UNPC: Chantal Kanyimbo cessez d'humilier des journalistes !

Il y a des dons qui rabaissent et humilient ! Pour une machinette imprimante de cartes, qui coûte 100 euros au Bon Coin, les journalistes ont été convoqués au siège de l'Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC) pour admirer et applaudir le petit don d'un Ong hollandais. Chantal Kanyimbo, Rapporteur du CSAC a répondu au commentaire de Réveil FM International dans les réseaux sociaux.

UNPC: Chantal Kanyimbo cessez d'humilier des journalistes !

Par Freddy Mulongo, jeudi 15 mars 2018  Radio Réveil FM International 

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Chantal Kanyimbo, Rapporteur du CSAC

L'Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC) doit cesser d'humilier des journalistes. C'est honteux et révoltant. Au pays des aveugles, le borgne est roi dit-on. Mieux, au pays de la Révolution de la Modernité bidon, des journalistes sont chosifiés.

L'Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC) n'a pas du tout évolué, malgré le Congrès de refondation de la presse congolaise, tenu au Centre Nganda, en mars 2004, avec 271 délégués venus de tous les coins du pays. J'ai été membre du comité préparatoire en tant que président des radios communautaires, avec le président Kitutu Oleantwa, Donat Mbaya de Jed, Kasonga Tshilundé qui n'était à l'époque que Secrétaire Général de l'UPC et d'autres... organisé par l'Institut Panos et j'y avais participé.

C'est pour ne plus être confondu avec l'Union des patriotes congolais (UPC), mouvement rebelle congolais, dirigé par Thomas Lubanga et principalement constitué de l'ethnie des Hemas. L'UPC, proche du gouvernement rwandais, était impliquée dans la guerre dans la province d'Ituri que l'Union de la Presse Congolaise est devenue Union Nationale de la Presse Congolaise-UNPC. Nous avons le sentiment que l'UNPC végète encore !

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Imprimante des cartes coûte moins de 100 euros au Bon Coin

Dans une vidéo postée sur Facebook par Rachel Kisita, on voit une meute des journalistes impressionnés, qui filment et applaudissent. Quoi ? En effet, l'UNPC inaugure une petite imprimante pour l'impression des cartes de presse, don de "Free press" une Ong hollandaise. Une imprimante qui coûte moins de 100 euros au Bon Coin sur internet ! La Honte !

Cette petite imprimante hollandaise, que l'UNPC bien organisé pouvait se l'offrir, va permettre la délivrance rapide de la cartes de presse pour contrer les "Moutons noirs" !

C'est Chantal Kanyimbo, le rapporteur de l'étouffoir des libertés, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et Communication-CSAC qui a remplacé la fameuse Haute Autorité des Médias-HAM de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi, qui a eu l'outrecuidance d'inaugurer inauguré la machinette de la carte de presse. Suite aux nombreuses réactions négatives des internautes, c'est plutôt notre réaction qui a retenu l'attention de Chantal Kanymbo qui répond:

Un don, c'est une question de prix? Obtenir d'un partenaire ce que l'on ne peut se l'offrir est de la médiocrité ? Vous pouvez alors, cher Freddy Mulongo offrir une deuxième, troisième, quatrième ou dixième machine à imprimer à l'UNPC, qui appréciera, sans doute ce geste venant d'un journaliste congolais vivant en France.! (...)

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Chantal Kanyimbo, Rapporteur du CSAC

A la papesse Chantal Kanymbo nous répondons ceci:

1. Les journalistes congolais méritent du respect. C'est à l'UNPC, CSAC, OMEC et tous les organes professionnelles de couvrir ce respect à tous les journalistes congolais y compris des indépendants qui n'ont pas forcement une carte de presse de l'UNPC. Notre monde a beaucoup évolué, les réseaux sociaux y ont grandement contribué. Les "Moutons noirs" ne sont pas forcément ceux que l'ont voudraient incriminés et privés de la carte de presse, ce sont des agents de l'ANR, de la police et des services qui traquent, arrêtent arbitrairement des journalistes. La carte de son organe de presse est aussi valable que la carte de l'UNPC. Il y a deux semaines, notre aîné Kimpozo Mayala "Kimp", coordonnateur du journal Le Phare, a été abusivement interpellé à Masina. Après plusieurs heures, dans un container de police, il a été relâché. Pas un communiqué de l'UNPC pour dénoncer cette arrestation arbitraire. C'est ce silence qui fait croire aux barbouzes et sbires du régime qu'ils peuvent continuer à agir contre des journalistes en toute impunité. Dites-nous, est-ce que les thuriféraires de la RTNC méritent-ils la carte de presse de l'UNPC? Pire que la voix du Zaïre sous le défunt Maréchal-dictateur Mobutu, la RTNC qui devait être le média public de la République démocratique du Congo, on y chante des louanges au Néron, imposteur et incapacitaire de Kingakati. Depuis le 19 décembre 2016, à minuit, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale n'a plus aucune légitimité. Il est hors mandat, le barbu du palais de la Nation a glissé... les journalistes de la RTNC font comme si de rien n'était. Ils se taisent et sont complices. Ceux-là méritent la carte de l'UNPC, puisqu'ils sont du média officiel ?

2. L'UNPC doit combattre le "Coupage" qui n'honore pas les journalistes. Pour écrire un article, pour diffuser un reportage des journalistes font le pied de grue à celui qui organise l'événement ou la conférence de presse. Il faut payer ! En file indienne, des journalistes signent sur papier, d'avoir reçu 50 $, 100 $ de frais de transport et reportage. La honte ! Cela arrange tout le monde, qu'il y ait des "Journalistes Quado", "Journalistes Nzombo le soir" dans la profession. Il faut faire respecter la profession. Il faut un big bang pour s'écarter des anti-valeurs. En RDC, des médiocres, criminels, Miyibicrates, Mabumucrates...sont encensés dans des journaux et médias, parce qu'ils paient. Les gens talentueux sont ignorés parce qu'ils ne peuvent pas payer.

3. Le pluralisme médiatique au Congo-démocratique est frelaté, et la régulation des médias est un véritable mort-né, ce n'est pas parce qu'on le maintient artificiellement en vie que le CSAC survivra !

De la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM) au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de Communication (CSAC), les animateurs ont été des minables, corrompus, arrivistes et parvenus sans idéal pour défendre la liberté d'information. Ils le sont encore aujourd'hui par leurs décisions alambiquées et rétrogrades. Au lieu de réguler les médias, les animateurs encartés PPRD-MP se sont transformés en censeurs et prédateurs de la liberté d'information afin de mieux profiter des oripeaux d'un régime totalitaire.

En République démocratique du Congo, la régulation des médias signifie la répression de ces derniers. Ennemie de la presse, l'organe de régulation au lieu de jouer le rôle de médiateur par la concertation et le dialogue, elle est devenue liberticide. Au lieu de la neutralité, l’indépendance, la crédibilité et la légitimité, l'organe de régulation de Kinshasa s'est fourvoie en porte voix et caisse de résonance du régime des Mammouths Joséphistes.

Malgré ses 80 millions d'habitants, aucun journal de Kinshasa la capitale qui regorge plus de 12 millions d'habitants ne tire à plus de 2000 exemplaires, aucun journal n'est quadrichromie, les journaux sont inexistants dans la majorité de ses 26 vastes provinces, mais chaque acteur politique a sa radio, télévision et son journal ?

Dans quel pays au monde, avons-nous vu cela ? Que chaque acteur politique, membre du gouvernement, sénateur ou député a son journal, sa radio et télévision ? Tant que le CSAC ne mettra pas cela au clair, sa crédibilité sera sous caution ?

L'institution de régulation des médias (CSAC) en République démocratique du Congo manque cruellement de crédibilité à cause de ses animateurs minables. Nommés par l'imposteur de la République, les animateurs du CSAC sont des chiens de garde d'un régime totalitaire qui a pris toutes les institutions en otage pour servir un individu: Joseph Kabila et non pas la République démocratique du Congo.

L'UPNC n'a pas besoin d'un petit don de 100 euros venant d'un Ong Hollandais, pour ameuter tous les journalistes de Kinshasa. L'UNPC doit s'organiser et être utile aux confrères. Quels sont les difficultés que rencontrent des journalistes ?

1. L'UNPC doit négocier avec des opérateurs téléphoniques pour l'accès à l'internet pour des journalistes soit à un prix très bas. Car le métier de journaliste rend service au public. Pour que la démocratie puisse s'ancrer dans un pays, les citoyens doivent être mieux informés pour faire des choix.

2. L'UNPC peut s'acheter des bus qui ne transportent que des journalistes et facilitent ainsi leurs déplacements.

2. L'UNPC devrait avoir une coopérative d'achat pour des intrants pour les imprimeries, ordinateurs portables, émetteurs radios et télés, micros, tables de mixage à des prix abordables pour des organes de presse et journalistes.

3. L'UNPC doit avoir une Maison de Presse, comme il y en a au Sénégal et dans la majorité des pays de l'Afrique de l'Ouest. Où des journalistes viennent y travailler, ils ont des boîtes à lettre etc...sans donner leurs adresses de domicile. Le restaurant et le cafétéria doivent permettre aux journalistes de se nourrir à un prix raisonnable. Le site doit être interdit aux agents de l'ANR, à la police, aux barbouzes et sbires du régime.

4. L'UNPC doit impérativement abandonner son "Prix Matata Ponyo". Matata Ponyo n'est pas le symbole de la bonne gouvernance ! Sous ce rescapé du crash de Bukavu, qui a coûté la vie à AK47-Augustin Katumba Mwanké "dieu le père", nommé Premier ministre, la République démocratique du Congo est devenue le pays le plus pauvre de la terre. Ses réformes ne se sont jamais transformées dans le panier de la ménagère. Son dernier budget réservait à chaque Congolais 70 dollars pour toute l’année 2017. Transco, Congo Airways et Bukangalonzo, ses œuvres, sont presqu’en faillite. Il avait lancé la bancarisation de la paie mais avait épargné la primature. Sous Matata Ponyo, le Congo a renoué avec la pratique de la planche à billets et l’inflation. C’est tout sauf de la bonne gouvernance.

Vendeur d’illusions, Matata Ponyo a été champion en surfacturation: aérogare modulaire, immeuble intelligent, avions d’occasion acquis en Papouasie Nouvelle Guinée !

Il suffit de faire travailler un peu les méninges et ne plus se contenter d'une imprimante de 100 euros venant de la Hollande et profiter de l'occasion pour humilier des confrères.

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