HORS NORMES de Olivier Nakache et de Eric Toledano

A quelle aune mesurer le degré de civilisation d’une société ? Aux mètres linéaires de yaourts dans un rayonnage de grande surface ? A la quantité de saucisses que peuvent engloutir les concurrents d’une compétition de fête foraine ?

A quelle aune mesurer le degré de civilisation d’une société ? Aux mètres linéaires de yaourts dans un rayonnage de grande surface ? A la quantité de saucisses que peuvent engloutir les concurrents d’une compétition de fête foraine ?

N’est-ce pas plutôt à notre capacité de venir en aide aux maillons les plus fragiles de notre société ? A la manière dont nous traitons nos aînés et dont nous prenons en charge les plus dépendants d’entre eux ? N’est-ce pas également au regard que nous posons et aux moyens que nous mettons en œuvre pour venir en aide à ceux qui souffrent d’un handicap ou d’une déficience ?

Hors normes d’Olivier Nakache et de Eric Toledano racontent la vie de deux structures associatives qui prennent en charge des adolescents autistes. Plus particulièrement, des jeunes gens et des jeunes filles qui n’ont pas trouvé d’aide satisfaisante ou pas de prise en charge du tout en raison des difficultés présentées par leurs cas particuliers qu’ils n’hésitent pas à prendre en charge. Leurs responsables Bruno/Vincent Cassel et Malik/Reda Kateb sont des éducateurs professionnels, mais par manque de moyens ils sont contraints souvent de recruter des bonnes volontés qu’ils forment peu à peu du mieux qu’ils peuvent. Ils se trouvent alors dans la situation paradoxale de devoir autant gérer les difficultés de jeunes gens en situation de désinsertion sociale et peinant à trouver leurs marques et une identité professionnelle que venir en aide à ceux qui sont en souffrance.

Ces acteurs courageux de ce qu’une société civilisée se doit de prendre en charge sont confrontés à d’autres acteurs de la même cause qui sont en mission d’évaluation et d’inspection. Ce sont eux qui donnent les agréments nécessaires et détiennent par conséquent les cordons de la bourse. Hors normes est une réussite à tous égards et mérite non seulement d’être salué mais d’être vu par le plus grand nombre. Et cela pour de multiples raisons que je ne hiérarchiserai pas.

Il est nécessaire et utile parfois de nous remettre à l’esprit que certains de nos frères humains qui parmi nous vivent sont en grande souffrance. Nous leur devons compassion et assistance. Toute société, en tout lieu et depuis toujours, a été confrontée à ses membres hors normes. Ils ont leur place parmi nous et leurs prises en compte est le prix de notre humanité.

En aucune manière, la prise en charge du handicap et de la déficience ne doivent être différenciés de la personne handicapée ou de celle présentant une déficience. La question de l’aide à apporter se pose en termes de soins, mais également en termes d’aides à vivre, donc d’un respect total de l’intégrité de l’Etre. Les inspecteurs de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) concourent à cette mission par leur vigilance contre toute forme de dérives possibles. Ce n’est pas le moindre mérite du film que de les montrer en action sans les caricaturer et d sans tomber dans le manichéisme.

 

 

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