Ne Muanda Nsemi est-il vivant ou mort? La 158 ème session de l'UIP!

Le leader du mouvement politico-religieux Bundu dia Mayala et député Ne Muanda Nsemi est bel et bien sorti de la prison centrale de Makala lors de l’évasion spectaculaire des détenus du 17 mai 2017. Le gourou "Ne Ma Mvuemba Nkosi" est porté disparu à l’occasion de sa sortie de la prison de Makala- série Prison break! Est-il mort vivant? Vivant mort? ou Mort et vivant? Ou encore vivant et mort?

Ne Muanda Nsemi est-il vivant ou mort ? La 158 ème session de l'Union Interparlementaire !

Par Freddy Mulongo, mardi 12 février 2019  Radio Réveil FM International 

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Né Muanda Nsemi vivant ou mort ?

Le leader du mouvement politico-religieux Bundu dia Mayala et député Ne Muanda Nsemi est bel et bien sorti de la prison centrale de Makala lors de l’évasion spectaculaire des détenus du 17 mai 2017. La Fondation Bill Clinton affirme avoir recensé une cinquantaine de morts mercredi 17 mai à la suite de l'évasion survenue à la prison centrale de Makala, à Kinshasa. Selon elle, environ six cents détenus se sont évadés de cette maison carcérale. Parmi les évadés, elle cite le chef spirituel du mouvement politico-religieux Bundu dia Mayala (BDM), Ne Muanda Nsemi. Les autorités de Kinshasa parlent d'une cinquantaine d'évadés et mettent en cause les adeptes de cette secte. Le député Ne Muanda Nsemi avait été arrêté en mars dernier à Kinshasa. Il est notamment poursuivi pour outrage au chef de l'Etat et incitation à la violence. Son avocat dément toute implication du mouvement politico-religieux dans cette évasion de Makala. Il prévient qu'il tiendrait le gouvernement comme responsable de tout ce qui pourrait arriver à son client.

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Né Muanda Nsemi dans prison Break !

Selon des sources pénitentiaires, Franck Diongo, Eric Kikunda et Firmin Yangambi, actuellement détenus à Makala, ont été forcés de s'évader. Sans succès. Ils sont toujours dans la prison. Jean-Claude Muyambo et Eugène Diomi Ndongala, deux hommes politiques incarcérés à Makala, sont toujours soignés dans des centres hospitaliers privés de la ville. Trois personnes condamnées dans le cadre du procès de Laurent-Désiré Kabila ont également réussi à s'enfuir, selon des sources de la prison de Makala qui ne révèlent pas leurs identités.

Le gourou "Ne Ma Mvuemba Nkosi" est porté disparu à l’occasion de sa sortie de la prison de Makala- série Prison break! Est-il mort vivant ? Vivant mort ? ou Mort et vivant ? Ou encore vivant et mort ? Ne Muanda Semi est-il mort ? Une farfelue l'aurait vu à Kabinda en Angola. On croit rêver. Pourquoi ne parle-t-il plus ? le régime Alias Kabila-Félix Tshilombo ne doit-il pas dire au peuple congolais où est passé Ne Muanda Semi ? La réponse nous vient de Genève où l'Union Interparlementaire a tenu sa 158è session du 29 janvier au 8 février 2019. Le cas du député Né Muanda Nsemi a été soulevé, par manque des éléments complets, son cas n'a donné lieu à des investigations approfondies. Il faut que l'Union Interparlementaire a 35 cas des parlementaires congolais en étude. Voici ce qui a été décidé pour Né Mwanda Nsemi.

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Union Interparlementaire

République démocratique du Congo Décision adoptée par le Comité des droits de l’homme des parlementaires à sa 158ème session (Genève, 8 février 2019)

COD-87 – Ne Muanda Nsemi

Allégations de violations des droits de l’homme :

 Arrestation et détention arbitraires

 Non-respect des garanties d’une procédure équitable au stade de l’enquête

 Atteinte à la liberté d’opinion et d’expression

 Atteinte à l’immunité parlementaire

A. Résumé du cas

Le plaignant allègue que le député Ne Muanda Nsemi, également dirigeant du parti Bundu Dia Mayala (BDM), a été arrêté arbitrairement et en violation de son immunité parlementaire en raison de son opposition à la prorogation du mandat du chef de l’Etat. Il considère que les accusations portées contre le député ont été montées de toutes pièces et qu’il fait l’objet d’une répression politique, comme plusieurs députés de l’opposition avant lui. Selon le plaignant, le député a été victime de représailles pour ses propos critiques à l’égard du Président Kabila et pour avoir incité la population à réclamer son départ.

Le député a été arrêté le 3 mars 2017 à sa résidence. Cette arrestation aurait été conduite de manière brutale après plusieurs semaines de siège aux alentours de son domicile. Des centaines de personnes auraient également été arrêtées lors de l’intervention des forces de sécurité qui, selon le plaignant, auraient utilisé leurs armes de manière létale, faisant des dizaines de morts. Dans une lettre qu’il a adressée au Président de l’Assemblée nationale, le député dit avoir été torturé lors de son arrestation. Il a par la suite été maintenu en détention à la prison de Kinshasa en dépit d’une ordonnance DH/2019/158-R.2 - 4 -

Genève, 29 janvier au 8 février 2019

de placement en résidence surveillée rendue par la Cour suprême. Le député s’est échappé le 17 mai 2017 lors d’une attaque de la prison qui a conduit à des évasions massives. Les autorités ont accusé le BDM d’avoir organisé l’évasion. Une enquête judiciaire aurait été ouverte. Les autorités n’ont pas transmis d’information à jour sur le dossier et l’issue de l’enquête est inconnue. Des articles de presse indiquent que les autorités n’auraient pas réussi à localiser le député depuis qu’il s’est enfui.

Le plaignant a dit craindre que la vie du député ne soit menacée. Il affirme que la thèse officielle de l’évasion n’est pas crédible et qu’elle a pu être organisée par le pouvoir en place pour faire taire le député. L’avocat du député a également nié toute implication du BDM dans l’évasion d’après ses déclarations publiques. Le plaignant estime que M. Ne Muanda Nsemi devrait être considéré comme étant une personne disparue. Confronté à des communiqués du député diffusés sur Internet après son évasion, y compris une vidéo sur laquelle on le voit libre, le plaignant a indiqué qu’il ne leur accordait aucun crédit étant donné leur contenu, qu’il a jugé invraisemblable, et le silence prolongé du député, selon lui, inhabituel. En mai 2018, l’avocat du député a confirmé à la presse qu’il était en vie.

B. Décision

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires, saisi du cas de M. Ne Muanda Nsemi, membre de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo,

1. note que la communication a été présentée en bonne et due forme par un plaignant qualifié au titre de la section 1) d) de la Procédure d’examen et de traitement des plaintes (Annexe 1 des règles et pratiques révisées du Comité des droits de l’homme des parlementaires) ;

2. note que la communication concerne un parlementaire dans l’exercice de ses fonctions au moment où les allégations initiales ont été formulées ;

3. note que la communication initiale avait trait à des allégations d’arrestation et détention arbitraires, de non-respect des garanties d’une procédure équitable, d’atteinte à la liberté d’opinion et d’expression et d’atteinte à l’immunité parlementaire, allégations qui relèvent de la compétence du Comité ;

4. considère néanmoins que, suite à l’évasion du député, et au regard des observations transmises par les deux parties et des informations publiées par les médias, la validité des allégations initiales n’est pas suffisamment établie pour démontrer que des violations des droits fondamentaux du parlementaire concerné ont été commises et déclare en conséquence le cas non recevable,

5. rappelle que, si le plaignant transmet ultérieurement un complément d’information actualisé et solide qui confirme que les droits fondamentaux du député concerné ont été méconnus, la plainte pourra être réexaminée sur cette base.

 

L’Union interparlementaire est une organisation unique en son genre, qui réunit les parlements nationaux des quatre coins du monde. Elle œuvre à la protection et à l’édification de la démocratie par le dialogue politique et l’action.

L’UIP forme un groupe dynamique en pleine croissance, qui est actuellement composé de 178 Parlements membres et 12 Membres associés. Elle travaille en étroite collaboration avec l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations partenaires dont elle partage les objectifs. L’UIP est à l’heure actuelle l’organisation qui est au plus près de l’opinion publique mondiale. En effet, plus de 6,5 milliards des personnes habitent des pays dont le Parlement est membre de l’UIP – et ce sont leurs représentants qui déterminent et orientent ses activités. En réunissant les parlements, l’UIP réunit les citoyens.

L’UIP est principalement financée par ses Membres sur des fonds publics. Elle a son siège à Genève (Suisse).

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