CPI: Lettre ouverte d'une Congolaise à Madame Fatou Bensouda la Procureure !

C'est une femme congolaise qui prend la peine d'écrire une lettre ouverte à Madame Fatou Bensouda, la Procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) sur la situation chaotique en République démocratique du Congo. Huguette Walo Olela est l'une des combattantes de la liberté pour le Congo. En Suisse, Zurich est connu pour être le bastion des Congolais Anti-Kabila.

CPI: Lettre ouverte d'une Congolaise à Madame Fatou Bensouda la Procureure !

Par Freddy Mulongo, dimanche 8 juillet 2018  Radio Réveil FM International 

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Huguette Walo Olela à Helvetiaplatz à Zurich lors d'une marche Anti-Kabila

C'est une femme congolaise qui prend la peine d'écrire une lettre ouverte à Madame Fatou Bensouda, la Procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) sur la situation chaotique en République démocratique du Congo. Huguette Walo Olela est l'une des combattantes de la liberté pour le Congo. En Suisse, Zurich est connu pour être le bastion des Congolais Anti-Kabila. Le Collectif des Congolais de la Suisse avec : Jean Claude kalala Muayika, Bienvenu Silulundi, Achille Ibula... est très actif !

Les actions menées par Kabila et sa bande depuis bientôt quatre ans relèvent bien du génocide dans le sens qu’il y a eu intention délibérée d’élimination d’une catégorie de la population. Ce dernier devait partir fin décembre 2016 mais il n'a qu'un seul but conserver le pouvoir par tous les moyens.

Objet : La CPI doit émettre rapidement un mandat d’arrêt contre le Président sanguinaire, hors mandant, Joseph Kabila.

Madame la Procureure,

Je vous écris aujourd’hui pour exprimer, une fois encore, ma profonde préoccupation devant la détérioration alarmante de la situation des droits de l'Homme en République Démocratique du Congo. Si je vous écris, c’est à la suite de vos paroles que j’ai écoutées il y a deux ans à la radio Okapi, Je cite :" Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité".

On en est où avec toutes ces belles promesses ?

Vous le savez très bien que depuis l’expiration du second mandat de l'imposteur Joseph Kabila, en décembre 2016, le président hors mandat et son régime multiplient les stratégies machiavéliques, y compris criminels, pour tenter de conserver le pouvoir. Les massacres perpétués ces derniers mois placent le curseur encore plus haut dans l’échelle des violences auxquelles ce pays est accoutumé. On évalue à plus de huit millions le nombre de victimes et de morts en RD du Congo en vingt-ans. Ce chiffre est le plus important depuis la seconde guerre mondiale, mais qui le connaît et en parle dans les médiaux mondiaux ?

Un horrible génocide passe sous un silence médiatique le plus scandaleux. Des tueries de masse, Des hommes émasculés, d’exécutions sommaires de civils, des femmes violées, des fœtus extraits et découpés à la machette…

Un voyou certes, mais aussi un tueur en série, Hyppolyte Kanambe alias "Joseph Kabila", usurpateur d'identité, imposteur et cheval de Troie Rwandais au Congo. Il s’est armé jusqu’aux dents et ne compte pas quitter le pouvoir et applique une politique de terreur pour exterminer tout un peuple.

Du 19 au 22 janvier 2015, Le gouvernement de la République démocratique du Congo a eu recours à une force illégale et excessive pour réprimer les manifestations qui ont eu lieu dans le pays. Les manifestants protestaient contre le projet visant à modifier la loi électorale, dont de nombreux Congolais estimaient qu’il permettrait au président l'imposteur Hyppolyte Kanambe de rester en fonction au-delà de la limite de deux mandats consécutifs que lui impose la constitution.

Les corps découverts dans cette charnière sont des victimes d’exécutions sommaires ou de disparitions forcées aux mains des forces de sécurité congolaises lors de manifestations de janvier 2015, ainsi que lors de l’« Opération Likofi », lancée par la police contre soi- disant les gangs appelés Kuluna.

En effet, lors de ces deux opérations, les forces de sécurité avaient emporté des corps de certaines personnes tuées, sans jamais les rendre à leurs familles pour être enterrés.

Le 19 janvier 2015, des manifestations contre la révision de la loi électorale avaient été suivies de répressions. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées.

Le 31 décembre 2017, Les forces de sécurité congolaises ont tiré à balles réelles et employé des gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques dans des églises catholiques de Kinshasa et d’autres villes du pays , tuant au moins huit personnes et blessant des dizaines d’autres.

Le 21 janvier 2018, Les marches de protestation ont connu une autre tournure. A l’appel du comité laïc de coordination, ils étaient des millions à battre les pavés dans de grandes villes du pays. Les marches ont été réprimées dans le sang. Quinze personnes ont été tuées à Kinshasa à la sortie des églises par les forces de sécurité.

Le 25 février 2018, à la sortie des messes, à l'appel du Comité laïc de coordination, les marches ont été violemment dispersées par les forces de l'ordre à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays par des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. Le bilan est lourd, l'arithmétique se poursuit dans une impunité totale. Depuis le mois de décembre dernier, les forces de sécurité ont battu un triste record en tirant dans l'enceinte des églises pour interrompre les services religieux et empêcher des manifestations pacifiques après la messe dominicale.

Si les Congolais et les partenaires de la RDC sont inquiets, ce n’est pas le cas du régime de Kinshasa, qui s’obstine à conserver le pouvoir par tous les moyens.

Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc

Les massacres planifiés au grand Kasaï pourraient constituer des crimes contre l’humanité et ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays : Le chaos plutôt que l’alternance.

A jamais, Kabila coule le bain de sang.

Madame la Procureure,

C’est avec beaucoup de chagrin, indignation et révolte que j'ai appris la mort cruelle, dans la nuit du 09 au 10 juin 2018, du camarade Luc Nkulula du Mouvement de la Lutte pour le Changement (LUCHA), brûlé vif dans son domicile à GOMA à l’âge de 33 ans.

Face à la détermination de Luc Nkulula et de ses camarades de voir, au péril de leur vie, Kabila quitter le pouvoir, il ne restait plus donc d’autres options pour ces fous du pouvoir que de passer à l’élimination physique. Avec ce crime odieux, le régime du dictateur Kabila a encore fait une victime de plus dans les rangs de ceux qui se battent.

Face à cette cruauté et ce mépris pour les droits humains et le droit à la vie qui est chaque jour grandissant en RDC contre sa dictature, sa gouvernance chaotique et son projet de Balkanisation de la République Démocratique du Congo. Kabila est un tyran sanguinaire qui ne se soucie pas de la valeur de la vie tant qu’il peut atteindre ses motivations égoïstes de domination, de puissance et d’immortalité. Les éventuels opposants sont avertis. L'imposteur règne en despote et n'hésitera devant rien pour se maintenir au pouvoir.

Quelle sauvagerie ? Quelle lâcheté que d’assassiner un jeune homme de 33 ans qui était plein d’avenir et plein de promesses pour le Congo et le continent africain ! Le tyran sanguinaire est prêt à tout brûler pour rester éternellement au pouvoir.

Je cite : Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité.

Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc.

Massacres planifiés qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité et qui ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays.

Les actions menées par le pouvoir d'occupation ont engendré un climat de chaos de nature non seulement à compromettre le processus électoral mais aussi à menacer durablement la sécurité dans plusieurs provinces.

Il s’appesantit principalement sur les crimes commis dans les provinces du Grand Kasaï depuis la mi-2016, l’une des pires crises des droits humains dans le monde.

L’article 6 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale stipule que le génocide désigne l’un des actes suivants commis dans l’intention de détruire, totalement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux :

(a) Tuer les membres du groupe ;

(b) Causer des dommages physiques ou mentaux graves aux membres du groupe ;

(c) Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour provoquer sa destruction physique, totale ou partielle.

Kabila ignore le droit international, la Charte des Nations unies et le Statut de Rome, il est nécessaire qu’une enquête soit menée par votre bureau pour examiner les preuves et intenter des poursuites en son encontre tant qu’il y a des preuves.

Madame la Procureure,

La CPI est une cour permanente ayant pour mandat de juger des individus présumés responsables des crimes les plus graves : le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Selon l’article 27 du Statut de la CPI, la qualité officielle de chef d’Etat ou de gouvernement ainsi que les immunités qui peuvent s’attacher à une telle qualité n’exonèrent pas, de poursuites pénales.

Kabila est à la tête d’un système d’impunité bien enraciné dans lequel ceux qui sont les plus responsables de violations sont régulièrement récompensés par des postes, des richesses et des pouvoirs. Les forces de sécurité congolaises ont engagé ou orchestré une grande partie des violences, dans certains cas en formant ou en soutenant des groupes armés locaux. Les efforts pour semer la violence et l’instabilité sont une « stratégie du chaos » apparemment délibérée ayant pour but de justifier des retards supplémentaires pour les élections.

Madame la Procureure,

Après beaucoup d'effusion de sang et des années de répression brutale – avant et après l’échéance du 19 décembre 2016, qui a marqué la fin du deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution de l'imposteur et l'usurpateur alias " Joseph Kabila".

Dites-nous, Mme la Procureure, ce qui manque pour que cette tragédie figure dans les actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de votre Cour ?

Notre responsabilité humaine nous demande précisément de restaurer l’humanité lorsque le mal a marqué d’un sceau ineffaçable parfois un peuple entier. Quelle justice pour un peuple meurtri par des crimes contre l’humanité ?

Après l’Holocauste, le Rwanda et Srebrenica, nous avions déclaré « plus jamais ». Nous avons davantage que des mots : nous devons aller de l’avant. Ceci est mon appel pour agir. Je tiens à rappeler que la CPI est une institution judiciaire indépendante, dotée d’un mandat judiciaire et créée pour mettre fin à l’impunité, afin d’éviter que les crimes internationaux les plus graves ne restent impunis, et pour contribuer à prévenir la commission de ces crimes à l’avenir.

 

Madame la Procureure,

Il faudra trouver un équilibre entre les privilèges et immunités des chefs d'Etat et la nécessité de faire respecter le droit international dans ce qu’il a de plus fondamental : rendre justice aux victimes.

Dans l'espoir que le cri de tout un peuple aura la susceptibilité de retenir votre aimable attention.

Je vous prie d'agréer, Madame la procureure, l'expression de ma plus haute considération.

Adliswil, le 22 juin 2018

Huguette Walo Olela

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