10 Questions à Salomon Valaka, journaliste Online et analyste politique

Brillant et humble, Salomon Valaka est en "Toute simplicité", l'une des têtes pensantes de nos foras. Journaliste online, analyste, Salomon Valaka fait partie de l'intelligentsia congolaise au sein de sa diaspora. Auteur des deux ouvrages: The Last words (The Conagra-Garner Plant Associates' Life lines days prior the shutdown...et Congolese Community of Raleigh: Yesterday, Today and Beyond. 2Tomes

10 Questions à Salomon Valaka, journaliste Online et analyste politique

Par Freddy Mulongo, dimanche 8 octobre 2017  Radio Réveil FM International 

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Salomon Valaka, journaliste Online et analyste politique

Brillant et humble, Salomon Valaka est en "Toute simplicité", l'une des têtes pensantes de nos foras. Journaliste online, analyste, Salomon Valaka fait partie de l'intelligentsia congolaise au sein de sa diaspora. Auteur des deux ouvrages: The Last words (The Conagra-Garner Plant Associates' Life lines days prior the shutdown...et Congolese Community of Raleigh: Yesterday, Today and Beyond. 2 Tomes en Français (372 pages), en Anglais (364 pages). L'histoire des immigrants Congolais depuis l'arrivée, en 1968 d'Esaïe Mulongo jusqu'à ce jour. Il a sur son compteur plus de 300 articles. Salomon Valaka a gentiment répondu à nos 10 Questions.

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1. Réveil FM International: Le débauchage politique est devenu un sport national avec le régime d'imposture d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. Les débauchés et traverseurs de rue se ramassent à la pelle dans la classe politique congolaise, pourquoi les politicailleurs succombent-ils très facilement à la tentation ?

Salomon Valaka: Nous parlons ou nous évoquons ici la corruption en tant que instrument d'affaiblir les volontés humaines. Le fléau fut instauré comme institution dans le système politique congolais depuis les premières années du règne de Mobutu et donc ne commence pas avec Joseph Kabila. En bon élève inscrit dans l'école dictatoriale, Joseph Kabila suit, à la ligne et les traces de Mobutu. Non seulement il a suivi à la lettre mais le régime de Kabila a rendu ce fléau incommensurable. Qui entourent et servent le régime de Joseph Kabila ? N'est-ce pas les mêmes Mobutistes qui avaient mis par terre l'ex-Zaïre aujourd'hui la République démocratique du Congo ?

Observez, par exemple, le poste de "Premier ministre." Il est devenu un poste à vendre aux opposants les plus en vue pour mieux les faire taire mais aussi pour diviser les opposants. Ceux qui sont nommés à ce poste ne sont pas là pour servir le peuple mais pour prolonger la vie d'une présidence en état comateuse au même moment que cela permet au Premier ministre ambulant de se créer un nid financier susceptible de garantir sa vie. Tous ces personnages (Antoine Gizenga, Adolphe Mozito, Louis Koyagialo, Augustin Matata Mponyo, Samy Badibanga, et le dernier, Bruno Tshibala) sont animés d'un seul objectif: s'enrichir avant que ce la soit trop tard. Certains d'entre eux n'ont servi que quelques mois. Que peut-on accomplir en quelques mois?

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Joseph Olengankoy et Bruno Tshibala, deux politicailleurs ventriotes devenus plus Joséphistes qu'Alias Joseph Kabila

La classe politique est composée, ainsi, des débauchés politiques. Apparemment bien instruits, ces débauchées ont accepté de vendre leur science et leur conscience pour des avantages:espèces sonnantes et trébuchantes, biens immobiliers, embauche et recommandation de siens dans des ministères, immunité dans les vols de biens de l'Etat... Aujourd'hui, certains intellectuels congolais, spécialement ceux qui servent dans le système kabiliste sont prêts à vendre leurs propres parents rien que pour maintenir Joseph Kabila au pouvoir et profiter de la situation catastrophique qui est devenue la misère du Congo. Ceci est la triste vérité.

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Salomon Valaka, journaliste Online et analyste politique

2. Réveil FM International: Les acteurs politiques congolais n'écrivent pas leur mémoire. Le cas le plus patent est le Sphinx de Limeté est Etienne Tshisekedi, opposant sous Mobutu, sous Laurent-Désiré Kabila sans un ou plusieurs ouvrages signé (s) de son nom... Tant que les lapins n’auront pas d’historien, l’histoire sera racontée par les chasseurs n'est-ce-pas ?

Salomon Valaka: En l'an 2014 nous avions publié un article intitulé "Congo/Kinshasa: Les "Témoins de l'histoire qui ignorent la puissance de l'écriture." Voici, entre autre, le centre de notre argumentation:

" Au Congo, le spectre du "vieil homme" pèse lourdement sur les têtes des jeunes penseurs qui tentent de reconstruire l'histoire. Ils retracent les péripéties de l'histoire mouvementée du Congo, la commentant, la disséquant mais parfois la torpillant, dans le processus, commettant ainsi des erreurs monumentales ou alors suscitant d'autres questions pertinentes alors que leurs brillantes thèses étaient supposées apporter une définitive lumière sur le sujet évoqué ou le thème développé.

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Etienne Tshisekedi et Mobutu Sese Seko au Cap Saint-Martin dans le sud de la France

Parmi les questions d'actualité qui nous tourmentent toujours, et ceci malgré le poids de l'histoire, est celle, entre autre, de savoir si le discours d'Emery Patrice Lumumba sur l'avenir de l'histoire politique du Congo se justifiait d'être lu en ce jour fatidique du 30 juin 1960. Les avis sont toujours partagés sur le moment choisi par Lumumba pour déclarer ce qu'il avait soutenu ce 30 juin 1960, juste après le discours du Roi Beaudouin, suivi par celui du Président Kasa-Vubu. Pour les uns, le temps fut mal choisi pour ce genre de discours, pour les autres, il fallait dénoncer les méfaits de la colonisation.

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Patrice Emery Lumumba

Il y a d'autres points sombres de notre histoire: les réelles circonstances sur la mort de ce grand homme politique, Patrice E. Lumumba, la pendaison des quatre Conjurés de la Pentecôte. Pourquoi cet événement, était-il vraiment nécessaire, qu'est c'était-il passé au juste?

Nous avions reçu des réponses à toutes questions mais l'ombre de doute persiste toujours. Voilà pourquoi le témoignage de certains personnages est plus qu'important. Ils sont encore vivants mais courbés par le poids de l'âge: Mbuta Gizenga, Justin-Marie Bomboko, Dr. Tshisekedi. Le témoignage de certains autres personnages comme Kengo Wa Dongo, Maitre Kamanda wa Kamanda, Maitre Nimi Mayidika Ngimbi et tant bien d'autres, seront aussi les biens venus."

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Etienne Tshisekedi et Mobutu Sese Seko au Mont-Ngaliema à Kinshasa

C'est un article inspiré par ma rencontre avec Mr. Etienne Tshisekedi lors de son passage dans notre ville le 10 octobre 2011 alors qu'il battait sa campagne pour la présidence de la RDC. Je lui avais proposé ce qui suit: "Dr. Tshisekedi, le monde a besoin de vos mémoires. Je suis prêt de m'asseoir avec vous pour ce grand œuvre pour sa publication." Il me regarda tout droit dans les yeux et me dit: "Très intéressant, Valaka. On en parlera..." Puis plus rien.

Aujourd'hui des têtes historiques comme Patrice Emery Lumumba, le Maréchal Mobutu, Etienne Tshisekedi, Kengo wa Dongo et tant bien d'autres figures politiques ci-haut citées quittent la scène politique, puis disparaissent dans les méandres les plus sombres de l'histoire sans avoir publié leurs mémoires. La conséquence est que, comme vous l'affirmer, ce sont les autres qui écrivent leur histoire. Mais comme vous dites, " Tant que les lapins n’auront pas d’historien, l’histoire sera racontée par les chasseurs." L'écriture n'est donc pas simplement un élément clé de notre culture tant il est vrai que les Congolais en particulier et les Noirs en général ne lisent pas.

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M'zée Laurent-Désiré Kabila

Mais il y a aussi, une autre raison qui justifie le refus de pouvoir publier des mémoires: C'est la peur de l'auto-condamnation. En rédigeant leurs mémoires, ces figures politiques seront obligées de dévoiler certains secrets, certaines vérités sombres de leurs vies politiques; secrets et vérités dont ils seront contraints de divulguer. De là le refus. Imaginons seulement un seul instant si Mobutu aurait dévoilé son cœur en laissant des tomes sur sa pensée politique et parler de sa gestion politique du pays.

3. Réveil FM International: Les partis politiques congolais n'ont de culture politique ni programme d'accession au pouvoir, rares sont ceux qui ont des assemblées générales...Samy Bandibanga, l'affairiste et Bruno Tshibala, celui qui tâtonne, tous les deux successivement "Premier Ministre" du régime, tous les deux de l'Udps est-ce-que c'est normal ?

Salomon Valaka: Dans bien des cas, ce qui est défini comme partis politiques sont des pensées uniques et privées des individus qui les caractérisent. Une fois ces individus partis ou disparaissent pour des raisons variées, ces partis politiques cessent également leur existence. Rares sont ceux qui disposent des projets des sociétés et rares également sont ceux qui disposent des bases comme ce fut dans le temps. Aujourd'hui ces partis et leurs leaders trouvent leurs bases dans les médias sociaux qui peuvent les aider à atteindre certains coins ou une certaine masse ayant accès à l'internet. Sont-ils des candidats viables? Personne n'est sur. Peuvent-ils diriger le pays? S'ils sont incapables d'asseoir leurs partis, comment vont-ils diriger toute une nation?

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Etats-Unis, 7 février 2017, Salomon Valaka et Martin Fayulu, le soldat du peuple, à Charlotte, Caroline du Nord.

L'UDPS est ce rare parti qui a survécu à toutes les intempéries politiques au Congo. En vrai parti politique, le régime en place sait que diviser l'UDPS c'est affaiblir l'opposition républicaine. De là les astuces de Kabila de vouloir toujours choisir le premier ministre dans le cercle politique de l'UDPS. L'objectif est d'affaiblir ce parti, si pas le diviser. Je serai curieux de savoir s'il existe encore un courant de collaboration entre Samy Bandibanga et l'affairiste, Bruno Tshibala, entre les deux et Félix Tshilombo qui a totalement oublié les obsèques de son père pour se consacrer à réaliser son rêve de Chef de l'Etat. Je suis aussi curieux de savoir si ce denier ne va pas par finir de devenir "Premier Ministre" de Joseph Kabila. Il n'y a qu'au Congo où de telles balivernes sont possibles.

Nous venons de le dire plus haut: le poste de "Premier Ministre" est devenu une denrée à vendre, mais aussi une poste à diviser les opposants. Aujourd'hui le premier ministre n'est pas là pour diriger ou réaliser une action gouvernementale mais plutôt un valet de celui qui dirige le Congo par défi.

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4. Réveil FM International: Dans moins de trois moins, c'est la fin du glissement de l'accord de la Saint-Sylvestre. Que risque-t-on d'arriver ? Dans un pays normal, la Constitution n'est-il pas au dessus d'un accord particulier des politicailleurs sans mandat du peuple ?

Salomon Valaka: Ma lecture sur la situation politique actuelle est simple: la classe politique sous l'opposition républicaine a été totalement naïve en acceptant le dialogue à la fin du mandat constitutionnel de Kabila. Nous avions fait savoir notre position (On ne doit pas cajoler une dictature, on ne négocie pas avec un dictateur...); des analyses de fond publiées en leur temps. La présidence de la république tout comme le l'Assemblée nationale étaient devenues toutes les deux des institutions illégales en décembre 2016. Le fait d'avoir accepté le dialogue a, non seulement légalisé la fraude de celui qui, expressément, n'a pas voulu organiser les élections pour se maintenir au pouvoir, mais aussi favorisé le glissement. Demeurer au pouvoir est la stratégie de Kabila. S'y maintenir c'est ce qui justifie les crises politiques.

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C'est ici que nous appuyions l'argument d'Honoré Ngbanda. Si les Congolais savent que Joseph Kabila n'est pas un Congolais pourquoi l'on devra continuer à compter sur un imposteur pour organiser les élections? Si nous sommes d'accord que le Congo vit sous la dictature, comment vouloir accepter qu'un dictateur organise les élections quand on sait qu'en Afrique, tout dictateur n'organise rarement les élections pour les perdre. Les Congolais sont embourbés sous une fausse démocratie alors que le pays vit réellement sous une dictature.

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Ce qui va arriver à la fin du glissement de l'accord de la Saint-Sylvestre? Rien! Quelques jeunes vont marcher sur les rues de Kinshasa, exprimant leur mécontentement et ils seront vite anéantis par une police meurtrière. Nous aurons quelques morts. Mais les politiciens, eux, resteront docilement chez eux. Certains candidats présidentiels qui se pavanent à l'étranger (USA, Europe) seront également en toute sécurité chez eux chez eux, tout comme ceux qui sont sur place à Kinshasa. Ils pourront même faire des déclarations bien entourés de leurs quatre murs. Joseph Kabila, quant à lui, a compris le jeu: le chien aboi, la caravane passe. A moins que ceux qui ont placé Kabila au pouvoir décident que le temps pour lui de partir est arrivé. Tout cela parce que nous les Congolais ne savons pas encore que la liberté ne se donne pas sur un plateau d'argent. Il faut parfois l'arracher. Nous ne sommes pas encore arrivés à ce niveau.

5. Réveil FM International: Avec une classe politique médiocre, roublarde et fourbe, une population chosifiée et clochardisée à outrance, comment faire en sorte que la démocratie puisse s'enraciner dans notre nation ?

Salomon Valaka: : Nous sommes entrain de rédiger un essai sur la responsabilité de la classe intellectuelle sur la misère sous laquelle croupissent les peuples du Congo. Nous voulons bien démontrer que l'intelligentsia Congolaise d'où sort la classe politique est, en grande partie, responsable de la misère dans laquelle croupit le peuple. Observons Joseph Kabila...fouillons sa vie privée et ses origines. Il est démontré, noir sur blanc, que l'homme ne dispose d'aucun bagage intellectuel. Sa profession, avant d'entrer dans l'armée rwandaise futt celle d'un chauffeur de taxi bien qu'il existe bien des chauffeurs de Taxis intellectuels, spécialement en Europe et aux USA où nous avons des docteurs taximen à New York. Dans ma ville, nous avons des Zambiens qui connaissent Kabila et l'on vu à cette époque comme chauffeur de taxi en Tanzanie.

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La question que l'on doit se poser est celle de savoir comment la classe politique congolaise qui est supposée être composée des intellectuels du genre Evariste Boshan, Aubin Minaku, Vital Kamerhe, Kengo wa Dongo et tant bien d'autres intellectuels, tant à la présidence qu'au parlement devra se mettre à genoux devant une telle piètre figure? Et que dire des intellectuels tant au pays que dans la diaspora qui supportent ouvertement ce régime dictatorial?

La réponse est simple: Le Congolais vénère encore la culture de "moi", celle de l'individualisme. Les intérêts privés ont la préséance devant les intérêts publics. Qui doit oublier la vidéo de Zacharie Babaswe lorsqu'il se vante qu'il est dans la politique rien que pour ses intérêts propres et que si les Congolais croient que Joseph Kabila va leur développer le pays, ils se fourrent l doigt dans l'œil...La preuve c' est ce que nous vivons.

Devant une telle classe politique égoïste , que doit-on attendre de la population où les générations entières sont sacrifiées? La situation catastrophique dans laquelle vit "une population chosifiée et clochardisée à outrance" a rempli toutes les conditions d'une désobéissance publique, d'un état de révolte ou d'une révolution populaire. Kabila va tuer certains, mais lorsque les Congolais sortiront en masse tel que cela se passe, apparemment au Togo si l'on croit les mass-médias, la police va jeter les armes pour se ranger du côté peuple. Seulement, sauf un miracle, cela ne se fera pas au Congo. Ainsi, rien ne va arriver en décembre. Or, avec une telle misère, si pas aujourd'hui, quand? La question du siècle.

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6. Réveil FM International: Quelles sont d'après vous les préalables pour une transition sans Kabila ? Quel rôle pour la diaspora congolaise ? Une diaspora méprisée par le régime ...

Salomon Valaka: Si la situation des élections qui se sont passées en Angola doit nous servir de leçon et d'exemple, les préalables pour une transition sans Kabila est justement de faire en sorte que Joseph Kabila n'aie pas un pied ou une main trempée directement ou indirectement dans le processus électoral....c'est qui est presque impossible.

Le vrai préalable est de mettre en place une CENI qui ne doit pas succomber sous l'influence de Joseph Kabila. Après tout, que devrons attendre d'un président qui affirme que "je n'ai pas promis des élections en 2017...?" comme si c'est lui qui a le pouvoir de décider de la tenue des élections.

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La confusion au Congo réside sur le fait que la CENI, la police, l'armée, les services secrets, la Cour constitutionnelle, le poste de premier ministre, donc le gouvernement, l'Assemblée nationale, la presse locale ...sont toutes des institutions au service d'un seul homme, le chef de l'Etat, Joseph Kabila. Commençons par libérer toutes ces institutions de toute influence néfaste kabiliste et d'anéantir l'arme stratégique de Joseph Kabila qu'est la corruption avant d'évoque "Préalables." Seulement dans les limites que nous imposent les accords de St Sylvestre, l'on ne saura y arriver. Alors nous devons recourir au précepte du Maréchal Mobutu: "Devant l'ouragan de l'histoire, un fruit, mur ou pas mur, il tombe quand même." ce qui dit que l'on ne doit pas attendre à mettre fin à l'influence, à l'emprise que Joseph Kabila maintient vis-à-vis des institutions de la république, lesquelles sont devenues caduques et ennemies du peuple. Il DOIT partir et l'on doit trouver un moyen de le faire partir.

Tout ce que la diaspora est en mesure de réaliser aujourd'hui est de continuer à conscientiser le monde extérieur, à faire pression et continuer à exprimer son mécontentement devant les institutions occidentales ; celles mêmes qui ont placé le dictateur au sommet de l'Etat en premier lieu.

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Etats-Unis, Salomon Valaka et le Dr. Noël Tshiani Muadiamvita à Raleigh, en Caroline du Nord

7. Réveil FM International: 16 ans que le régime d'imposture a tout caporalisé: La Cour Constitutionnelle, les Fardc, l'ANR..mêmes des médias sont au service d'un individu Alias Joseph Kabila, l'incapacitaire de Kingakati, comment faire tourner la balance pour que le peuple prenne son destin en main ?

Salomon Valaka: Je crois que la réponse à cette question se trouve à la question 6. Néanmoins, je dois ajouter ce que mon fils m'as toujours dit. Ce dernier est né au Congo mais arrivé aux USA à l'âge d'un an. Il est revenu du Congo en vacances, avec sa femme et il m'a dit avoir pleuré en visite au Zoo où les Congolais s'acharnaient à monter sur le seul cheval avec un pied pourrie d'une plaie Personne, ni les gardiens, ni les visiteurs ne s'occupaient de l'animal malade. "J'ai pleuré de voir cet animal soumis à une telle corvée."

Voici ce qu'il me dit, pour répondre à votre question: "Le problème du Congo est le fait que nous avions encore dans la tête la notion du "Chef". Le pays est géré comme un village. Tout tourne au tour du chef qui a le dernier mot sur toute la vie de la république. La conséquence est que toutes les institutions sont au service du Chef. Le chef accorde les bourses, le chef fait des dons, le chef décide qui enterrer aux frais du gouvernement et qui ne pas enterrer. Le chef donne l'ordre de s'occuper de l'insalubrité. Le chef décide de nommer un tel...le chef...le chef...Cette manière de diriger anéantit touts les autres institutions qui doivent se soumettre et dont la mission devient celle de satisfaire le chef..."

Si toute institution se met au travail et tout en décentralisant ses fonctions ce sera un bon départ car en ce moment le pays sera géré non pas comme un village, mais comme un Etat avec la division nette du travail.

8. La RDC n'est-elle pas devenue la Camorra, la Mafia avec ses codes et menaces. Les ressources sont pillées, tout celui qui ose parler est assassiné ou arrêté et jeté en prison ? Avec ses frontières poreuses, le blanchissement de l'argent sale qui s'y opère, ne risque-t-elle pas de devenir un repaire des djihadistes terroristes?

Salomon Valaka: Absolument pas. Non seulement Joseph Kabila n'est dupe à ce point mais, l'homme reconnait également ses limites. Il sait et il est conscient, par exemple, des forces qui l'ont placé à la tête du pays. Il peut se donner à l'exercice de blanchir de l'argent sale...Nous en savons quelque chose: Les papiers de Panama...; mais pour Joseph Kabila de se permettre de faire du Congo un terrain fertile des djihadistes terroristes, il ne prendra jamais de telles risques. Il ne peut, non plus, se permettre de vendre publiquement l'uranium du Congo à l'Iran ou à la Corée du Nord; des actes assez téméraires qui vont signer sa mort physique dans moins de 24 heures si la CIA en possédait les preuves.

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9. Réveil FM International: On parle de 12 millions de morts congolais, pillages, viols, crimes contre l'humanité, atteintes massives de droits de l'homme, assassinats de deux experts de l'ONU dans le Kasaï malgré une présence accrue des plusieurs casques bleues de la Monusco ...mais dans tout ça c'est le silence assourdissant de la fameuse communauté internationale, qu'est-ce qui explique cette indifférence ?

Salomon Valaka: Vous savez que la communauté internationale a toujours entretenu un flou artistique en ce qui concerne l'Afrique comparée aux mêmes maux dans d'autres cieux. C'est encore nous, dans notre article intitulé "WHY CONGOLESE-AMERICAN IMMIGRANTS SHOULD NOT VOTE FOR HILLARY R. CLINTON." (Pourquoi les Congolais-Américains ne devraient pas voter pour Hillary Clinton.)

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"...Voici ce que nous avions observé:

"Before our eyes are two of the most tragic and unwanted photos related to the death of two children. The first, on the bottom, depicts the tragic end of a child running away, along with his parents, their home country of Syria, which was ravaged by the war. The Syrian refugee crisis arose as the Turkish government was in the midst of overhauling its immigration system to meet international standard. Becoming refugee in search of a country that can host them, the child was lost in the sea, only to come offshore somewhere around the coast of Europe. The photo became a media sensation. The life of the child and the plight of the Syrian refugees created a Medias circus to the point that news dominated western media’s outlet for a very long time. At the United Nations and almost around Westerns Foreign States Chancelleries and Embassies, the tragic end of the child moved many white people to tears, not only condemning the unjust war but calling for a solution. In social Medias (Facebook, Tweeter, Instagram…) the photo is a sensation, being copied, reposted, forwarded, shared, downloaded at will by a multitude of people.

The second photo, on the top, depict also a child who was life was ended in one of the most barbarian way. The scene took place in Eastern region of Congo in Beni where human dignity has lost its total value. As people in that region can testify, none of the villagers is protected anymore. Women, men, boys, girls, children are unwillingly facing machetes, ax, hatchets and rape as weapons of an unjust and barbarian war unfolding before them. Like in a horror movie, scenes of human life destruction are being repeated on daily basis. This is the Democratic (sic) Republic of Congo. This is the Eastern rich region of Kivu, a long coveted area by multinationals corporations because of its scandalous natural resources wealth.

So, as that white boy whose body came offshore, children of the same age are being mutilated by hundreds. Curiously, all Medias around the world have kept quiet. No one wants to see and nobody wants to talk about it. In Congo, all Medias outlet have kept silent. The president of Congo, Joseph Kabila, the governments agencies, the United Nations army sent in the region to keep peace…all have their mouth shuts, their eyes closed so much that no one knows why this situation is not reported..."

Tout ceci pour confirmer que l'Occident ne réagit que lorsque ses intérêts sont menacés. Dans le cas du Congo, Kabila tue, pourra tuer davantage. Mais aussi longtemps qu'il accompli le travail pour lequel il a été placé à la tête du pays, c'est-à-dire jouer le rôle du cheval de Troie sur les richesses du Congo, l'Occident fermera toujours les yeux car leurs intérêts ne sont pas forcement les intérêts du peuple sous la domination. La preuve est que l'on ne sait vraiment pas le rôle que joue l'ONU au Congo.

Sous son œil complaisant, on tue, on viole et on vole. On tue tellement que même ses deux experts ont subi le sort de la sauvagerie. Brusquement, l'ONU doit se réveiller et demander une enquête, simplement par ce que ses hommes sont dans le viseur de Kabila, simplement parce que les intérêts occidentaux ont été, cette fois, violés.

"Devant nos yeux e trouvent deux des photos les plus tragiques et indésirables liées à la mort de deux enfants.

Le première, en bas, représente la fin tragique d'un enfant qui s'enfuit, avec ses parents, leur pays d'origine de la Syrie; pays qui a été ravagé par la guerre. La crise des réfugiés syriens s'est produite alors que le gouvernement turc était en train de réviser son système d'immigration afin de se souscrire aux normes internationales. Devenir réfugié à la recherche d'un pays qui peut les accueillir, l'enfant a été perdu dans la mer, seulement pour venir échouer quelque part sur la côte d'Europe.

La photo était devenue une sensation médiatique. La vie de l'enfant et le sort des réfugiés syriens ont créé un cirque des Medias au point que les nouvelles ont dominé les médias occidentaux pour très longtemps. Aux Nations Unies et presque dans toutes les chancelleries et ambassades des États occidentaux, la fin tragique de l'enfant avait suscité des pleurs de l'être blanc non seulement en condamnant 'injuste guerre mais aussi réclamant une solution durable à la crise. Dans les médias sociaux (Facebook, Tweeter, Instagram ...), la photo était devenue une sensation. Elle était copiée, postée, répostée, transmise, partagée, téléchargée à volonté par une multitude de personnes.

La deuxième photo, en haut, représente aussi un enfant dont la vie s'est éteinte à travers l'un des moyens les plus barbares. La scène a eu lieu dans la région orientale du Congo à Beni où la dignité humaine a perdu sa valeur totale. Comme les gens de cette région peuvent témoigner, aucun des villageois n'est plus protégé. Les femmes, les hommes, les garçons, les filles, les enfants font face à des machettes, des haches, et des viols comme des armes d'une guerre injuste et barbare qui se déroule devant eux. Comme dans un film d'horreur, des scènes de destruction de la vie humaine se répètent quotidiennement. C'est la République démocratique du Congo. C'est la région orientale du Kivu, une zone riche longtemps convoitée par les sociétés multinationales en raison de sa richesse scandaleuse en ressources naturelles.

Ainsi, comme garçon blanc dont le corps est venu échouer sur la côte européenne, les enfants du même âge sont mutilés par des centaines. Curieusement, tous les médias du monde ont gardé un silence benoit. Personne ne voulait voir et personne ne voulait en parler. Au Congo, tous les médias ont gardé le silence. Le président du Congo, Joseph Kabila, les organismes gouvernementaux, l'armée des Nations Unies envoyé dans la région pour sécuriser la paix ... tous avaient eu la bouche fermée, les yeux fermés au point que personne ne saura pourquoi cette situation catastrophique dans le Kivu n'avait jamais été reportée ... "

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10. Réveil FM International: Après avoir fait du génocide des tutsi au Rwanda, un fonds de commerce au niveau international, voilà que Paul Kagame, un tutsi qui, pour asseoir sa dictature tyrannique, emprisonne une opposante Diane Rigwara, une Tutsi. Tout ceci n'est-il un tournant dans l'histoire du Rwanda où les Tutsi victimes de génocide se bouffent le nez entre eux ? Pour Paul Kagamé n'est-il pas inquiétant de se battre avec une femme qui a 24 ans d'âge de moins que le dictateur ?

Salomon Valaka: Devant la Tutsi Diane Rigwara qui lui tient tête, Paul Kagame doit démontrer les qualités d'un chef en même temps il devra trouver un moyen de maitriser, au besoin, d'anéantir la jeune opposante. Paul Kagame ne peut admettre qu'un opposant, une femme de surcroit, l'expose comme un tyran. Dès lors, l'homme s'emploi au principe du plus fort en voulant maitriser, au besoin, éliminer une opposante gênante, celle qui a dévoilé les points faibles du dictateur qu'il est.

Cherchant à écarter politiquement, voire physiquement Diane Rigwara, Paul Kagame espère atteindre deux buts: démontrer devant la face du paysage politique rwandais qu'il demeure encore l'homme le plus fort, mais aussi sa coriacité qui semble envoyer un message qu'il ne reculera devant rien, même s'il faut faire taire une jeune femme, 24 ans de mois que son âge. Rappelons-nous que Paul Kagame avait déjà essayé en publiant des photos exposant totalement la nudité de la jeune femme. Il avait cru de l'intimider et la faire disparaitre. La stratégie avait échoué. Cette fois ci l'homme fort du Rwanda risque d'aller jusqu'au bout.

Or pour lui d'aller en guerre contre une jeune femme, capable d'être sa fille l'expose comme un macho souffrant tout autant d'un complexe d'infériorité. D'une manière ou d'une autre, Diane Rigwara est devenue gênante. Sa vie ne vaut plus son pesant d'or. L'un de ces jours son corps sera retrouvé dans un dépotoir de la ville.

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