LETTRES OUVERTES AUX FEMEN

Hygiène de l'oeil, se le rincer de temps en temps. Soyons ludiques même les jours des commémorations. Ludiques mais pas lubriques, il va de soi.

 

Lettre ouverte à mes amies les Femen.

De la commémoration de ce 11 novembre 1918, nous ne retiendrons bien sûr pas seulement vos derniers exploits, nous retiendrons, avec un sourire primesautier, la tête que Trump a dû faire en vous voyant surgir devant sa voiture blindée. J'imagine, depuis, sa tête dans l'avion du retour quand il réalisera que la terre entière a pu assister à sa déroute morale devant trois innocentes et séduisantes jeunes femmes qui n'ont pas froid aux yeux. Même le sinistre Erdogan doit en faire des cauchemars, quant à Vlad l'empaleur, il préfère faire semblant de n'avoir rien vu. Deux qui ont dû jubiler dans leur for intérieur c'est ce grand coquin de Macron et sa complice du jour, Mutti.

Maintenant, vous allez être traduites devant un tribunal pour attentat à la pudeur. Bon courage, les filles. Je tiens à ce que vous sachiez que pour ma part, j'ai lu avec attention les messages inscrits au feutre sur votre peau que je devine soyeuse. J'ai caressé du regard avec autant d'attention, quoique furtivement, vos poitrines dénudées. Nos gendarmes ne m'en ont pas laissé vraiment le temps. Caresseur trop lent mais lecteur rapide, heureusement, sinon je ratais l'essentiel. Vous m'avez fait penser à un tableau de Delacroix. Je ne suis pas sûr que Trump ait compris le film, encore moins qu'il l'ait apprécié à sa juste valeur. Moi si, j'espère qu'il en sera de même pour celles et ceux qui me liront .

Vous nous avez doublement rendu service en ce dimanche pluvieux. Vous nous avez fait bien sourire, vous avez également contribué à notre santé en égayant notre journée. Vous nous avez rappelé que pour l'hygiène de l'oeil, il faut toujours penser à se le rincer de temps à autre, ce qui n'est jamais une mince affaire et rarement sans risques depuis que la délicieuse Marlène Schiappa veille au grain de la peau des dames et demoiselles.

Cependant, une ombre au tableau : notre service de l'ordre. Double peine pour les deux gendarmes qui ont interpelé les terribles Femen. De retour dans leur cantonnement : ricanements envieux des collègues. De retour à la maison : grosses engueulades des épouses soupçonneuses.

Soyons solidaires des Femen mais également de notre maréchaussée qui remplit des missions bien difficiles car ces Femen sont de vraies anguilles, difficile de les attraper avec les mains alors imaginer devoir le faire sans .

 

 

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