A CHACUN SON TERRIER

Un mao un peu particulier, un mao qui a pu être chassé de son précédant terrier et qui serait venu se réfugier là. Un mao migrateur en quelque sorte plutôt qu'un mao sédentaire.

terrier

 

Au pied d'une souche je me suis arrêté, interrogatif. Trois excavations récentes avec de grand jets de terre. Qui a fait cela ? Trois trous qui me paraissent trop grands pour un mulot, trop petits pour un blaireau. L'abondance et la force des rejets de terre autour des trous témoignent d'une énergie débordante à la taraude sans qu'il soit possible d'affirmer que cela relève d'une véritable rage de forer et d'approfondir, peut être n'est-ce qu'une manifestation de désespoir.

Avec quelques photographies des lieux, je me suis adressé à un Lieutenant de louveterie de mes connaissances. Je lui ai soumis les clichés, il a immédiatement écarté le mulot et sa mulote ainsi que le blaireau et sa blairelle.

Devant mon étonnement, de trouver là, à mes pieds, une amorce de ce qui ressemble à un terrier dont l'hôte des lieux a su rester discret pendant si longtemps, le lieutenant me fait part qu'il pourrait s'agir d'un mao. Un mao un peu particulier, un mao qui a pu être chassé de son précédant terrier et qui serait venu se réfugier là. Un mao migrateur en quelque sorte plutôt qu'un mao sédentaire.

Sous nos latitudes, cette dernière espèce était depuis la fin des années 70 du siècle dernier en voie d'extinction car l'air du temps lui était particulièrement défavorable. Les dernières souches de maos sédentaires ont été identifiées dans quelques écosystèmes du bout du monde. Ils n'ont guère essaimé, confinés, parfois ils ont été victimes d'une consanguinité sans issue. On a pu observer quelques mutations génétiques, ça et là, en Europe, mais le phénomème est resté isolé, sans prospérer et sans proliférer.

 

 

 

 

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