cru que les progrès de la 
médecine nous rendaient invincibles et surtout, l’information et la communication sont 
devenues instantanées, mondiales et accessibles à tous grâce à Internet et aux réseaux 
sociaux. Cela a certainement fait basculer le destin vers une crise sociale et économique 
s’ajoutant à la crise sanitaire. Une question reste posée alors que cette pandémie n’est toujours pas terminée : Allons-nous 
mettre à plat le système économique, social et démocratique à chaque nouveau virus, ou à 
chaque évolution de celui-ci ?


Des solutions durables et de bon sens existent pour éviter les méthodes moyenâgeuses et 
liberticides que sont le confinement et le couvre-feu. Nous avons pu en voir ici quelques-unes 
mais mon propos de « patient à risque survivant » ne se prétend pas exhaustif. L’idée est 
d’ouvrir un espace de discussion, de liberté et d’espoir qui est trop souvent refusé depuis le 
début de cette crise. 
Le patient à risque survivant du SIDA que je suis ne veut plus payer pour tous les autres. Le 
sujet « à risque » que je suis face au COVID19 ne veut plus être privé de son travail et de sa 
liberté. J’ai déjà payé le prix fort en 1984 et je me suis adapté. Je suis prêt à prendre mes 
responsabilités et quelques risques supplémentaires de mourir du COVID pour avoir le droit 
de vivre correctement et non pas de survivre. Presque tout le monde peut s’adapter en 
menant une vie normale. Celles et ceux qui ne le peuvent pas ou qui ont trop peur de 
s’exposer, devraient s’auto-confiner et l’Etat peut les y aider financièrement et 
techniquement. Comme avant 2020, c’est à la minorité « à risque » que l’on doit demander 
de faire des efforts et non pas l’inverse. Une avancée que l’on peut suggérer ici est la prise en 
charge de ces efforts par les pouvoirs publics, ce qui n’était pas le cas auparavant. 
L’interdiction, la stigmatisation et la criminalisation de mon métier, me conduisent à une perte 
d’espoir accentuée par les critiques souvent haineuses envers les secteurs du divertissement. 
Il suffit de voir le niveau de violence des échanges sur les réseaux sociaux où la moindre prise 
de position un peu divergente du discours « mainstream » est très souvent suivie en guise de 
débat par un argument imparable, la menace de mort. J’en ai moi-même fait l’expérience pour 
avoir « osé » participer à des manifestations où j’exprimais ma volonté de retrouver ma liberté 
de travailler.
La menace de mort, je l’ai reçue il y a bien longtemps déjà. C’était en juin 1984. 

J'ai écrit cet article en décembre 2020. Il a été publié le 15 mai 2021 dans la revue "Pratiques, Cahiers de la médecine utopique". https://pratiques.fr/Sida-Covid-les-lecons-du-passe

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