Cap Town: La CCRSA s'insurge contre les bavures policières sur des réfugiés!

En Afrique du Sud, où l'afrophobie rime avec Négrophobie, la CCRSA (Communauté congolaise de la République Sud Africaine) qui s'occupe de trois catégories de nos compatriotes: expatriés, exilés et sans-papiers, dénonce la énième bavure policière contre les réfugiés et demandeurs d'asile devant les locaux de Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), le mercredi 30 octobre 2019, à Cap Town.

Cap Town: La CCRSA s'insurge contre les bavures policières sur des réfugiés et demandeurs d'asile devant les locaux du HCR !

Par Freddy Mulongo, dimanche 3 novembre 2019  Freddy Mulongo-Réveil FM International 

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Qu'est-ce qui se pays au pays de Mandela? En Afrique du Sud, où l'afrophobie rime avec Négrophobie, la CCRSA (Communauté congolaise de la République Sud Africaine) qui s'occupe de trois catégories de nos compatriotes: les expatriés, exilés et sans-papiers, dénonce la énième bavure policière contre les réfugiés et demandeurs d'asile devant les locaux de Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), le mercredi 30 octobre 2019, à Cap Town en Afrique du Sud, dans un communiqué qui est parvenu à la rédaction de Réveil FM International.

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En effet, ayant fait irruption pour un déguerpissement forcé des réfugiés en sit in devant le siège du HCR-Cap Town depuis maintenant quelques semaines, la Police s'est illustrée par une brutalité inexplicable et injustifiable caractérisée par des coups et blessures, par un traitement inhumain et humiliant dont étaient victimes les hommes, mais aussi et surtout les femmes et les enfants traînés à même le sol, pourtant considérés par plusieurs instruments juridiques internationaux comme étant des personnes vulnérables.

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Eu égard à ce qui précède, la CCRSA exige du gouvernement Sud africain ce qui suit :

1° Une enquête transparente afin que toute la lumière soit faite sur ces incidents malheureux et que les coupables soient déférés devant la justice pour qu ils répondent de leurs actes.

2° La prise en considération des revendications des réfugiés afin de ramener la paix au sein de cette communauté qui a fait de l Afrique du Sud sa seconde patrie.

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D’abord honnie pour sa politique raciste, puis glorifiée en 1994 pour son rêve d’une nation multiraciale, l’Afrique du Sud est aujourd’hui une nation en crise. La fin officielle de l’apartheid n’a pas permis aux Noirs de trouver une place dans la société. Le pays est en proie à tous les maux : chômage, violence, corruption. L’économie sud-africaine a beau se développer, l’immense majorité des 50 millions de Sud-Africains n’en perçoit pas les dividendes. Dans un pays où la moitié de la population a moins de 25 ans, le taux de chômage chez les jeunes est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Partagée entre rancœur et désillusion, la génération post-apartheid se moque du prestige historique de l’ANC. Dans le parti longtemps incarné par Nelson Mandela, elle ne voit qu’une immense mafia…

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Plus de 260 000 agressions graves par an, 25 000 meurtres, 60 000 viols officiellement déclarés, près de 5 millions d'armes pour près de 45 millions d'habitants: les chiffres de la criminalité en Afrique du Sud sont effrayants. Six ans après la fin du régime de l'apartheid, la violence de la rue, naguère légitimée par la violence d'Etat, n'a pas baissé d'un cran. Le chômage, les inégalités sociales, la disparité croissante des richesses font le lit de cette criminalité, urbaine ou communautaire. Longtemps identifiée au régime honni de l'apartheid, cette police se «colorise» - et se féminise.

 

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Les réfugiés et demandeurs d'asile qui s'étaient réfugiés dans les locaux de HCR à Cap Town s'étaient pour se protéger des attaques négrophobes des sud africains. Faut-il prendre ce nouveau tract au sérieux? tract d'intimidation ou de préparation pour s'attaquer des nouveau aux étrangers ? La menace du 8 novembre 2019 est-elle réelle ou fictive ? Le récent tract des sud-africains qui menacent des étrangers est à prendre au sérieux!

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Attention, attention. Compagnons sud-africains. C’est un message important pour tous les citoyens concernés. Le 4 novembre 2019 est une fermeture nationale. Notre plaidoyer auprès du gouvernement étant tombé dans l'oreille d'un sourd, nous vous demandons à chacun d'entre vous de prendre part à cette campagne. nos emplois, nos droits, notre fierté. La principale raison à cela est de faire en sorte que les ÉTRANGERS quittent notre espace dans l’industrie des transports. Le 3 novembre 2019, toutes les provinces organiseront des réunions et des opérations pour préparer le grand jour. Les camarades cette fermeture continueront jusqu'à ce qu'il n'y ait ZERO étranger dans les camions sud-africains. Votre participation sera appréciée merci. Citoyens sud-africains concernés.

Quotidiennement, les étrangers sont confrontés à une «afrophobie» qui prend racine dans l’histoire du pays et que le gouvernement alimente. Au début de l'année, ce sont les chauffeurs de camion étrangers qui étaient visés au cours de plus de 60 attaques au cocktail Molotov. Ces violences ne sont pas les premières que connaît le pays et 62 étrangers avaient été tués en 2008. Mais pour la première fois, les dirigeants des pays africains, notamment du Nigeria et de la Zambie, se sont levés contre le gouvernement sud-africain, l'accusant de ne pas en faire assez pour protéger leurs compatriotes.

 

Corruption, prévarication et népotisme rongent le Congrès national africain (ANC), parti de la libération, et gangrènent l’ensemble des rouages de l’Etat, de l’économie, du système social. l’oligarchie noire, souvent issue des rangs de l’ANC, avec sa mainmise sur les banques, groupes miniers et autres entreprises d’Etat, engendre un nouveau type d’apartheid. Non plus Blancs contre Noirs, même si la ségrégation raciale n’a pas disparu du jour au lendemain. Mais riches contre pauvres. Très riches contre très pauvres. Une logique insupportable dans un pays dit “émergent”.

Achille Mbembe est lui aussi revenu sur le racisme intériorisé, théorisé par Frantz Fanon en 1952 dans Peau noire, masques blancs, et qui fait dire à certains que les violences relèvent de «l'afrophobie». «Comme Frantz Fanon l'avait prévu, les formes sud-africaines du nationalisme noir se transforment en formes virulentes de racisme noir contre noir. Projet ethno-racial, cette nouvelle forme de nationalisme noir cherche à faire sécession de l'Afrique et de ses diasporas. Elle s'est forgée deux ennemis, un ennemi qu'elle craint et qu'elle envie (la blancheur ou le capital monopolistique blanc) et un autre qu'elle déteste et méprise (les Noirs d'ailleurs)», a déroulé le penseur.

En Afrique du sud, des noirs contre des noirs, xénophobie et afrophobie. Charlie Mingiedi, président de la CCRSA sonne encore le tocsin.

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