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Billet de blog 29 nov. 2021

NOTRE JOSEPHINE BAKER

Demain mardi 30 novembre 2021,  Joséphine Baker entre au Panthéon. Demain soir, sur ARTE à 20h50 La grande famine en Irlande, à  22h 25 La Révolution irlandaise

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1925, une petite jeune fille d'à peine 19 ans, noire de peau, fille d'une blanchisseuse et née d'un père inconnu, quitte Saint Louis dans le Missouri pour la France.

1845-1852, près d'un million d'Irlandais quittent les campagnes de leur île pour les Etat-Unis et sans doute autant d'entre eux choisissent d'autres terres d'accueil.

Joséphine Baker a quitté son pays natal pour fuir la ségrégation raciale et la pauvreté qui en est le corollaire en vue de rejoindre le pays de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

Les Irlandaises et les Irlandais sont frappés par la famine que le mildiou, qui infeste la pomme de terre, a fait régner. Ils quittent leur terre natale pour d'autres cieux pour un voyage sans retour et dans l'espoir d'une vie meilleure.

Joséphine Baker était une artiste de music-hall à Paris. Elle soutient la Croix-Rouge, donne des concerts pour l'effort de guerre, puis rejoint la France Libre dont elle sera une combattante de l'ombre pendant la seconde guerre mondiale.

Les Irlandaises et les Irlandais réfugiés dans le monde entier apporteront leur pierre partout et leurs descendants irrigueront les pays qui les ont accueillis en leur apportant le meilleur d'eux-mêmes.

La danseuse Joséphine Baker transforme son château des Milandes dans le Périgord en lieu d'accueil pour personnes déplacées et en refuge clandestin pour les combattants de la Résistance.

Les Irlandais de la diaspora seront pionniers, maçons, charpentiers, marins, éleveurs, dockers et missionnaires. Nombre de leurs descendants seront artistes de renom, fonctionnaires, soldats ou policiers, gangsters ou mendiants. Certains deviendront ministres et plusieurs présidents des Etats-Unis sont d'ascendance irlandaise.

Le lieutenant Joséphine Baker a adopté douze enfants originaires de tous les pays du monde et a porté loin les couleurs des Droits de l'homme au nom de sa patrie d'adoption.

La République d'Irlande a fait construire à Dublin un musée de l'Emigration irlandaise. L'Irlande veut se souvenir de son histoire dramatique et être fière de ce que ces enfants ont fait dans le monde.

Dans l'ancien Palais des Colonies, construit à l'occasion de l'Exposition coloniale internationale de 1931, la République française a créé en 2007 un musée national de l'histoire de l'immigration. Elle veut rappeler à tous ses citoyens, quelles que soient leurs racines, que des hommes et des femmes sont venus un jour d'ailleurs pour faire France, y compris dans les moments les plus tragiques de notre histoire.

A Dublin, sur un quai de la rivière Liffey, en face du musée de l'émigration, six sculptures représentent des hommes et des femmes en haillons. Ils déambulent affamés dans la ville et sont en attente d'une partance vers un monde qu'ils espèrent meilleur ou plus hospitalier. Ces sculptures du dublinois Rowie Gillespie sont le mémorial de la grande famine du XIXème siècle comme des disettes qui ont accompagné les deux guerres mondiales.

A l'autre bout du monde, au Canada, le parc Ireland de Toronto offre cinq statues du même sculpteur. Les hommes et les femmes au départ et à l'arrivée ne sont plus les mêmes. A l'accablement et la mort succèdent la jubilation et la foi en l'avenir.

Joséphine Baker entrera au Panthéon le 30 novembre 2021. C'est ainsi que le président de la République veut honorer ce qu'elle a été et ce qu'elle représente. L'étrangère devenue française. La femme noire intransigeante dans sa condamnation de toute discrimination et toute ségrégation. L'artiste qui, par ses engagements, n'oubliait jamais qu'elle était avant tout la citoyenne d'un pays qu'elle avait choisi comme patrie et dont elle a épousé les vertus cardinales.

Demain mardi 30 novembre 2021,  Joséphine Baker entre au Panthéon.

Demain soir, sur ARTE à 20h50 La grande famine en Irlande, à  22h 25 La Révolution irlandaise

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