LES HEROS NE MEURENT JAMAIS de Aude-Léa Rapin

Il ne faut pas accorder trop de crédit à un SDF, sans doute un peu aviné, qui croit voir un soldat mort en Bosnie se promener dans les rues de Paris.

Dans la boue on s'embourbe, dans le sable on s'ensable, dans la vase on s'envase, dans la médiocrité on s'enlise mais dans la rocaille on ne s'enrocaille pas, allez savoir pourquoi !

L'histoire qui n'existe pas a beaucoup de mal à s'enliser mais le film sombre assez vite. Aude-Léa Rapin a choisi l'embourbement en Bosnie pour des raisons que nous ignorons, mais elle aurait pu le faire en Croatie, en Macédoine, au Liban ou au Lichtenstein pourvu que les fantômes d'une guerre hantent le pays. Adèle Haenel qui s'incarne avec conviction elle-même aurait pour ces circonstances appris à baragouiner quelques mots de macédonien, d'arabe ou d'allemand. Cela n'aurait pas changé grand chose.

 Très accessoirement le film tente de traiter de la réincarnation mais à la dernière minute il se ravise. Tout de même, il ne faut pas accorder trop de crédit à un SDF, sans doute un peu aviné, qui croit voir un soldat mort en Bosnie se promener dans les rues de Paris.

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