Notre-Dame de Paris: Émouvant témoignage de l’archevêque Frigolin Ambongo !

Extrême désolation et vive émotion, à la vue de la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, monument le plus populaire d'Europe avec près de 14 millions de visiteurs par an. Notre-Dame de Paris, c'est au cœur de la capitale française et Paris c'est la France. La célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris a été ravagée par un gigantesque incendie hier soir, sans qu'il n'y ait de victime.

Notre-Dame de Paris: Émouvant témoignage de l’archevêque Frigolin Ambongo sur les élections en RDC!

Par Freddy Mulongo, mardi 16 avril 2019  Radio Réveil FM International 

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Construite entre 1163 et 1272, la célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris ravagée par le feu mais debout !

Extrême désolation et vive émotion, à la vue de la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, monument le plus populaire d'Europe avec près de 14 millions de visiteurs par an. Notre-Dame de Paris, c'est au cœur de la capitale française et Paris c'est la France. La célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris a été ravagée par un gigantesque incendie hier soir, sans qu'il n'y ait de victime à déplorer. L'incendie s'est déclaré vers 18h50 et s'est rapidement propagé, sous les yeux des Parisiens et des touristes massés aux alentours du monument. La flèche s'est d'abord effondrée sur elle-même,, avant le reste de la toiture. Le brasier a ensuite continué à se déchaîner à l'intérieur de l'édifice une fois la nuit tombée, détruisant totalement la charpente en bois.

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Emmanuel Macron, entouré du Premier ministre Edouard Philippe et de l'archevêque de Paris Michel Aupetit, s'exprime sur le parvis de Notre-Dame de Paris au soir de l'incendie du 15 avril 2019. AFP

Depuis juillet dernier, une vaste rénovation, inédite depuis 1930, était en cours sur la flèche , afin de refaire l'étanchéité. Un énorme échafaudage avait été monté pour atteindre la structure, qui culminait à près de 100 m. Cette taille monumentale a rendu compliqué le travail de 4 00 pompiers de Paris, pourtant déployés rapidement. L'intervention des avions ou des hélicoptères largueurs d'eau était également impossible, car les tonnes de liquide risquaient d'endommager davantage la structure.

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Alors que les pompiers venaient de sauver l'essentiel de la structure de Notre-Dame de Paris, mais que les flammes n'étaient pas encore éteintes, Emmanuel Macron s'est exprimé sur le parvis de la cathédrale. "Cette cathédrale, nous la rebâtirons" a déclaré le président de la République, l'air solennel, entouré du Premier ministre Édouard Philippe et de la maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que du Commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. "Le pire a été évité, même si la bataille n'est pas encore totalement gagnée", a-t-il expliqué. Le feu a été "maîtrisé" et "partiellement éteint" dans la nuit, vers 3h30. Puis il a voulu avoir "un mot d'espérance" malgré un "terrible drame". "Cette espérance, c'est la fierté que nous devons avoir. Fierté de tous ceux qui se sont battus pour que le pire n'advienne pas. Fierté parce que cette cathédrale, il y a plus de 800 ans, nous avons su l'édifier et à travers les siècles la faire grandir et l'améliorer", a-t-il lancé.

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Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo

C'était le vendredi 29 mars à Notre-Dame de Paris, que l'archevêque de Kinshasa, Frigolin Ambongo a pris parole après la messe à 18 heures, lors de la veillée de prière de 20 heures, organisée par l’Aide à l’Église en détresse. La 11e édition de la Nuit des Témoins était présidée par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris. Au cours de cette veillée de prière, trois représentants de l’Église en Détresse ont témoigné de la situation des chrétiens: Mgr Théodore Mascarenhas, secrétaire général de la conférence des évêques (Inde), Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo) et Sœur Mona Aldhem, religieuse des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret (Religieuse à Khabab en Syrie).

La Nuit des Témoins AED (2019) © KTOTV

Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo, avait répondu sans ambages aux questions de nos confrères de la Croix sur les frauduleuses élections au Congo.

La Croix : Après 17 ans de règne de Joseph Kabila, son opposant Félix Tshisekedi est aujourd’hui le président du Congo. Pourquoi les évêques congolais considèrent-ils sa victoire comme peu crédible ?

Mgr Fridolin Ambongo : Le peuple a longtemps attendu l’alternance politique et s’est battu pour cela. L’accord de la Saint-Sylvestre a été signé entre l’opposition et Joseph Kabila le 31 décembre 2016, sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Ce texte prévoyait la mise en place d’une transition politique jusqu’à la tenue des prochaines élections présidentielle, législatives et communales en 2017. Le combat de l’Église de RD-Congo pour la « vérité des urnes »

Finalement, les élections n’ont pas eu lieu à la date prévue. Après les évêques, ce sont les laïcs qui se sont levés. De décembre 2017 à février 2018, le Comité laïc de coordination (CLC) a organisé de grandes mobilisations pour demander l’alternance démocratique. Il y a eu des morts, des lieux de culte ont été saccagés, des prêtres humiliés. L’Église a payé le prix fort pour que des élections puissent avoir lieu.

Finalement, en décembre, le peuple a voté en faveur d’une rupture avec le régime de Kabila. Hélas, le scrutin a été entaché par la tricherie. D’après ce qu’ont rapporté les 40 000 observateurs déployés par l’Église catholique pour l’élection, Martin Fayulu, un autre opposant de l’ancien président, a recueilli 60 % des suffrages. Mais c’est Félix Tshisekedi qui a été déclaré officiellement vainqueur, car Kabila a œuvré en ce sens. L’issue finale de l’élection demeure une grande frustration pour le peuple.

Et quelle est aujourd’hui la ligne de conduite de Cenco ?

Mgr F. A. : Comme nous l’avons toujours dit, ce résultat est un déni de vérité. Et nous sommes convaincus que l’on ne peut fonder l’avenir d’une nation sur le mensonge. C’est d’ailleurs le message que je viens de porter au département d’État, à Washington, et que je vais répéter au Quai d’Orsay, où je dois être reçu cette semaine.

Malgré tout, maintenant que Félix Tshisekedi est au pouvoir, et même s’il a été imposé par Kabila, nous voulons composer avec lui. Nous pensons que, même du mal, il est possible de tirer le bien. Et de son côté, le nouveau président doit aussi donner des gages pour tenter de corriger ce mal initial. Les premiers signaux sont bons, mais l’ancien président tire toujours les ficelles.

Un archevêque engagé

1960. Naissance à Boto, dans le nord de la République démocratique du Congo.

1980. Entrée chez les frères mineurs capucins.

1988. Ordination sacerdotale.

1991-1995. Après ses études à Kinshasa, doctorat à Rome. De retour au Congo, il est enseignant pendant dix ans.

2005-2016. Évêque de Bokungu-Ikela.

2008-2016. Président de la Commission Justice et Paix.

Juin 2016. Vice-président de la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco). À ce titre, il est l’un des principaux artisans de l’accord de la Saint-Sylvestre, en décembre 2016.

2016-2018. Archevêque de Mbandaka-Bikoro.

6 février 2018. Évêque coadjuteur de Kinshasa.

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