Hold-up électoral: Président Fayulu, son "Non" salutaire pour le peuple!

Martin Fayulu, Président élu du peuple congolais a dit "Non" au Hold-up électoral ! Il est courageux ! Un "Non" qui n'induit pas ou qui ne sous-tend pas un "Oui" n'a aucun intérêt. C'est un "Non" inconsistant parce qu'irresponsable, médiocre parce que sans danger !

Hold-up électoral: Président Fayulu, son "Non" salutaire pour le peuple!

Par Freddy Mulongo, jeudi 17 janvier 2019  Radio Réveil FM International 

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Martin Fayulu, Président du peuple congolais !

Martin Fayulu, le nouveau Président de la République de la RDC, mérite bien son nom: Le soldat du peuple ! Intègre, constant et tenace, le combat de Martin Fayulu est celui de libération d'un peuple meurtri, chosifié et clochardisé alors que par ses ressources et sa population, le Grand Congo est l'un pays les plus riches au monde. Qualifié par ses détracteurs de l'homme sans base, avec la campagne présidentielle Martin Fayulu est passé de l'homme zéro au grand héros que le peuple congolais a toujours souhaité avoir. Son combat est toujours de plus en plus perçu comme le combat du peuple congolais entier. Trois expressions incarnent le combat de Fayulu pour venir à bout contre la dictature du régime d'Alias Joseph Kabila dans notre pays: l'endurance-la souffrance-l'effort. Fayulu est un homme de profondes convictions, qualité très rare dans notre pays, où le culte de moindre effort et de la culture de la jouissance sont érigées en vertus cardinales par l'élite congolaise ; l'opportunisme, le narcissisme se manifeste sur fond de roublardise. Courageux, contre la dictature joséphiste, Fayulu a payé de sa personne: plusieurs arrestations, bastonnades...

Depuis que Corneille Nangaa, président de la CENI et bras séculier du régime d'Alias Kabila après négociations, a NOMMÉ Félix Tshilombo-fils Tshisekedi Alias Bizimungu en lieu et place de Martin Fayulu, Président Élu, ce dernier a dit "Non" au hold-up électoral ! "Non" au deal politique contre le peuple ! Non " à une coterie affairiste politico-politicienne entre Tsilombo et Alias Kabila."Nous voulons la vérité des urnes et non l'arrangement des urnes". Avec son arrangement pour être NOMMÉ alors qu'il n'est pas Élu, Félix Tshilombo a galvaudé le nom de son père Etienne Tshisekedi, un nom qui devient synonyme de haute trahison en République démocratique du Congo. Aucun argument ne vaut le respect que nous devons à cette population congolaise meurtrie et appauvris qui a marché pour certains plus de 30 Km à pied et d'autres ont attendu des heures sous la pluie pour voter, le respect ici veut dire le décompte des votes. Bizarre, un soi-disant opposant-corrompu a gagné la présidentielle en RDC mais le régime dictatorial et sanguinaire au pouvoir est ravi, au point de prendre sa défense envers et contre tous ?

Jésus et Hitler ont dit "Non". Le premier à la haine et le second à l'amour. Seul le diable songerait à le faire courir dans la même catégorie. Il y a des " non " qui ne sont que des postures, des conforts ou des lâchetés. Il suffit de se mettre à l'écoute du discours dominant pour s'en convaincre: les lynchages à répétition, les bouffées de nihilisme de la bourgeoisie compradore, les défis lancés à des adversaires virtuels ou fantasmés, les assauts donnés à des ennemis déjà à terre, les hallalis et les aboiements, autant d'alibis gesticulatoires destinés à justifier l'acceptation de tout, y compris du pire.

Sommes-nous en tant que Congolais contraint d'accepter l'inacceptable sans aucune appréciation et recul de notre part. Inspirons-nous de ce qui se passe ailleurs, puisons nos forces dans notre histoire, prenons l'exemple de ceux qui à un moment ou à un autre de leur vie ont dit "Non" tout en connaissant au préalable ce que ce Non leur coûterait.

Un "Non" qui n'induit pas ou qui ne sous-tend pas un "Oui" n'a aucun intérêt. C'est un "Non" inconsistant parce qu'irresponsable, médiocre parce que sans danger ! La force et la richesse d'un "Non" dépend à la fois de la nature du "Oui" qu'il implique et du risque que l'on prend en le proférant.

-Le "Non" du général De Gaulle fut un "Oui" à la France. L'appel du général De Gaulle du 18 juin 1940 à la radio Londres de la BBC est historique. Depuis sa retraite en Angleterre, De Gaulle avait appelé les français à la résistance contre l'occupation allemande.

-Le "Non" de Zola fut un "Oui" à la démocratie. Le Non d'Emile Zola est cathartique-il crie dans son article "J'accuse" que le capitaine Dreyfus n'est pas coupable. Zola assène qu'il y a eu forfaiture de la part des hauts placés de l'armée. Zola dit non à la nomenklatura sacralisée. Par son non Zola sauve la crédibilité de l'Etat, l'image de la patrie, l'âme de la République et peut être aussi l'honneur de l'armée.

-Le "Non" de Mirabeau à Dreux-Brézé fut un "Oui" au droit du peuple. Le 23 juin 1789, alors que Louis XVI décide de disperser l'Assemblée. Devant le refus des députés du tiers et de quelques députés. Dreux-Brézé vient rappeler l'ordre du Roi à Bailly, le doyen du tiers. C'est alors que Mirabeau s'avança et dit "Allez dire à votre Maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes".

Il y a aussi le "Non" de ceux qui se mettent en travers d'une oppression, d'une répression ou d'une régression. Ces "Non" emblématiques comme de Galilée: tout le monde voit bien que le soleil se lève à l'est pour se coucher à l'ouest, tourne autour d'une terre qui ne bouge pas, sans quoi nous nous retrouverons la tête en bas. Qu'un kilo de plomb tombe plus vite qu'un kilo de plume, que l'immobilité est l'état naturel des choses et que seul un choc peut mettre en mouvement, avant que tout naturellement, elles s'immobilisent de nouveau que les choses tombent parce qu'ils ont tendance à se diriger du haut vers le bas.

-Michel Servet, théologien protestant et médecin, fut brûlé vif pour ses idées non conformistes à l'égard de l'Eglise le 27 octobre 1553 à Champel banlieu de Genève. Sa théologie anti-trinitaire fut comparée à l'adoptianisme, au sabellianisme ou encore au modalisme qui étaient des anciennes hérésies du christianisme. Michel Servet fut victime d'un crime de la Réforme.

La publication des "versets sataniques" de Salman Rushdie en septembre 1988 a déclenché immédiatement une vive réaction dans le monde islamique en raison de sa description jugée irrévérencieuse du prophète Mahomet. Le 14 janvier 1989, le roman a été l'objet d'un autodafé à Bradford au Royaume Uni. Et le le 14 février 1989, une fatwa réclamant l'exécution de Rushdie a été proclamé par l'Ayatollah Khomeini sur la Radio Téhéran.

Les "Non" emblématiques eurent au moins en commun de leur valoir le martyr ou la proscription dès lors que se décharnèrent contre eux les foudres conjuguées de l'inquisition et de la raison d'Etat. IL faut dire non à l'absolutisme clérical, à la dictature militariste, à la tyrannie féodale, au fanatisme intégriste, à l'oppression oligarchique.

Le débauchage voire le vagabondage sans complexe des acteurs politiques congolais est inquiétant. Certains sont passé sans gène du kasa-vubuisme, Lumumbisme, mulelïsme, tshombisme au mobutisme, d'autres du tshisékedisme, kibassisme au mbembisme, kabilisme, joséphisme sans regret. Ils ont pris l'habitude de mobiliser le négationnisme formel dont ils sont issu au profit de la dynamique qu'ils ont ralliée. Combien des politiciens congolais ont déserté tous les combats positifs, renoncés à tous les projets. Ils ont abandonné toutes leurs anciennes espérances, trahi tous leurs anciens engagements, et n'envisagent plus de pouvoir transformer, construire ou même concevoir un autre monde que celui -de la dictature-qu'ils ont intériorisé les règles en les décrétant indépassables. Combien d'acteurs politiques congolais aujourd'hui s'accrochent à des "Non" sans risque ni perspective qui nécessitent simplement que l'on gonfle ce que l'on refuse encore ou ce ce que l'on feint de refuser, pour ne point s'avouer à soi-même qu'en réalité on ne refuse presque plus rien. Ainsi souffle-t-on sur les braises de la démocratie pour mieux s'ancrer à une vision anti-démocratique de convenance.

Pour nous remonter le moral, nous avons choisi deux personnalités congolaises sans aucun parti pris ni étroitesse d'esprit, car nous estimons à un moment ou un autre de l'histoire de notre pays ces personnalités ont été à la hauteur de ce qu'on pouvait attendre d'eux. Conducteurs de masse, ils ont su canaliser les aspirations de notre peuple. Leur courage face aux dérapages d'un pouvoir colonial, autocratique et dictatorial, leur vaut une reconnaissance nationale. Ces personnalités sont : papa Simon kimbangu et le cardinal Albert Malula ; Ces deux personnalités ont à un moment donné canaliser les aspirations de notre peuple, face aux différents pouvoirs qui ont oppressés notre pays: pouvoir génocidaire et colonialiste des Belges; pouvoir autocratique et dictatorial de Mobutu...ils ont été des conducteurs de masse qui à un moment de l'histoire de notre pays ont pris des positions courageuses pour défendre le peuple. Notre choix n'est pas exhaustif, il peut être compléter démocratiquement par ceux qui ont d'autres noms qui nous échappent.

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1. Simon Kimbangu, l'incarnation de la résistance pacifique

Catéchiste chez les missionnaires baptistes (Baptist Missionnary Society) en 1921, Simon kimbangu prit son indépendance à l'égard de la mission baptiste. Ses prédications accompagnées de quelques prodiges attirèrent les foules. Accusé, il fut arrêté puis déporté dans son propre pays à plus de 2.200km au Katanga par les pouvoirs colonialistes belges. Pour étouffer la foi de ses disciples, la répression coloniale exila de leur territoires respectifs 37.000 familles. Simon Kimbangu fut condamné à mort et à 120 coups de fouet. Le prisonnier n'avait pas droit à un avocat pour sa défense, il a été à la merci des humeurs et caprices de son juge. Sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité par le Roi Albert 1er de la Belgique. Loin de siens, après 30 ans d’emprisonnement ferme et d'indicibles tortures par ses geôliers belges, Simon Kimbangu mourut le 12 octobre 1951. Martyr, combattant de la liberté, Kimbangu aura illuminé la conscience des congolais par sa résistance pacifique face à aux oppresseurs coloniaux.

2. Le Cardinal Albert Malula, le roseau qui se plie mais ne rompt pas.

Le Cardinal Albert Malula fut un pasteur prophétique pour notre pays. Son charisme prophétique lui avait permis très tôt de voir et de se prononcer ouvertement ouvertement sur le danger de la montée d'une élite politique et intellectuelle en constante décallage avec la volonté du peuple. Père du rite congolais de la messe, qui a été approuvé par Rome, dans la liturgie: tam-tams, xylophones, likembe et autres Ngongi ont fait leur entrée dans la chorale où le rythme langoureux des chants grégoriens ont cédé la place au rythme cadencé et emballant des chansons religieuses en langues vernaculaires. Sans aucune facilité lire pour s'en convaincre l'ouvrage de Jean Mpisi, Malula et jean Paul II, dialogue difficile entre l'Eglise africaine et Saint Siège, Ed. L'Harmattan, dec.2005. Le cardinal Albert Malula fut pionner de l'africanisation de l'Eglise sur le continent noir. C'est lui qui avait lancé l'idée d'un synode africain, sa phrase est demeurée célèbre " hier les missionnaires étrangers ont christianisé l'Afrique, aujourd'hui les négro-africains vont africaniser le christianisme ". Déjà en 1956, il participa à la conception et la rédaction du manifeste de "Conscience africaine " qui réclamait l'indépendance du Congo, document qui ébranla le colonialisme. Après l'indépendance il continua à lutter avec acharnement pour le droit à des conditions plus humaines d'un peuple paupérisé et réduit au silence par le pouvoir dictatorial de Mobutu. Il dénonçait les injustices sociales, l'égoïsme des gouvernants. Le 12 juin 1969, les mobutistes décidèrent que le "Manifeste de la N'selé" serait enseigné dans toutes les écoles du pays. Cette décision rencontra une résistance de la part des autorités catholiques qui voyaient en cette décision une politisation du système éducatif. Le 30 juillet 1969, suite à une manifestation estudiantine de l'université catholique de Lovanium, le bureau politique du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) décida la dissolution de toutes les associations de la jeunesse au profit de la jeunesse du mouvement Populaire de la Révolution (JMPR). En février 1971, Mobutu promulgua une loi interdisant l'utilisation de prénoms occidentaux qui devaient être remplacés par des noms " authentiquement africains ". En septembre 1971, le gouvernement ordonna l'étatisation de l'université catholique Lovanium de Kinshasa, ainsi que de l'université libre du Congo, l'université protestante à Kisangani.

Le 20 janvier 1972, l'hebdomadaire catholique " Afrique chrétienne " est suspendu pour 6 mois pour avoir publié dans son édition n°3 l'éditorial sur l'authenticité, qui sera attribué au Cardinal Malula dont voici un extrait: " Allons- nous exhumer de la nuit du passé une philosophie africaine originale, qui n'a pu être , si du moins elle a un jour existé, que l'expression d'une satisfaction et d'une vie sociale à jamais périmées...il ne s'agit plus aujourd'hui de nous procurer l’éphémère satisfaction de réclamer à grands cris qu'on reconnaisse notre droit d'être nous-mêmes et de nous amuser à saccager notre passé de colonisés...il faut passer aux actes et imposer par des réalisations de tous ordres notre dignité d'hommes africains. la question n'est pas de brandir des slogans sur notre originalité, nos valeurs.. mais bien de mettre en oeuvre, aux yeux du monde cette originalité et ces valeurs ". La voix du Zaïre déclencha une campagne de dénigrement contre Malula qui atteignit son apothéose. Durant plusieurs heures, jours et mois, le média propagandiste de Mobutu qualifia le cardinal Malula de "caméléon", "renégat", "diabolique". Le pouvoir sortit les griffes, le Cardinal Malula fut l'objet de brutalités avant d'être dépossédé puis expulsé de sa résidence de l'avenue Sendwe, qui devint le quartier général de la Jeunesse du Mouvement Populaire de la Révolution (JMPR). Toutes les écoles catholiques seront Zairianisées. Le 24 janvier 1972, le grand séminaire jean XXIII est fermé, les statues et crucifix sont détruits..

Dans sa lettre du 11 février 1972 adressé à l'Eglise de Kinshsa, le Cardinal expliqua sa décision de partir en exil en ces termes "Ce vendredi 11 février à 13h15, j'ai reçu la nouvelle venant de Saint Père demandant avec insistance que j'aille à Rome. Par obéissance au Pape, je quitte Kinshasa pour Rome, avec l'espoir de revenir parmi vous". Le Cardinal Malula s'exila à Rome du 11 février au 28 janvier 1972. C'est à la faveur de l'intervention diplomatique et personnelle du Pape Paul VI que Malula revint au pays. IL mourut en 1989, officiellement de suite d'une hypertension, mais beaucoup croient qu'il a été empoisonnée par les émissaires de Mobutu.

 

Pour dire "Non", cela coûte mais il faut être intérieurement fort. Le courage de Martin Fayulu, Président à qui par des deals, combines et cabales on veut lui arracher sa victoire, est à féliciter. Ce courage mérite le soutien de tous ceux qu croient à la démocratie. La RDC n'est pas un Royaume où on NOMME celui qui doit succéder au trône. Nous sommes une République, si l'on veut diriger le Congo, il faut gagner l'élection présidentielle. Martin Fayulu est Président de la RDC !

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