Paris, la ville lumière: La lutte est féminine pour les municipales 2020 !

Pendant qu'en République démocratique du Congo, la journée de la femme du 8 mars se limite au port de la pagne...aucune femme magistrate n'a été promue dans le remaniement de l'appareil judiciaire par le phallocrate Tshilombo. A Paris, pour les municipales, la lutte est féminine et sans merci entre Anne Hidalgo qui veut rempiler, Rachida Dati et Agnès Buzyn. Les femmes se battent pour ...

Paris, la ville lumière: La lutte est féminine pour les municipales 2020 !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

A Paris, Nicolas Sarkozy adoube Rachida Dati. La candidate LR a reçu le soutien très symbolique de l'ancien chef de l'Etat, lors d'un meeting qui a réuni hier soir , quelques 900 militants et sympathisants de droite se sont installés sur des sièges jaunes de la salle Gaveau, dans le très cousu VIIè arrondissement.

Anne Hidalgo et David Belliard ont fait le choix d'annuler leurs meetings respectifs pour éviter les risques de contagion du Coronavirus. L'équipe de Rachida Dati a maintenu le sien, en abaissant le nombre d'invités juste au dessous du seuil limite de 1000 personnes. "irresponsable" selon ses adversaires, courageux pour ses supporteurs.

Benjamin Griveaux étant hors course et Cédric Villani sans réel espoir de l’emporter, la bataille pour l’Hôtel de Ville se disputera entre trois femmes, Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn. Chacune ayant ses forces et ses faiblesses, le combat promet d’être rude, analyse le quotidien suisse Le Temps.

Elles sont désormais trois à se disputer le trône municipal de la capitale française. En choisissant la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui a démissionné du gouvernement , comme candidate à la mairie de Paris pour remplacer Benjamin Griveaux, le parti présidentiel français La République en marche a confirmé une bataille de femmes pour l’Hôtel de Ville.

Difficile, dès lors, pour le député mathématicien macronien et dissident Cédric Villani d’exister, malgré sa popularité.

C’est entre la maire socialiste sortante Anne Hidalgo, son opposante de droite fort résolue Rachida Dati et la nouvelle candidate LREM que le scrutin devrait se jouer, selon les sondages. Avec une inconnue de taille dans ce scrutin de liste par arrondissements, qui se termine ensuite par l’élection du maire lors d’un troisième tour au Conseil de Paris : combien pèsera dans les urnes le souvenir de l’élection présidentielle de mai 2017, qui avait vu Emmanuel Macron rafler 90 % des voix dans la capitale, face à Marine Le Pen ?

Pour le parti présidentiel soumis à de sérieuses convulsions après le choc provoqué par la diffusion, la semaine dernière, d’une vidéo sexuelle de son candidat parisien démissionnaire Benjamin Griveaux, Agnès Buzyn, 57 ans, est un choix à double face.

Côté pile, l’ex-ministre de la Santé, Parisienne de naissance et d’éducation, médecin hématologue, ancienne belle-fille de cette grande dame politique française que fut Simone Veil (décédée le 30 juin 2017), coche toutes les cases des bons réseaux dans une métropole où les alliances entre groupes politiques, voire les débauchages individuels de conseillers élus, après le scrutin, feront l’élection du nouveau maire de Paris.

Côté face, Durant son mandat, la maire de Paris a transformé la capitale, faisant plus de place aux piétons, aux vélos et aux mobilités douces. Une politique qui suscite l’ire des automobilistes, sans satisfaire complètement les Verts, note The New York Times.

Dans tout Paris, des rues ont été éventrées et coupées en deux, et les pavés arrachés pour aménager des dizaines de kilomètres de pistes cyclables. Un grand axe urbain [les voies sur berges] a été fermé à la circulation et “piétonnisé”. La ville et sa maire Anne Hidalgo sont résolument mobilisées face à l’urgence climatique.

Cet été, la canicule a chassé les Parisiens des rues, préfigurant peut-être un sombre avenir. Cette vague de chaleur a levé les derniers doutes dans l’esprit d’Hidalgo, si elle en avait encore : le changement climatique est bel et bien là.

Réinventer le paysage urbain

Avant même les températures record de juillet – le mercure est monté jusqu’à 42 °C –, Hidalgo s’est employée durant les cinq années de son mandat à transformer la cité millénaire pour en faire une ville verte. En cours de route, la maire de Paris, qui brigue un deuxième mandat, a gagné des partisans pour ses idées avancées. Mais à cause des inévitables perturbations qu’entraînent ses projets, elle s’est aussi fait des milliers d’ennemis. Une chose est sûre, elle a pris place parmi les maires des grandes capitales qui cherchent à réinventer le paysage urbain, une nécessité à ses yeux.

Aujourd’hui, Paris est un immense chantier. À la fin de l’été, plus de 8 000 projets d’aménagement, pour la plupart privés mais tous approuvés par la Ville, étaient en cours. Des places historiques comme celles de la Madeleine, de la Bastille et de la Nation étaient réaménagées pour mieux accueillir les piétons. De hideux cratères dans l’asphalte signalent des travaux en cours sur le réseau électrique, le système de chauffage urbain, le métro et le RER, sans oublier les kilomètres de pistes cyclables protégées.

 1 400 kilomètres de pistes cyclables

Aussi bien les touristes que les habitants peuvent maintenant pédaler tout au long de la Seine, protégés des voitures par des séparateurs en granite, ou sillonner la ville d’ouest en est, de la Concorde à la Bastille, en se jouant des embouteillages. Hidalgo vise plus de 1 400 kilomètres de pistes cyclables d’ici à la fin de 2020, contre environ 700 quand elle a lancé ce projet. Tandis que les clôtures de chantier gris et vert, toujours plus nombreuses, s’alignent, monotones, dans Paris, les désagréments qu’entraînent ces travaux suscitent la grogne des malheureux automobilistes.

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