CECI EXPLIQUE CELA

Nous n'y étions pas et nous étions même très loin des causes de ce qui aurait pu finir en drame.

« La marque Bonduelle rappelle des légumes surgelés pour des éclats de verre ».

Je me souviens encore de ce flash info  sur une chaîne radio. A peine une petite minute pour nous dire qu'une mère de famille avait intercepté de justesse un éclat de verre dans l'assiette de sa fille et en avait trouvé quelques autres dans le reste du plat sur la table. Après un bref développement sur le risque encouru en cas d'ingestion, la radio précise la marque de surgelé non pas pour la stigmatiser mais pour souligner la diligence avec laquelle elle a rappelé plusieurs lots de marchandises.

Je me souviens également d'un échange autour d'une table sur ce sujet et  chacun avait un avis. Négligence ou faiblesse des contrôles dans l'entreprise, légèreté du conducteur de la machine qui prépare le légume à la surgélation et qui a pu laisser tomber sa canette dans la cuve. Malveillance d'un employé aigri. Interrogations sur une fabrication industrielle soucieuse de rentabilité maximale et regrets éternels d'une époque où la grand-mère stérilisait ses bocaux de légumes après une cueillette et un tri minutieux loin de tout ce qui aurait pu les polluer.

Nous n'y étions pas et nous étions même très loin des causes de ce qui aurait pu finir en drame.

Dans un champ planté de petits pois j'ai vu un jour un couple d'agriculteurs marcher côte à côte munis d'un seau et se baissant à intervalles réguliers pour ramasser quelque chose. Il était évident qu'ils n'étaient pas entrain de récolter leurs légumes à la main. Mais alors ? Qu'étaient-il entrain de faire? Je me suis approché et je leur ai simplement posé la question.

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CECI EXPLIQUE CELA.

Ils ramassaient les canettes en verre ou en aluminium que des imbéciles au front bas avaient jetées par la fenêtre de leur voiture. Une petite route à forte fréquentation en fin de journée longeait ce champ de petits pois et en faisait un dépotoir idéal. Alors que le quadrillage de la parcelle était loin d'être achevé, les deux seaux étaient déjà remplis à moitié de ces détritus de verre et de métal.

Le lendemain, l'agriculteur a procédé à la récolte avec une sorte de moissonneuse qui coupe à ras du sol le pied de la plante puis procède à différentes opérations jusqu'à offrir le produit final c'est à dire le petit pois extrait de sa gousse tel que nous l'accueillons dans notre assiette. L'inconvénient de cette mécanisation est que la machine collecte tout ce qui traîne y compris les canettes qu'elles soient en verre, en aluminium ou en polymères. Non seulement elle collecte mais elle brise et réduit les brisures en petits éclats qui échappent parfois aux contrôles.

Les bris de verre ou de métal les plus grossiers sont éliminés par les tamis mais d'autres trop petits restent mêlés aux petits pois qui sont livrés à l'industrie agro-alimentaire dont des sociétés comme Bonduelle. Ces entreprises elles-mêmes procèdent à un tri et un nettoyage sévère mais parfois...Nous retrouvons alors des éclats de verre ou d'aluminium dans les boîtes de conserve ou les paquets de légumes surgelés.

Est-il déraisonnable de demander aux crétins de conserver leurs détritus dans leur voiture et de les mettre dans leurs poubelles une fois chez eux ?

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Les fils d'eau ont bien sûr également vocation à recueillir tous les détritus dont les bas du front se débarrassent par la vitre de leur voiture. Ils seraient tellement plus inspirés s'ils les conservaient pour faire une décoration originale.

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Une boîte de conserve ou une canette vidées de leur contenu, à l'étiquette légèrement défraîchie mais toujours lisibles et présentant quelques marques d'oxydation voire même quelques reliquats de sardines, de thon ou de flageolets légèrement moisis sont évidemment d'un plus bel effet que les boîtes flambants neuves que j'ai utilisées pour la photo-ci dessus. Leur valeur seraient un peu plus élevée, un peu comme celle des timbres postes oblitérés par rapport à un timbre neuf. Les philatélistes savent de quoi je parle. Les jeunes femmes qui achètent à prix d'or des jeans soigneusement lacérés du genou à l'aine le savent également.



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