Un peu de psycho-géographie française

« Le prolétariat a perdu son nom depuis que la plupart des citoyens en font partie » Raoul Vaneigem, modestes propositions aux grévistes, 2004.

1 - Définitions : nous appelons ici fascisme

1 - une forme de gouvernance spécifique actuelle

2 - ce qui pousse quelqu’un à agir d’une façon répressive envers l’autre pour garder son statut, préserver son seul intérêt dans n’importe quelle institution, par pur respect de cette fonction et ou peur de perdre cette fonction. (Définition « soixante-huitarde », ou à la Arendt, banalité du mal, obéissance comme justification de l’action.)

3  - le fascisme en un troisième sens, historique, fait référence à l’antiparlementarisme, à l’apologie de la vitesse et de la transformation, visant à produire un homme nouveau. (Fascisme historique italien)

4 - une ambiance de peur collective généralisée et organisée («paranoïa de groupe», comme l’ont défini Oury, Guattari et la psychothérapie institutionnelle).

 

2 - Scolie :

Elles sortent enfin, ça suintait, ça dégoulinait, ça fuyait, mais le tout était tant bien que mal harnaché et rescotché avec du gaffeur périmé. Depuis quand ? Je ne sais pas, mais apparemment pas mal, vu ce qui s’écoule. Ces voix en colère, ces regroupements d’individus, oui, ça se regroupe et ça parle.

Cette expression du ressentiment, de la colère est-elle d’ordre fasciste, ou comme on disait chez les marxistes, qui n’ont jamais lu Marx, réactionnaire ? Il est vrai que gueuler pour avoir plus de pognon n’est pas forcément révolutionnaire en soi, ce qui est révolutionnaire selon Marx part d’une base collective qu’il nomme prolétariat, l’ensemble des dépossédés, qui vendant leur force de travail aux patrons ne reçoivent en retour que de quoi survivre. Il faut contextualiser cette théorisation au spectacle auquel Marx était confronté dans les rues de Manchester au XIXe siècle, où l’industrie naissante exploitait des enfants, des femmes et des hommes dans les pires conditions. Et oui, ma bonne dame, c’était pire avant.

La formule « prolétaires de tous les pays, unissez-vous » est peut-être un mot d’ordre performatif, un vœu pieu, il n’en demeure pas moins que l’état de prolétaire, comme « personne qui ne peut attendre de ressources que la rémunération que lui alloue celui auquel il loue ou vend sa force de travail »[i], est aujourd’hui encore la situation de la majeure partie de l’humanité. Mais aujourd’hui, c’est la situation des dépossédés des parties plus pauvres de la planète où subsistent de telles conditions de vie, ma bonne dame, regardez en Afrique, « et vous vous plaignez ? »

Mais peut-on sous ce prétexte que les travailleurs, chômeurs, retraités français ont « plus » que d’autres, invalider toute revendication à une vie meilleure ? On nous parle du « pouvoir d’achat », ce plus bas degré de la puissance d’être disaient Deleuze et Guattari, de ces gueux qui s’en foutent de l’écologie et veulent simplement continuer à survivre en bouclant leurs fins de mois.

Les « gilets jaunes » sont…n’importe qui, ceux qui le mettent pour contester la politique actuelle, marquant la fin d’une croyance collective dans la légitimité de la représentation. Contrairement à un article de Médiapart qui en faisait un « signifiant pur », dans une envolée lyrique presque lacanienne, il s’agit simplement de l’usage détourné d’un objet sans référence politique préalable. Détourné de son usage donc, il devient effectivement un moyen de reconnaissance entre personnes portant un certain nombre de revendications. Ces personnes ont exprimé leur colère et leur désarroi vêtus de fluo, leur « ressentiment », avec leur veste de secours pour véhicule en détresse obligatoire en cas d’accident, des jeunes, des vieux, des ceci, des cela, des précaires, des prolos du médico-social, des zadistes paranos, des fachos homophobes du motard club de Ruffec, des femmes retraitées qui n’en peuvent plus, des artisans auto-entrepreneurs, des gauchos, des vieux communistes (rares), des chômeurs, des glandeurs, des « politisés », des « pas politisés », des encartés « manipulateurs », des dupontaignantistes, des lepénistes, des « républicains » rouillés qui serrent des mains en disant « je vous comprend, ma bonne dame, je vous comprend », des routiers, des grutiers, des fromagers, des homophobes, des homos, des qui vous voulez, et quelle joie de contempler de temps à autres des commentateurs de chaines continues perdus dans leurs repères cognitifs et leurs codes sociaux, l’invitation sur leurs plateaux de « représentants » ayant produit les plus belles séquences de mépris de classe, de redondance à vide de signifiants creux, un bêtisier mirifique qui met à nu le procédé télévisuel dominant. Des gens qu’on n’avait pas l’habitude de voir, en tous cas, à la télévision, en direct, sur les plateaux des chaînes d’info continue, sauf dans de superbes reportages sur TF1 dans les années 90, comme « Confessions Intimes », ce magnifique travail documentaire et sociologique mené par des journalistes pertinents qui nous plongeait dans la réalité vécue des gens ordinaires, mais qui a, hélas, disparu des écrans, selon mes sources. (Mais je ne me risque plus à enquêter sur des terrains d’investigation trop dangereux, pour raisons de santé.)

Ces personnes, dont beaucoup n’ont jamais été dans la rue exprimer leur mécontentement, ne sont pas syndiqués, votent peu ou n’ont jamais voté selon les dires de sociologues certifiés. Ils n’ont dans la plupart des cas pas de casier judiciaire, pas de passé d’escrocs, de magouilleurs, de dealers, de voleurs à la tire, d’exhibitionnistes récidivistes. Quoi qu’il en soit, des gens se sont rassemblés en novembre suite aux annonces de Mr le Président Microcéphale concernant la hausse des taxes sur les combustibles issus du pétrole servant à alimenter les moteurs des machines individuelles à circuler qu’ils possèdent la plupart du temps, et utilisent pour se déplacer au travail, au supermarché, au pôle emploi, chez leurs ami(e)s ou au PMU du coin avant de s’en jeter un mais pas plus parce que « si je me fais encore serrer, hein » ….

Nous appelons d’abord fascisme un « climat » dans lequel la France nous semblait plongée, cette espèce d’incapacité à se regrouper, une paranoïa collective (sens 4), cette morgue des individus consommateurs, des chefs de famille dépressifs aux femmes élevant seules leurs gosses, et ce mépris des classes aisées circulant en 4x4 dans des centre villes plats et lisses pour se protéger du monde environnant, la désertification populaire des centre villes-musées dans la plupart des « métropoles » françaises, la peur de son voisin, la trouille répandue par tous les bouts et les industries florissantes qui fleurissent la dessus ( vidéo surveillance, mise aux normes drastiques des lieux culturels populaires, entrainant leur disparition des villes, etc. Le mouvement des gilets jaunes est à cet égard une thérapie collective qui vient crever un abcès d’isolement qui a changé bien des vies.

 

 3 - Et le Vert dans tout ça ?

 

Et en même temps, autre affaire de « climat », des gens des jeunes, des vieux, des retraités, ont peur que la planète ne chauffe trop, et sortent, se rassemblent, s’organisent, pour demander a minima l’application des mesures déjà minimalistes de l’Accord de Paris (COP 21), mais cette fois ci pas dans la confusion et le chaos des individualités, mais autour de faits « scientifiques »,  « objectifs », de ces fameux degrés à ne pas dépasser, chiffre issu d’une série de rencontres institutionnelles qui n’arrive à aborder le réel que sous sa forme quantifiable, et donc échangeable et marchande.

Les écologistes demanderaient donc moins de sandwichs triangles, la fin de l’exploitation écocidaire de la nature, la fin de l’agro-industrie, et les gilets jaunes un peu plus de pognon.

Et certains engiletés d’en venir à cogner sur les CRS et les BACeux réquisitionnés chaque samedi pour contrer ces rassemblements bordelisés, et voilà qu’aujourd’hui[ii] s’y adjoint l’armée. La « plus belle avenue du monde » n’est plus ce qu’elle était, le Paris muséifié a pris un coup sur la caboche.

L’exposition universelle de 1900, à Paris, se voulait le bilan d’un siècle. Peut-être l’état de cette avenue depuis samedi dernier[iii] est-elle, elle aussi, le bilan, peut-être pas d’un siècle, mais disons, peut-être, allez, d’une moitié de ces siècles qui s’enchaînent, et qui devrait être selon certains un des derniers pour l’espèce humaine. « L’espèce humaine » …. Si j’en crois Mediapart, c’est en tous cas la première fois depuis 1948 qu’on fait appel à l’armée pour une opération de maintien de l’ordre interne au pays.

 

4 - D’où vient cette colère – d’où vient le « fascisme » ? Ou la cause efficiente du mécontentement

 

De jeunes encravatés, relativement à l’âge moyen des élites politiques françaises depuis plusieurs décennies, ont en deux ans de gouvernement fait passer plus de lois démantelant le système public français qu'en trente-six d’alternance Ps/Rpr. Le danger fasciste n'est pas tant dans les groupuscules débiloïdes qui sortent leurs museaux et leurs poings pour s'encanarder avec des "blacks blocs" paranoïdes (ou non) certains samedis. Le fascisme français XXIe siècle, c'est Macron et son gang de post-adolescents à trottinette. Ce sont les médias dominants (BFM TV, Europe 1, RTL, les chaines publiques dans leur quasi majorité. Les analyses de Bourdieu (1995) sont reconfirmées sur le procédé télévisuel et ce qu'il empêche (voir l’analyse par Acrimed de l’invitation de Monique Pinçon Charlot sur France 5 le 2 février dernier[1]).

Les analyses deleuziennes sur l'excès de communication qui rend toute pensée impossible, sont devenues réalité depuis la généralisation des micro-ordinateurs individuels faisant encore aussi parfois office de téléphone.

Oui, le siècle est devenu deleuzien, enfin, et sa critique de la représentation (thèse de doctorat, 1968[2]) est devenue la critique portée par la majorité du "peuple" : j’ai le droit d'ouvrir ma gueule quel que soit mon statut social, et je refuse d’être représenté par qui que ce soit pour porter cette parole. Un gouvernement qui ne reçoit plus aucun assentiment de la population qu’il gouverne n’est plus légitime, sauf s’il est une dictature, une théocratie, ou une monarchie.

L’épouvantail lepenien brandi depuis trente ans, depuis Mitterrand, Chirac puis Sarkozy et Hollande arrive au bout de son utilisation ; le carnaval n’est pas fini, mais il faut de toute urgence fabriquer un nouveau char de tête de cortège. Il n’est plus possible d’user de cette rengaine, comme une vieille pièce trop jouée, elle fait plus marrer personne, à part peut être le metteur en scène, dont les acteurs sont dans un état proche de celui de Gena Rowlands dans le film de Casavettes de 1974, Une Femme sous Influence.

La parole et les corps présents dans la rue font sortir d’eux comme une vieille, vieille, très vieille infection qui éclate enfin, comme une infection intra-osseuse dont on aurait percé le trou, et ça n'a pas fini de dégouliner.

Les gilets jaunes seraient selon certains commentateurs profondément poujadistes et réactionnaires ; où, au contraire, un méli-mélo de dangereux gauchistes. Quel sens un tel énoncé peut-il avoir ? « La » France, ce signifiant ridicule dont la seule existence réelle aujourd’hui, pour chacun, est une langue commune, un système administratif commun, mais quoi d’autre ? Qui agit ? Qui réagit ? Qui réagit à la réaction ? Les principaux réactionnaires, parce que les plus puissants, ce sont ces néo-chiens de garde qui ont tout misé sur leur courte vie pour faire leur place dans l'agôn parisien, qui fantasment sur des individus qu'ils ne côtoient jamais, mais surtout les néo-fascistes qui font passer des lois liberticides car inégalitaires depuis deux ans.Ou alors on ne nomme plus son parti République. Soyons conséquents.

Le fascisme (au sens 3) voulait penser l'homme nouveau italien, dans l'accélération, la transformation collective, et la fermeture culturelle. Manu est en marche, sûrement un peu essoufflé, alors on va le faire courir un peu. L’homme nouveau, celui qui s'adapte, traverse la rue pour trouver un nouveau boulot, ne se laissera pas démonter ! C’est pourquoi nous proposons ici une esquisse d’un programme fasciste pour la France afin d'accélérer le procès d’anéantissement de ces semis-précaires, un programme fasciste qui dise son nom, ceci afin de désolidariser conceptuellement et dans les mots la politique actuelle du gouvernement et la notion de république et d’isonomie qui s’y rattache, celle d’égalité devant la loi, et surtout l’idéal républicain au sens de Jean Jacques Rousseau, qu'il définit comme suit :

- Renonciation de mes droits naturels au profit de l’Etat s’il me garantit liberté et égalité

- Sauvegarde par le peuple tout puissant par le biais d’un législateur du bien-être général contre les groupements d’intérêt

- Maintien d’une légitimité démocratique par des assemblées législatives

- Création d’une religion d’Etat, ou religion civile (mais ce concept de Rousseau sera l’objet d’un autre article)

Il ne s’agit là que d’une esquisse. Le temps presse. La mer monte. Les baleines meurent. Les usines ferment. La France est à la bourre.

Devant l’accélération relative des réformes législatives dans tous les domaines publics depuis les deux ans de gouvernance microcéphalienne, qui se heurte à « l’immobilisme » des masses assistées par l’Etat-providence depuis 1944 (C.N.R., etc.) nous voudrions ici proposer un programme réellement fasciste (en s’inspirant du sens 3) pour aider enfin la Micronarchie à terminer ce qu’elle a commencé, le plus vite possible (ah, l’ivresse de la vitesse, une Hyperloop à la Musk mais made in Frankreich)

 

Non plus une République en Marche, mais une République sous Pervitine[iv], sous Métamphétamine, sous Coke. Un pot belge assorti d’une transfusion de sang de pur-sang, un gouvernement géré par le médecin de l’équipe Sky (Vroum Froome !)

La France n'a jamais été au bout de ses pulsions fascistes, aidons-la un peu !

 

 

La DICTATURE AU SPRINT !

Esquisse de programme

 

1 : Abolition du quinquennat et maintien à vie des pleins pouvoirs à Mr Macroléon de Saint Amiens, Sauveur de la République et à son premier ministre Mr Philippe, nommés désormais respectivement : Grand Empereur néo-classique de Sainte Brigitte, et Guide Intersidéral de l’Europe, et Grand Chambellan Juppéiste, et Guide vers le Havre de La Paix Infinie.

2 : Construction de murs protégeant la capitale-musée des gueux qui voudraient encore y pénétrer, sur le modèle du mur berlinois. Sur le même modèle, les six autres plus grandes agglomérations du territoire seront entourées d’enceintes protectrices.

3 : Fin de la privatisation de tous les services publics, avant la fin 2020

4 : Généralisation de la sous-traitance et appel d’offre pour toutes les anciennes structures appartenant à l’Etat

5 : Transition pour chaque Ministère :

- Intérieur : hausse du budget, formation des Colonnes de l’Ordre Nouveau sur le modèle de la STASI et généralisation des méthodes type B.A.C. à toutes les forces du maintien de l’ordre.

- Transition écologique et Solidaire : maintien et développement du nucléaire, sous-traitance généralisée de son fonctionnement, et enfouissement des déchets nucléaires dans les anciennes colonies ; développement de la propagande publicitaire et architecturale dans les villes, campagnes au ton nécessairement positif sur la responsabilisation individuelle, pénalisation du jet de mégot et du crachat, interdiction des véhicules diesel pour les plus pauvres, et amendes (modèle suisse-allemand de l’écologie punitive).

- Justice : continuation de la suppression de postes afin de ralentir les procédures, don du monopole des marchés de construction de nouvelles prisons à l’entreprise Bouygues, fin de la suppression des prud'hommes, suppression du Syndicat de la Magistrature.

- Armées : suppression de l’autonomie de l’armée française qui passera d’ici 2020 sous commandement chinois. Création de centres de formations ludico-guerriers, qui permettront de détecter dès leur plus jeune âge les meilleurs joueurs de FPS, en partenariat avec les entreprises de jeux vidéo américaines ou asiatiques les plus rentables, afin d’intégrer les happy few dans des commandos de forces spéciales de neutralisation de la menace intérieure et extérieure.

- Europe et Affaires étrangères : application à la lettre des directives ordolibérales européennes en matière budgétaire, maintien et renforcement du Réseau Françafrique sous directoire privé, en lien avec les plus grosses entreprises françaises possédant des intérêts économiques en Afrique, sous-traitance du problème migratoire, en lien avec l’Europe, dans les pays d’origine de ces migrations, en collaboration avec des entreprises mercenaires.

- Cohésion des territoires : privatisation des routes nationales et départementales, et monopole du marché pour Vinci. Disparition des départements au profit de Régions qui auront tout le pouvoir décisionnaire (districts I, II, III, IV, V et VI) concernant les projets économiques et autres sur leur territoire, changement de la fonction de maire en organisateur annuel de la Saint Emmanuel et de la Saint Brigitte, pour laquelle les restes du budget de l’Etat seront consacrés.

- Solidarités et Santé : fermeture des hôpitaux publics et privatisation de tout le domaine médical ; application d’une échelle de soins en fonction des revenus, fin de l’AME si la personne concernée refuse d’être salarié non rémunéré, application stricte des méthodes du leaning industriel aux hôpitaux, en vue de cela organisation de Centres de Formation Toyotistes de la Santé (CFTS);  fermeture des hôpitaux psychiatriques, création du diplôme de surveillant psychiatrique de secteur en lien avec les membres des Colonnes, et généralisation des traitements retard par injection pour toutes les pathologies mentales.

- Culture : Création par Jeff Koons d’une statue géante de Johnny Halliday dans l’alignement Tour Eiffel Champs Elysées Arche de la Défense, fin du statut d’intermittent du spectacle, des cours d’art plastique, et enfin réécriture de l’hymne national par Messieurs Guetta et Maître Gims.

- Economie et Finances : création de L’Ecole Supérieure d’Optimisation Fiscale (ESOF), alignement sur la politique européenne, dont la gestion doit être elle-même privatisée et dont les bureaux seront transférés à la Défense ou sont situés les principaux sièges des multinationales françaises.

- Travail : approfondissement législatif de la réforme El Khomri, alignement par le bas des salaires dans le privé, fin du SMIC, reprise du concept allemand de « mini-job», gel des salaires de la fonction publique à vie, obligation de créer son entreprise à la majorité, désormais fixée à 16 ans, exclusion et emprisonnement en cas d’échec répété de sa micro-entreprise, et réorientation dans le secteur uberisé des services à la personne, en priorité dans des secteurs inutiles (livraison de marchandises ne faisant pas partie des besoins humains fondamentaux).

- Education nationale :

Lycée / fin des cours de langues étrangères et des spécialités dans les filières générales, à l’exception de l’anglais et du maniement de tablettes et smartphones, et remplacement des cours en présence des professeurs par des cours MOOGS à distance et fin du baccalauréat, remplacé par une synthèse finale, en contrôle continu, sur la totalité du parcours scolaire de l’élève, sur les plans cognitifs et comportementaux.

            Philosophie / après la suppression des thèmes de l’inconscient et du travail (Freud et Marx à la corbeille, puisqu’ils ne sont pas                « falsifiables » et donc non scientifiques) du programme de terminale, exclusion de tous les autres auteurs spéculatifs et remplacement par les thèmes de la start up et de l’histoire de la course automobile, des techniques de la vente forcée et de la psychologie mécaniste russe des années 30.

            Histoire / abandon du thème du droit des femmes et de la colonisation, remplacés par des cours d’histoire de la variété française de 1945 à nos jours.

Collège / détection plus rapide des élèves en difficulté et orientation immédiate vers les filières professionnelles suivantes : agent de surveillance écologique, vigile de supermarché, vendeur en centre d’appel

 

- Agriculture et Alimentation : Fin de la création des Bassines pour le maintien de l’agro-industrie et nivellement/remembrement des derniers bocages, monopole de la FNSEA et interdiction des autres syndicats agricoles.

- Action et Comptes publics :  création de l’Office Français de l’Opacité Financière (OFOF)

 

- Enseignement Supérieur, Recherche et Innovation : fin de la privatisation et de la mise en concurrence des Universités françaises, clôture des filières dites de sciences humaines, création d'un championnat de France des Universités sur le modèle du football.

 

- Outre-mer :  aucune spécificité, hormis la poursuite du projet de Montagne d’Or en Guyane.

 

- Sports :  fin de l’enseignement des sports collectifs, enseignement obligatoire du self défense (krav maga) dès l’école primaire, réhabilitation culturelle des sports mécaniques propres ou non, nomination comme ministre de tout sportif starisé ayant remporté un titre mondial quel qu’il soit.

 

 

 

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Sources :

Spinoza, Traité Théologico-politique. GF Flammarion, poche

Hobbes, De Cive. GF Flammarion, poche

Rousseau, De l’Origine de l’inégalité. GF Flammarion, poche

Deleuze et Guattari, L’Anti-Œdipe et Pourparlers. Minuit et disponible sur https://cequisecret.net/sites/secret/public/pdf/Deleuze_Gilles_Guattari_Felix_LAnti-Oedipe.pdf

Norman Ohler, L’Extase totale. La Découverte

France Télévision, Le Tour de France. (Épuisé)

 

[1] https://www.acrimed.org/C-l-hebdo-France-5-censure-et-concert-de-chiens

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Diff%C3%A9rence_et_R%C3%A9p%C3%A9tition

 

[i] Définition du Larousse

[ii] L’article a été rédigé après l’annonce de la mobilisation de l’armée pour « contenir » la manifestation du 23 mars à Paris

[iii] Le 16 Mars le Fouquet’s a été incendié lors des manifestations

[iv] « Molécule découverte pour la première fois au Japon par le professeur Akira Ogata en 1919, elle fût commercialisée en Allemagne en 1938 par le laboratoire Temmler. Certains médecins tenteront de limiter l’usage de la pervitine, craignant de transformer la population en drogués dépendants, mais ils ne seront pas suivis par les hommes de troupes, préférant jouer avec leur santé pour augmenter leurs chances de survie au combat. » Source Wikipédia ; à ce sujet, lire le merveilleux livre de Norman Ohler, L’extase Totale : Le Troisième Reich, les Allemands et la Drogue, 2015. Traduction française 2018, La Découverte.

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