LA CONFIANCE

Quand la confiance se délite, il faut impérativement travailler à sa restauration.

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Quand je vois les motards de la police nationale au rond-point, je sais. Je sais que je suis susceptible de devoir m'arrêter et de me soumettre à un contrôle : une vérification que je suis bien en possession d'une attestation d'assurance de mon véhicule ou la vérification que je suis bien ou toujours titulaire d'un permis de conduire. Je sais également que je suis susceptible d'avoir commis une infraction au code de la route et je pense là particulièrement au défaut de port de la ceinture de sécurité.

Quand je vois les motards de la police nationale au rond-point, je sais. Je sais que ma dernière heure n'est pas venue. Je sais que je ne disparaîtrai pas, jeté du haut d'un hélicoptère au large de la baie d'Alger ou dans l'estuaire du Rio de la Plata au large de Buenos Aires.

Quand je vois les motards de la police nationale au rond-point, je sais. Je n'éprouve pas subitement un besoin impérieux de prouver que je suis un homme libre et que l'insoumission à toute injonction est la marque de ma liberté et que pour cela je suis prêt à tous les outrages.

Quand je vois les motards de la police nationale, je me souviens. Je me souviens que dans l'exercice de toute responsabilité la fermeté n'est pas un synonyme d'oppression. Et qu'une absence totale de règles et de leur respect ne permet aucune vie collective digne de ce nom.

La confiance de manière générale est une absolue nécessité. Quand la confiance se délite, il faut impérativement travailler à sa restauration.

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