EN CES JOURS D'AUTOMNE...

Rien ne doit nous arrêter, jamais !

C'était par une belle journée, une des dernières. Non pas une des dernières journées, mais une des dernières belles journées et pour être encore plus précis, non pas une des dernières belles journées, mais une des dernières belles journées d''octobre. Vous me suivez ou vous rêvassez ?

Je reprends donc depuis le début.

C'était par une belle journée d'octobre, une des dernières belles journées du mois et une des dernières journées du mois d'octobre. Une légère brume nimbait le dome roux des chênes et plus généralement la cîme des autres arbres. A ces mots, mon chat qui est alangui sur mon bureau a levé la tête, ouvert un œil, dressé une oreille et posé son regard amical sur mes doigts qui courent sur le clavier.

  • Etes-vous bien sûr de cela ?

A mon tour, je lève la tête, scrute mon écran et cherche la faute d'orthographe sinon celle de frappe.

  • De quoi parles-tu ?

  • Etes-vous certain que cîme s'écrit avec un accent circonflexe sur le i et dome sans son chapeau ?

Vous avez noté au passage, que si je tutoie mon chat, lui se plaît à me vouvoyer. C'est après une longue controverse que nous avons décidé d'un commun accord qu'il me vouvoutera et que pour ma part je continuerai à le tututer. Cet accord nous convient à tous deux, mais il repose sur un compromis. Il me vouvoute et je le tutute les semaines paires et il me tutute alors que je le vouvoute les semaines impaires. Une sorte de garde alternée des pronoms personnels.

Vérification faite, une fois de plus mon chat a raison. En automne, le dôme du chêne est souvent roux, mais il prend un chapeau toute l'année ; la cime des arbres, elle ne se conçoit pas avec un accent circonflexe. Par conséquent : une légère brume nimbait bien le dôme roux des chênes et tout autant la cime des autres arbres. On n'en parle plus et on en revient à nos affaires.

Je me promenais dans les bois, le soleil perçait à peine à mes pieds l'obscurité de ce bois et en ce jour d'octobre où la nature commence à expirer, j'entreprends un recyclage de de ce que Lamartine a dit de plus beau. D'abord un premier rayon un peu timide, puis un second et enfin un troisième. Nous y sommes et clic on immortalise.

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L'automne de Lamartine, à portée de main et de toutes les bourses.

 

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