RDC: Le maboul CSAC contre des journalistes candidats ?

La régulation des médias en RDC est un grand échec. Une régulation qui se fait au coup par coup alors qu’elle devait se faire dans un accompagnement long ! Le Maboul CSAC a perdu sa tête, d’ailleurs il en a jamais eu ! Le CSAC a donné un ultimatum de 12 jours aux journalistes candidats aux prochaines élections pour cesser toute activité journalistique.

RDC: Le maboul CSAC contre des journalistes candidats ?

Par Freddy Mulongo, Réveil FM International

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Le Maboul CSAC a perdu sa tête, d’ailleurs  il en a jamais eu ! Le CSAC a donné un ultimatum de 12 jours aux journalistes candidats aux prochaines élections pour cesser toute activité journalistique. L’annonce a été faite  jeudi 6 septembre par le fameux et incapacitaire vice-président de cette institution inique Alain Nkoyi.« Tous les journalistes candidats aux élections et les attachés de presse ont jusqu’au 19 septembre prochain pour se retirer de la presse »!

La régulation des médias en RDC est un grand échec. Une régulation qui se fait au coup par coup alors qu’elle devait se faire dans un accompagnement long ! C’est aujourd’hui que le CSAC veut se réveiller alors qu’il n’a jamais levé son petit doigt sur les dérapages de la RTNC !

Pourquoi les journalistes ne peuvent-ils pas être des candidats citoyens ? Le CSAC est une pourriture en putréfaction. Pourquoi attirer l’attention sur les journalistes candidats aux élections de décembre prochain, qu’ils ne peuvent pas être juge et parti…alors même que la RTNC, média public caporalisé par le régime fait déjà campagne pour Emmanuel Ramazani Shadary. Dans ce pays, la République démocratique du Congo, où chaque acteur politique a son journal, sa radio et télévision, on n’est pas sorti de l’auberge. Pourquoi s’en prendre uniquement aux journalistes, pas aux politicailleurs qui pilulent dans l’espace publique congolais ? Ce n’est un secret pour personne. En République démocratique du Congo, plus qu’une coquille vide le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) n’est que le clone de la monstrueuse Haute Autorité des Médias (HAM), institution qui au départ devrait être d’appui à la démocratie mais qui par son fonctionnement autocratique est devenue prédatrice de la liberté d’expression et de presse. Le CSAC n’est qu’une HAM bis. La monstruosité de cette dernière était dû au fait qu’elle faisait la régulation, l’autorégulation, les formations, les accusations des journalistes à l’Agence Nationale de Renseignement(ANR), les menaces et intimidations, les fermetures des médias, les suspensions des journalistes….Alors qu’elle Elle devrait se limiter à la régulation tout en laissant aux organisations professionnelles de faire leur boulot. Interdire aux journalistes de penser, dire et écrire librement comme voulait « Momo » Modeste Mutinga Mutuishayi et ses acolytes autocrates de la HAM est une dérive totalitaire inacceptable.

« Les pires sont les médias des candidats, qui continuent à déraper et attisent les tensions », témoignait au début du mois d’octobre 2006, « Momo » Modeste Mutinga Mutuishayi, président de la fameuse HAM. Digital Congo, Canal Congo TV (CCTV) et Canal Kin TV (CKTV) sont pointées du doigt comme les principaux vecteurs d’appels « à la haine tribale » et « d’apologie de la congolité » déclarait « Momo » Modeste Mutinga Mutuishayi, le pitbull de la HAM dans le journal The Post. Oubliant consciemment de dire dans cette fameuse interview, qu’il s’était lui-même octroyé Radio 7 et Télé 7, tout en étant Président d’une instance de régulation. Et qu’il passait ses matinées à son journal Le Potentiel !

Et pourtant, Institution d’appui à la démocratie, la Haute Autorité des Médias était censé être l’instance nationale de régulation des médias en République Démocratique du Congo, conformément à l’article 155 de la Constitution de la transition.

Au début des années 80 une dynamique nouvelle a vu le jour dans le monde de la presse congolaise, avec une floraison des titres des journaux et une ouverture de l’espace audiovisuel aux initiatives privées.

L’autopsie de la presse congolaise faite successivement, à la Conférence Nationale Souveraine, aux Etats- Généraux de la Communication et au Dialogue Intercongolais à Sun-City, avait recommandé l’institution d’une instance de régulation devant veiller au pluralisme, à la neutralité, à l’indépendance et au professionnalisme des médias. Au lieu d’être arbitre, la Haute Autorité des Médias  (HAM) s’était transformée en instance de répression, travaillant avec l’ANR pour réprimer des journalistes.

La Haute Autorité des Médias avait pour mission et ce sont les mêmes missions du maboul CSAC :

– de garantir le droit du citoyen à une information objective et fiable, de l’égalité et de l’équité des médias publics et privé vis-à-vis des forces politiques et sociales, et de veiller à la diffusion dans les médias de la culture de la paix, de la démocratie, et des informations favorisant le développement socio-économique ;

– de veiller au respect de la loi sur les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo et d’amener la presse à observer son propre code d’éthique et de déontologie ;

– de conseiller le Gouvernement par des avis techniques à priori et/ou à posteriori sur les matières concernant les médias audiovisuels, notamment dans l’attribution des fréquences, et s’assurer du respect des cahiers des charges par les opérateurs du secteur ;

– de mener, en cas de conflit, des actions de médiation entre les différents protagonistes intéressés et intervenants dans le domaine des médias ;

– d’émettre des avis sur les projets ou propositions de loi relatif à la presse et aux Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et veille à la qualité des productions du secteur.

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La Tour administrative de la RTNC qui abrite le siège du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et Communication (CSAC) drapée dans une publicité qui vante les 5 chantiers de Joseph Kabila à Kinshasa-Lingwala

Les missions ont été foulées aux pieds par « Momo » Modeste Mutinga Mutuishayi et son équipe mafieuse. Pour son ventre et ses intérêts personnels, Modeste Mutinga Mutuishayi, mammouth-joséphiste s’est même autorisé de priver les congolais d’un débat démocratique inscrit dans la Constitution qui devrait opposer Joseph Kabila et Jean Pierre Bemba. En récompense de son infamie, il a été nommé par Alias Joseph Kabila comme Rapporteur au Sénat ! Il est sénateur à vie !

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