MUSTANG de Denys Gamse Ergüven

MUSTANG de Deniz Gamse Ergüven est un film porteur d'universalité et il ne peut qu'entrer en résonance avec d'autres films comme PAPICHA de Mounia Medour ou RAZZIA et ADAM, deux films successifs de Maryam Touzani ou encore HEDI, UN VENT DE LIBERTE de Mohamed Ben Attia. Turquie, Algérie, Maroc, Tunisie. On dirait que depuis quelques temps un grand vent se lève sur l' autre rive de la Méditerrannée.

 

Peu de choses à ajouter sur Mustang. Sinon que j'avais passé un moment plaisant dans une salle de cinéma, que je l'ai renouvelé en regardant le film devant le petit écran. J'ai rangé le DVD sur un rayon du haut dans ma bibliothèque, le pan qui se trouve dissimulé derrière la porte. Là, il est bien à l'abri des regards et personne ne me le piquera. C'est dans cet endroit que je range les films de mon Panthéon (je compte sur vous pour n'en parler à personne).

Je connais la question qui brûle vos lèvres : « Qu'a-t-il bien pu aimer dans ce film qui le mette dans tous ses états ? ». N'est-ce pas la question qu'il est toujours raisonnable de se poser, que le film nous ait porté au firmament ou fait sombrer dans les abysses. Même entre les deux, ne devons-nous pas toujours faire la démonstration que nous savons nager la brasse coulée ou le dos papillon ne serait ce que pour faire bella figura.

D'abord, j'ai aimé le titre du film. Comparer les quatre jeunes femmes à des mustangs est une des plus belles métonymies que j'ai rencontrées. Les mustangs sont indomptables. Puis est venu le moment d'éclater de rire. Un jeune homme, me semblait-il, s'essayait à la critique et s'interrogeait doctement sur les raisons qui ont conduit Deniz Gamse Ergüven à donner comme titre à son film le nom d'une voiture automobile. Cela valait son pesant de cacahuète et avait un goût de noisette.

J'ai aimé ce film car il est un magnifique pied de nez à tous ceux qui n'ont qu'une idée en tête, mettre les esprits et les corps au cachot avec une très nette propension à réserver ce traitement aux femmes. Ce sont ces tristes sires qui sont toujours à vouloir séparer les femmes des hommes et les hommes des femmes, à empêcher garçons et filles de se parler, de se connaître et de se reconnaître dans leur altérité, d'interdire aux filles de faire les mêmes études et exercer les mêmes responsabilités que les garçons. 

Mustang de Deniz Gamse Ergüven est un film porteur d'universalité et il ne peut qu'entrer en résonance avec d'autres films comme Papicha de Mounia Medour ou Razzia et Adam, deux films successifs de Maryam Touzani ou encore Hedi, un vent de liberté de Mohamed Ben Attia .Turquie, Algérie, Maroc, Tunisie. On dirait que depuis quelques temps le vent se lève sur les autres rives de la Méditerrannée.

Dire que Deniz Gamse Ergüven a su faire un grand film ne m'est pas venu à l'esprit, j'avais même oublié que c'était un film, qu'il y avait une réalisatrice et derrière elle ou plutôt à ses côtés des dizaines de petites mains dont les noms défilent généralement au moment du générique. Une bonne raison de rester assis jusqu'au bout pour rendre hommage à tout ce monde même si nous ne retiendrons pas leurs noms.

 

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