Evry. Manuel Valls déclare sa candidature à la présidentielle !

Manuel Valls qui est un politique intelligent, homme d'Etat avec son expérience de Premier ministre à Matignon, la tour de contrôle de la France, saura sans doute éviter les pièges tendues. On l'a senti hier en allant à la mairie d'Evry que des jeunes issus de la diversité 91 Essonne et la Vallssosphére sont prêtes au combat @avec_valls @JeunesVallsiens @GenerationValls @Valls_2017 @team_valls

Evry. Manuel Valls déclare sa candidature à la présidentielle pour aller dans le marigot de la primaire socialiste !

Par Freddy Mulongo, mardi 6 décembre 2016  Radio Réveil FM International 

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On l'a senti hier en allant à la mairie d'Evry que des jeunes issus de la diversité 91 Essonne et la Vallssosphére sont prêtes au combat (@avec_valls @JeunesVallsiens @GenerationValls @Valls_2017 @team_valls @clubvalls92 @ManuelValls91) pour encourager l'ex-Premier ministre Manuel Valls qui a déclaré sa candidature à la présidentielle et va au marigot de la primaire socialiste, qui apparaît pour certains observateurs comme un coupe-gorge tellement les caïmans ont les dents acérées! Manuel Valls qui est un politique intelligent, homme d'Etat avec son expérience de Premier ministre à Matignon, la tour de contrôle de la France, saura sans doute éviter les pièges tendues. D'ailleurs son discours de candidature aura été très à gauche...le voici "Je suis, ici, à Evry, dans ma ville. Ma ville de cœur. Une ville intense, attachante, jeune et populaire … cette ville où on se parle toujours directement, avec franchise … cette ville qui est une école, une école de la vie … j’ai appris tellement de mes concitoyens. Alors OUI, je suis candidat à la présidence de la République !" 

© Freddy Mulongo

J’ai cette force en moi, cette volonté de servir mon pays… C’est au-delà des mots, c’est une conviction TOTALE … Je veux TOUT donner pour la France ! Qui m’a tant donné. Ministre, Premier ministre, j’ai fait mon devoir – vous me connaissez –, sans jamais me ménager, avec énergie, en parfaite loyauté, avec le souci constant d’être à la hauteur de la mission que m’a confiée le Chef de l’Etat.

© Freddy Mulongo

A François HOLLANDE, je veux dire mon émotion, mon affection. Sa décision est celle d’un homme d’Etat, qui place l’intérêt général au-dessus de tout. Elle nous oblige tous. Je veux lui dire la chaleur de mes sentiments. Ils se sont forgés à jamais dans le prix douloureux que notre pays a payé dans son engagement pour la liberté.

Je veux lui dire ma très grande fierté d’avoir assumé, à ses côtés, ces responsabilités immenses, intenses, et d’avoir engagé des réformes essentielles pour la France, pour protéger les Français, pour la compétitivité de nos entreprises, pour notre école, pour préserver notre modèle social.

Au cœur des difficultés, à ses côtés, je n’ai jamais cédé à la tentation de l’individualisme, de quitter le collectif. NON… le service de la France est bien plus grand que soi …

Le temps est venu d’aller plus loin dans mon engagement. Le sens de l’Etat me fait considérer que je ne peux plus être Premier ministre tout en étant candidat. En accord total avec le Président de la République, je quitterai mes fonctions dès demain, car je veux, en pleine liberté, proposer aux Français un chemin.

Pourquoi je suis candidat ?

Pourquoi ma candidature ? Pourquoi donner cinq ans de plus à la gauche ? Ces interrogations sont légitimes. Je suis lucide.

Je suis candidat parce que la France doit peser de tout son poids dans un monde qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était : menace terroriste ; réchauffement climatique ; effets néfastes de la mondialisation ; affaiblissement de l’Europe ; poussées de l’extrême droite …

Je veux une France indépendante, inflexible sur ses valeurs. Face à la Chine de XI JINPING, à la Russie de Vladimir POUTINE, à l’Amérique de Donald TRUMP, à la Turquie de Recep ERDOGAN … il faut, dans ce monde, une expérience forte. Elle ne s’invente pas !

Elle ne s’improvise pas ! J’ai cette expérience ! Je veux la mettre à profit.

Je m’engage parce que je ne veux pas que la France revive ce traumatisme – celui de 2002 – d’une extrême droite au second tour. Elle est aujourd’hui aux portes du pouvoir. Son programme ruinerait les petites gens, les retraités, les ouvriers. Elle nous ferait sortir de l’Europe et de l’histoire. A nous, à nous tous, de la renvoyer dans les cordes !

Je veux me battre, dans cette campagne, contre la droite, son candidat, son programme. Avec ses vieilles recettes des années 80, elle nous présente comme une avancée, ce qui est un recul social généralisé.

Je NE veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins !

Je NE veux pas que les déremboursements massifs de médicaments empêchent les plus modestes de se soigner !

Je NE veux pas que nos enfants aient moins de professeurs, que nos villes et nos campagnes aient moins de policiers ou de gendarmes !

Je NE veux pas que l’on casse notre sécurité sociale, l’hôpital public ; que nos aînés aient moins de protections et que les salariés attendent 70 ans – 70 ans ! – pour toucher une retraite à taux plein.

Ma candidature, c’est aussi une révolte.

Je suis révolté, au fond de moi-même, à l’idée que la gauche soit disqualifiée de cette présidentielle. Cette révolte je veux la faire nôtre ! Je constate la division à gauche … Mais jusqu’à quand allons-nous subir ce spectacle ?

Voilà un beau motif de sursaut … il y a une exigence de rassemblement… et au fond de nous, je sais qu’il y a une envie de se retrouver … Moi-même, dans ma volonté de faire évoluer ma famille politique, j’ai pu avoir des mots durs, suscité des débats, des incompréhensions … C’est ça la gauche, le débat, la controverse … Mais j’ai toujours assumé les décisions collectives, parce que c’est aussi l’esprit de la gauche… c’est mon histoire.

 

Bien sûr, les uns et les autres nous sommes différents, mais nous sommes ensemble. La division est toujours une affaire qui se fabrique à plusieurs. L’unité aussi ! Chacun devra faire un effort … moi le premier. Il faut être digne, se dépasser. Ma candidature est celle de la conciliation. Elle est celle de la RÉ-conciliation.

Je pose donc ce premier acte pour l’unité parce qu’aujourd’hui j’ai une responsabilité : rassembler, oui, rassembler. Car enfin, quand on a gouverné, avec François Mitterrand, Lionel Jospin, François Hollande, on partage quelque chose de grand, de fort : un même combat pour le progrès et la justice sociale. C’est une histoire, un fil commun.

JE VEUX FAIRE GAGNER TOUT CE QUI NOUS RASSEMBLE !

La primaire qui s’ouvre est un formidable moyen pour recréer l’unité. Ce n’est pas que l’affaire des partis. C’est votre responsabilité.

J’invite les femmes et les hommes de gauche, les progressistes, mais j’invite aussi tous les Français qui refusent l’extrême droite, qui refusent la régression sociale que propose François Fillon, à s’emparer de ce moment.

A venir nombreux, oui, nombreux, mobilisez-vous, pour choisir librement ! Débattre ! Je le ferai moi-même avec respect, sens de l’écoute, sans polémiquer, sans jamais dénigrer.

La gauche est grande et belle quand elle parle à tous les Français, et qu’elle rassemble ; quand son destin se confond avec celui de la France.

3. Le président que je veux être

a) Qui rend sa force à l’esprit français

La France a besoin de la gauche, garante de cet esprit français, auquel je veux, nous devons rendre toute sa force.

La laïcité qui est notre bouclier, pour assurer la tolérance, pour protéger, pour que dans ce pays, on puisse croire ou ne pas croire, se respecter.

L’égalité que l’école doit promouvoir. L’égalité aussi entre les femmes et les hommes. La fraternité qui fait que la France est une nation où chacun est préoccupé par le sort de son prochain. Ce fameux modèle social français – qu’il faut moderniser, mais aussi préserver – c’est de ne jamais fermer les yeux sur la pauvreté, les oubliés, les mal-logés, les précaires, les humiliés de la vie, pour leur tendre la main, leur redonner la dignité à laquelle ils ont droit.

L’esprit français, c’est la liberté, celle qui consiste à exercer, quoi qu’il en coûte, son esprit critique. Celui de Voltaire. Car l’esprit français, nous le savons, est indocile et rebelle. Et en 2015 nous l’avons payé par le sang…

L’esprit français, c’est penser en grand, pour le monde, comme nous l’avons fait, avec le Président de la République, lors de la COP 21, ou en engageant nos armées au Mali, au Levant.

L’esprit français, c’est la culture, la création, notre magnifique exception, notre patrimoine, nos paysages, notre créativité, la French Tech reconnue sur tous les continents, mais aussi notre langue, le français : celui de RABELAIS, d’HUGO, de CAMUS, de CESAIRE, de BEAUVOIR, de Patrick MODIANO ou Leïla SLIMANI.

Cet esprit français… je veux l’incarner, le faire respecter, l’entretenir, le porter… C’est pour moi une mission fondamentale… Mais je veux vous dire la vérité … car je n’ai jamais mâché mes mots … j’ai toujours nommé les problèmes pour mieux les combattre : les communautarismes, la ségrégation sociale, le racisme, l’antisémitisme, les actes antimusulmans, les actes anti-chrétiens, les discriminations qui nous fracturent.

J’en ai assez de ces discours qui nous divisent, qui stigmatisent, là nos compatriotes musulmans, là les réfugiés fuyant la guerre.

Pourtant, chaque fois que je vais dans une commune, une école, une entreprise, une association, je ressens la même émotion. Partout des citoyens se mobilisent pour nos aînés, pour les personnes qui vivent avec un handicap, pour ceux qui souffrent, ceux qui ont faim.

Notre pays aspire profondément à ce récit commun. Il y a des ressources dans la société française, dans nos familles, il y a un optimisme, une générosité. Il faut aller chercher ce qu’il y a de meilleur dans chacun de nous. Les Français ont besoin de retrouver un esprit, celui d’une société moins dure, plus solidaire, plus fraternelle, plus morale.

NOUS PARTAGEONS TOUS UNE BELLE IDÉE DE LA FRANCE !

Nous devons faire vivre cette idée.

b) Qui propose un chemin pour la France

Je veux mettre la France à la hauteur d’un monde nouveau. La mondialisation doit être mise au service des peuples. En clair, je veux que les classes populaires, les travailleurs retrouvent leur dignité, leur capacité à faire, à créer, à produire, bref à construire ce pays comme ils l’ont toujours fait.

Ne pas subir la mondialisation, c’est forcément, pour moi qui suis profondément européen, par mes origines, par mes convictions, refonder le projet européen qui ne défend pas assez nos intérêts, qui n’est pas assez proche des peuples. Je veux une Europe forte dans le monde, qui investit dans l’avenir, la jeunesse, le social.

Mettre la France à la hauteur d’un monde nouveau, c’est miser plus encore sur notre génie créatif, sur notre compétitivité, sur notre agriculture, sur notre industrie, nos PME, nos entrepreneurs, nos commerçants, nos artisans, nos salariés, parce que le travail est une valeur.

Et cela passe par l’investissement massif dans des secteurs nouveaux, qui feront la croissance et les emplois de demain : économie verte, transition écologique, énergies renouvelables, numérique et les sciences du vivant.

Dans ce monde nouveau, la France sera plus forte, elle sera une grande Nation, car elle sera une « Nation éducative », c’est-à-dire une Nation qui met toute son énergie, son audace, plus d’audace encore, dans l’éducation, la formation tout au long de la vie, l’apprentissage, la recherche, la santé ; une nation intelligente qui crée de la valeur, de la richesse, de l’épanouissement, … Ce sont les conditions indispensables, incontournables pour créer de l’emploi et faire reculer le chômage. C’est MA priorité.

Dans ce monde nouveau et inquiétant, l’Etat a toujours un rôle à jouer. Il ne peut pas être mis en cause, il ne peut pas être démantelé ! Il doit être l’expression politique de la Nation : un Etat qui protège contre l’insécurité, la délinquance, la menace terroriste ; un Etat décentralisé, présent, avec ses services publics forts, aussi bien dans les territoires urbains que ruraux, qui peuvent se sentir déclassés – je défends, vous le savez, la ruralité – et dans les Outre-Mer ; un Etat bien géré, modernisé, plus efficace, car je veux poursuivre la baisse durable de l’impôt pour les classes moyennes et populaires.

Je veux aussi, face à la crise démocratique, que la République, notre République, fasse davantage confiance aux Français. On ne gouverne pas au 21e siècle comme au siècle dernier.

A l’heure où certains ne veulent gouverner que par ordonnances, il faut toujours mieux impliquer les citoyens, les associations, les élus, les partenaires sociaux – car je crois à la démocratie sociale – dans les décisions qui les concernent.

Nous devons inventer, je proposerai, un nouvel équilibre pour nos institutions, entre l’exécutif, le Parlement, les collectivités territoriales – qui doivent assumer plus de responsabilités – et les citoyens, qui doivent être mieux associés, davantage consultés.

Et enfin, ici, à Evry, je sais la force de la jeunesse. Je veux que la jeunesse, toute la jeunesse de mon pays réussisse. Et parce que je suis un élu de ces quartiers populaires, je sais parfaitement que nous n’avons pas encore répondu à toutes ses attentes.

La réussite de la jeunesse ne peut pas être que financière. L’épanouissement naît de la capacité à concrétiser des projets, à se réaliser dans le travail, la création d’entreprises, dans la culture, la vie associative au service des autres, au service de la République.

C’est cela l’engagement ! La réussite ne se mesure pas au montant du compte en banque, elle se mesure à la lumière que l’on a dans les yeux. Et je veux que l’on retrouve, je veux que nos compatriotes retrouvent TOUS cette lumière…

Mes chers compatriotes de métropole, des Outre-mer et de l’étranger, Nous sommes, dans un moment historique, grave, mais passionnant, qui est le fruit d’un paradoxe : alors même que l’espoir semble s’éloigner, que tout semble déjà écrit et joué d’avance, le peuple français n’a jamais eu autant envie de reprendre les rênes de son destin…

 

Anaphore, épiphore, métonymie… Quand Valls s’essaie au lyrisme « Je ne veux pas de… », « rien n’est écrit », remettre de la « lumière dans les yeux » de ses concitoyens : Manuel Valls, au langage souvent martial, s’est essayé au lyrisme pendant son discours de candidature à la présidentielle, lundi soir à Évry, multipliant les figures de style.

On nous dit que la gauche n’a aucune chance… mais rien n’est écrit ! On nous dit qu’elle ne se rassemblera jamais, qu’elle en est incapable… rien n’est écrit ! On nous dit que l’extrême droite est qualifiée d’office pour le second tour … rien n’est écrit ! On nous dit que François Fillon est déjà le prochain président de la république… rien n’est écrit !

Nos vies valent mieux que les pronostics !

Notre vie, c’est nous tous qui l’écrivons !

La gauche, le cœur de la gauche, c’est refuser les déterminismes, les carcans et tous les schémas préétablis…

Je veux que nous conduisions la gauche vers la VICTOIRE.

Donnez-moi cette force ! Mobilisez-vous ! Venez nombreux au mois de janvier pour choisir le destin du pays.

JE VEUX FAIRE GAGNER TOUT CE QUI NOUS RASSEMBLE !

Vive la république !

Vive la France !

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