Covid19: Après une victoire du concert à la Pyrrhus, "Fally" doit gagner en justice!

Muana Mayele Ayokaka ! Après une victoire à la Pyrrhus pour son concert du 28 février 2020, à Paris-Bercy, malgré le Coronavirus-Covid 19. Le chansonnier Fally Ipupa est pointé du doigt par la communauté congolaise de France. En effet, nombreux de nos compatriotes qui ont été emportés par le Covid 19, sont en majorité ceux qui étaient au concert de Fally Ipupa.

Covid 19: Après une victoire du concert à la Pyrrhus, Fally Ipupa doit gagner en justice!

Freddy Mulongo, Réveil FM International

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Le 28 février 2020, des graves incidents regrettables s'étaient produits à la Gare de Lyon, suscitant d'importants panaches de fumées noires, en marge du concert du chansonnier Fally Ipupa aux 1,4 million d'abonnés sur YouTube. Depuis plusieurs jours, la bataille d'opinions faisait rage sur Twitter autour de la venue du chanteur. Les premières interpellations de manifestants bravant l'interdiction ont débuté dès la mi-journée. A 23h00, 71 personnes avaient été interpellées, selon la préfecture, qui a dénoncé le « comportement scandaleux » de certains manifestants qui ont entravé l'action des pompiers. Le « meneur des incendiaires » fait partie des personnes interpellées, avait précisé une source policière.

Sur la page Facebook 100% Congolaise, le 21 mars 2020 on pouvait lire: LES PARTICIPANTS AU CONCERT DE FALLY IPUPA du 28 février 2020 sont priés de se signaler pour dépistage de Covid-19 !

Didier Bandubola dircab adjoint au ministère de l’économie RDC mort à 23h heure de Kinshasa causé par le Coronavirus,
Le journaliste chroniqueur Jean Michel Denis qui a introduit l’artiste musicien congolais (FALLY IPUPA) dans la salle de Bercy le 28 Février dernier, s’est éteint le 18 Mars à Paris, des suites du Covid-19.
Les sources médicales indiquent que le chroniqueur musical a commencé à tousser, a accuser des signes de fatigue et des maux de tête le lendemain du concert.


Le 28 février, Jean-Michel Denis était encore en train d’ambiancer à Bercy au concert de Fally Ipupa, qu’il suivait depuis ses débuts en solo. C’est après que sa santé s’est gâtée. Et que le coronavirus l’a emporté. Il avait 70 ans. « Les services médicaux affirment que Jean-Michel Denis n’est pas la première victime de Covid-19 recensée parmi les personnes ayant assisté au concert de l’artiste congolais, Fally Ipupa ». Depuis le confinement, il y a eu plusieurs morts dans la communauté congolaise. Combien sont-ils ? Impossible de dire le nombre exact. La justice qui va entrer en danse, peut-être saurons-nous enfin la vérité. La diaspora congolaise vit une double peine pour ses morts du Coronavirus-Covid 19: pas de visite à l'hôpital, impossible de voir le corps du décédé et l'enterrement autorisé pour dix personnes. Douleur indescriptible et impossible d'envoyer le corps au pays pour y être enterré.

Après le confinement, Fally Ipupa se prépare à affronter la communauté congolaise de France et de la Belgique en justice. En effet, plusieurs compatriotes congolais qui avaient participé au concert du chansonnier Fally Ipupa au fameux concert  ont été emportés par le Coronavirus-Covid 19,  depuis le fameux concert du 28 février 2020, à Paris-Bercy. La colère gronde dans la diaspora congolaise. C'est la justice qui tranchera. 

L'erreur de Fally Ipupa est d'avoir méprisé ses frères et sœurs congolais. Son arrogance l'a perdu. Et l'orgueil précède la chute.  

 

© sputnik_fr

Vous vous souviendrez qu’au début du troisième siècle avant notre ère, la République romaine qui avait étendu son influence sur toute la botte italienne rencontrait une seule résistance dans cité de Tarente, à l’extrême sud de l’Italie. Cette dernière Républiquette qui tenait tête au pouvoir de Rome fera alors appel à un puissant allié, nommé Pyrrhus qui fut alors le roi de Macédoine et d’Épire, pour la défendre des armées romaines.

En 280 av. J.-C., Pyrrhus débarque donc dans le sud de l’Italie à la tête d’une armée de plus de 30.000 hommes et d’une dizaine d’éléphants de guerre. Il remporte coup sur coup deux victoires, à Héraclée en 280 av. J.-C. et à Ausculum en 279 av. J.-C. Ces deux victoires lui coûtèrent très cher, car Pyrrhus y perdit la majeure partie de ses soldats, à telle enseigne qu'il s'écria : "Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul en Épire !".

L’expression « Victoire à la Pyrrhus » (victoire lourdement acquise au prix de terribles pertes pour le vainqueur) a depuis lors quitté le champ sémantique militaire pour se retrouver par analogie dans l’usage courant comme ce fut le cas hier soir à Paris Bercy. Comme il avait annoncé par médias et réseaux sociaux interposés, Fally a pu jouer son concert grâce à un déploiement impressionnant de forces de sécurité françaises. Lequel impressionnant déploiement traduit, sans le dire expressément, l’importance même accordée à l’adversaire en face.

Sans le savoir ni le vouloir, Fally Ipupa a servi sur un plateau d’or aux combattants ce que ces derniers n’avaient jamais obtenu dans le passé, à savoir l’attention des médias internationaux à leur message et revendications. Pour la première fois dans l’histoire du combat, le cas du Congo est à la une de l’actualité occidentale via les grands médias du monde.
Les détenteurs du pouvoir sur la RD Congo qui ont voulu mordicus organiser ce concert de Fally pour vouloir faire fi de la guerre qui lamine le Congo de Lumumba et vouloir faussement dire à l’opinion du monde que tout va bien se sont trompés de stratégie et ont reçu le revers de la médaille.

Le concert de Bercy les a desservis dans la mesure où c’est l’effet contraire qu’ils ont obtenu. Désormais le monde s’interrogera sur le pourquoi des incendies de la Garde de Lyon et sur ce qui se cache derrière le jusqu’auboustisme des concerts des artistes congolais dans les capitales occidentales.

Hier donc, nous avons vécu le remake de la guerre d’Héraclée. Fally a répété l’erreur de Pyrrhus en arrachant une victoire difficile, trop chèrement acquise, au résultat terrible, coûtant cher au vainqueur. Matériellement, humainement mais surtout en terme d’image d’artiste qui quitte le terrain de la neutralité de l’art d’Orphée pour mettre pied sur le terrain d’idéologie politique. Au final, la victoire de Fally s’avère ruineuse contre lui-meme.

Sur le plan tactique, Fally a gagné mais a perdu sur le terrain stratégique. Il a gagné avec d’énormes pertes sur le moyen et le long terme. Contrairement aux combattants qui, eux, ont réussi à allumer la colère du peuple français contre les futures productions musicales congolaises sur leur territoire. Ils ont, pour ainsi dire, réussi à mettre en place les préalables d’impossibilité des prochains concerts en France des musiciens congolais.

Mais leur plus grande victoire est plutôt de l’ordre médiatique : ils ont réussi à faire passer le message sur la vérité de ce qui se passe en RDC, sur l'existence de milliers des fosses communes et de nombreux crimes de guerre et de crimes contre l'humanité mais surtout sur le martyre subi par tout un peuple vivant dans la misère et la précarité innommables et croulant sous le poids d’un pouvoir d’occupation barbare et impitoyable, utilisant les mêmes musiciens congolais comme son bouclier et son armée soft power en vue de pouvoir masquer la vérité d’une guerre permanente et sanglante en Rd Congo, ayant déjà couté la vie à huit millions de congolais innocents.

Si cet artiste congolais a encore un brin de conscience patriotique, qu’il fasse sienne la réflexion du roi Pyrrhus après sa deuxième victoire à Ausculum : "Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul à Kinshasa!". Non seulement il a occasionné l’éclatement de son fanclub en diaspora et qu'il a écorné son image à l'échelle internationale, il a surtout réussi à diviser tout un peuple, à le distraire massivement deux semaines durant et à le détourner de son principal objectif du combat de libération contre l’occupant…

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