A COUTEAUX TIRES de Rian Johnson

Un peu de Hercule Poirot, un peu de Colombo, un zest de Maigret.

 

Les semaines se suivent sans se rassembler et les soirées du dimanche sont toujours ce moment très particulier pendant lequel, soit nous prenons notre élan pour le lendemain, soit nous avançons à reculons. Le film du dimanche soir est notre arme secrète. Comédie légère et vive ou thriller de bonne facture, sans plus, ménageant nos neurones pour nous glisser au lundi, mais quand il nous faut aiguiser nos sens et affûter notre esprit pour être d'attaque le lendemain, c'est du solide, du charpenté qu'il nous faut.

A couteaux tirés de Rian Johnson entre cette dernière catégorie de films, thriller policier sans sirènes hurlantes, ni rafales crépitantes, sans courses-poursuites, ni pugilats échevelés. Ce sont bien nos neurones que le film sollicite. Il emprunte avec doigté, un peu de Colombo, un peu de Maigret, un solide huis clos dans un manoir aussi cossu que confortable, quelques rebondissements crédibles pour entretenir une dynamique sans temps morts.

Benoit Blanc/Daniel Craig est un détective privé sollicité anonymement pour assister ou compléter l'enquête sur le suicide de Harlan Thrombey/Christopher Plummer, romancier, la nuit d'un rassemblement familial pour ses 85 ans. Suicide ou meurtre ? Sa mort est intervenue sur fond de tensions familiales et de non-dits qui émergent peu à peu.

Tous ceux qui aiment que le cinéma nous raconte des histoires très élaborées, qu'elles soient une adaptation d'un roman ou une écriture cinématographique directe à la Hitchcock, trouveront du plaisir à ce thriller à énigmes de 130 minutes.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.