Chaplin’s World: Charlie Chaplin "Charlot", génie et icône du 7è art !

J'ai passé un bon après-midi au Chaplin's World à Corsier-sur-Vevey. Charlie Chaplin "Charlot" vit encore à travers ses films. Il fut un génie et demeure l'icône du cinéma.

Chaplin’s World: Charlie Chaplin "Charlot", génie et icône du 7è art !

Par Freddy Mulongo, mardi 18 juin 2019  Radio Réveil FM International 

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La statue deCharlie Chaplin "Charlot" et Freddy Mulongo Freddy, sur le quai Perdonnet à Vevey

Lorsque je vais en Suisse, je n'hésite pas d'aller rendre visite à Charlie Chaplin "Charlot" ! Icône du cinéma, mondialement connu, Charlie Chaplin "Charlot" a vécu près de vingt-cinq ans à Corsier, sur les hauts de Vevey (VD), dans le luxueux manoir de Ban. Lors d’une tournée en Europe pour présenter le film Les Lumières de la rampe, Charlie Chaplin (Londres 1889-Vevey 1977) se voit interdire le retour aux USA en raison du maccarthysme. Il décide de s'exiler avec sa famille en Suisse. Il choisit de s’établir à Vevey avec son épouse et ses enfants, dont 4 naîtront en Suisse. La famille réside au Manoir du Ban à Corsier, une maison de maître de style néoclassique, construite en 1840 et entourée d'un vaste parc de 14 hectares aux arbres centenaires. Les enfants fréquentent l’école publique et Charlie Chaplin, au faîte de sa gloire, réalisera et jouera notamment dans Un Roi à New-York (1957) et La Princesse de Hong-Kong (1967).

 

Charlot et Oona au manoir de Ban à Corsier-sur-Vevey

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La tombe de Charlie Chaplin "Charlot" à Corsier-sur-Vevey. Photo Réveil FM International

Le comédien s’éteint le matin du Noël 1977, à l’âge de 88 ans, dans son manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey, où il est inhumé, sur les bords du Lac Léman en Suisse. Sans Chaplin, le cinéma n'existerait pas... On a tout dit sur le génie du comédien, sur Charlot son personnage de vagabond au grand cœur, sur ses films au langage universel, à la fois poétiques et politiques. Mais dans le fond qui était l'homme qui a créé Charlot? Dès 1952, Charlie Chaplin s'installe sur la Riviera vaudoise et y vit pendant 25 ans. Un homme au grand cœur. Chaque année à Noël, Charlie Chaplin vient en aide aux nécessiteux de la région vaudoise. Le syndic de Corsier témoigne de ce beau geste et de la reconnaissance de la commune.

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Freddy Mulongo avec Charlot salon du barbier juif du Dictateur

 Dans le ghetto juif vit un petit barbier qui ressemble énormément à Adenoid Hynkel, le dictateur de Tomania qui a décidé l'extermination du peuple juif. Au cours d'une rafle, le barbier est arrêté en compagnie de Schultz, un farouche adversaire d'Hynkel...

Charlie Chaplin a été adoubé par la reine Elisabeth II comme chevalier commandeur de l’Ordre britannique. Lorsqu’il a créé Charlot en 1914, Chaplin n’avait «aucune idée du personnage», se souvient-il dans Histoire de ma vie, son autobiographie. Avec cette composition vestimentaire qui joue sur les contrastes et les accessoires: «Je voulais que tout fût une contradiction: le pantalon ample, la veste étriquée, le chapeau étroit et les chaussures larges. J’ai ajouté une petite moustache qui, selon moi, me vieillirait sans expression. Je n'avais aucune idée du personnage mais dès que je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir qui il était. J'ai commencé à le connaître et quand je suis entré sur le plateau, il était entièrement né"». Le personnage est donc né et le succès avec.

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Chaplin’s World. Photo Réveil FM International

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Charlie Chaplin "Charlot (en cire) et Freddy Mulongo au manoir de Ban

 Chaplin n’a pas seulement créé un personnage, mais aussi un style. «Je voulais que tout fût une contradiction: le pantalon ample, la veste étriquée, le chapeau étroit et les chaussures larges. J’ai ajouté une petite moustache qui, selon moi, me vieillirait sans expression.» Il venait d’être adoubé par la reine Elisabeth II chevalier commandeur de l’Ordre britannique,Icône du cinéma, mondialement connu, Charlie Chaplin "Charlot" a vécu près de vingt-cinq ans à Corsier, sur les hauts de Vevey (VD), dans le luxueux manoir de Ban.Sur le quai à Vevey, Charlot est l’ami du monde. Tant de gens posent la main sur lui que le bronze se patine, se lustre et prend une autre couleur. Charlot, sur le quai Perdonnet à Vevey, offre depuis vingt-quatre ans son bras aux passants qui jour après jour, saisons après saisons, le repèrent, le photographient, puis se font photographier à ses côtés et ainsi de suite.

C’est fou, l’amitié et la bonne humeur qui se dégagent de ces instants partagés avec le génie statufié. Et le respect. Presque comme si ce Charlot était encore un peu le vrai.

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L’ex-enfant pauvre aimait tant manger. Si la nourriture était souvent présente dans ses films, elle tenait aussi une belle part dans la vie privée du maître. Il y a bien sûr la danse des petits pains ou le repas de chaussure bouillie de La ruée vers l’or, mais pas seulement. Dans les 81 films de Chaplin, la nourriture ou la table est rarement absente. Dans ses courts-métrages, Charlot joue le Garçon de café, le Mitron, le voleur de hot-dogs, aspire sa soupe dans Le comte, sort un œuf d’un poulet rôti dans Charlot patine, nourrit des enfants presque en batterie dans Le policeman et tant d’autres. Il se fait gaver par une machine dans Les temps modernes, remplace la pomme de Guillaume Tell par une banane dans Le cirque, son Dictateur a un goût coupable pour les fraises, par exemple. Chez Chaplin, les aliments deviennent acteurs burlesques ou tragiques.

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 Le Kid Une mère seule et sans argent abandonne son enfant (le Kid). Celui-ci est recueilli par Charlot, un modeste vitrier. Pour gagner leur vie, ils mettent au point un système : l'enfant casse les vitres, et Charlot, le vitrier, arrive juste à ce moment pour les réparer. Tous deux parviennent à échapper à la police et aux services sociaux ; mais l'enfant tombe malade et il est enlevé par l'orphelinat. Finalement, grâce à Charlot, l'enfant retrouve sa mère devenue riche.

The Kid - Charlie Chaplin © Fatih Bilgin

La mère d'un jeune enfant, ne pouvant le faire vivre, décide de l'abandonner dans la voiture d'une famille fortunée. Deux voyous décident de voler cette voiture. Quelques rues plus loin, les voleurs entendent pleurer le bambin. Ils l'abandonnent dans une ruelle où passe un peu plus tard Charlot, un vitrier miséreux. Gêné par sa découverte, il tente d'abord de s'en défaire, avant de s'attacher à lui. Il l'éduque de son mieux mais les services sociaux s'en mêlent.

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Il a fustigé les injustices de son siècle en les brocardant ! Hitler a visionné «Le dictateur»

Réalisé en 1940, Le dictateur est un film est ouvertement inspiré par le régime nazi instauré 7 ans plus tôt par Adolf Hitler. Sous le nom Adenoid Hynkel, maître de la Tomanie, il y est incarné par Chaplin lui-même. Le scénario laisse entendre la possibilité d’une nouvelle guerre en Europe en même temps qu’il rappelle la brutalité du régime nazi. Dans ses discours, Hynkel s’exprime dans un anglais mâtiné d’un baragouin aux sonorités agressives qui rappelle l’allemand.

 Film Le Dictateur. Tout naturellement, le film fut interdit en Allemagne et dans tous les pays sous la botte de Hitler. Pourtant celui-ci, qui adore les films de Charlot va, en secret, faire acheter, via le Portugal, une copie du Dictateur qu’il se fera projeter chez lui. Selon plusieurs témoins oculaires retrouvés par les historiens, Hitler aurait même vu le film à deux reprises. En 1940, sa moustache étrécie coïncidant par sa ressemblance avec celle du nouveau maître de l’Allemagne, Adolf Hitler, il en profita pour ridiculiser ce dernier dans un long-métrage, Le dictateur, qui marquera l’histoire du cinéma dans ses rapports avec les actualités (lire encadré). Ce film de Chaplin plut infiniment, on s’en doutait, à un autre autocrate sanglant de l’ époque, à moustache plus avantageuse: Joseph Staline adorait, paraît-il les films de Charlot, autant que westerns avec John Wayne…

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Freddy Mulongo dans la bibliothèque de Charlot

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Freddy Mulongo sur le piano de Charlot !

 Dans d’autres films, il décriera en filigrane d’autres injustices: Les temps modernes, qu’il présenta euphémiquement en 1936 comme «une satire de certaines situations industrielles», fut reçue aux Etats-Unis comme une scandaleuse critique du capitalisme. L’exploitation des ouvriers y était caricaturée avec une exagération parodique, que les patrons des grandes entreprises étasusiennes ne comprirent pas. Ils le soupçonnèrent même d’être un cryptocommuniste, parce qu’il osa converser quelques minutes, en 1956, à Londres avec Nikita Khrouchthcev, qui régnait alors sur la défunte URSS. Le climat étasunien lui devenant néfaste, Charlie Chaplin remis le cap sur un Vieux-Continent où son humour était mieux compris. Il eut un jour, avec Albert Einstein, ce charmant échange de compliments: - Ce que j’admire le plus dans votre art, fit le savant à l’acteur, c’est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant le monde entier vous comprend — C’est vrai, répondit Chaplin. Mais votre gloire est plus grande encore: le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend.»

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Le costume dépareillé du vagabond gentleman. Voici l’un des costumes originaux de Charlot, rapatrié des Etats-Unis une fois Chaplin en exil et en couleurs pour améliorer sa photogénie sur pellicule noir-blanc.

 Une vie à cheval sur deux continents, de l’enfance miséreuse à Londres suivie des premiers pas sur les scènes de music-hall jusqu’à la retraite en Suisse. En passant, bien sûr, par l’usine à rêves de Hollywood. Plus de quatre-vingts films réalisés. Un succès fulgurant qui a permis à l’artiste de négocier très tôt des salaires faramineux. Sans oublier quelques mariages, autant de scandales et une ribambelle d’enfants. Depuis 1914 et la première apparition de Charlot, l’existence comme l’œuvre de Charlie Chaplin croisent grande et petite histoire, alimentent les pages people des magazines, inspirent des générations d’artistes ou nourrissent les recherches d’érudits.

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Michael Jackson était un grand fan de Chaplin. Lorsqu’il a 9 ans, en 1967, Michael Jackson réalise un portrait de Charlie Chaplin, le premier d’une longue série. Il ne se doutait pas alors que sa future carrière allait ressembler étrangement à celle de son idole.Michael Jackson était en admiration devant Charlie Chaplin, sa vie, son œuvre, son personnage, comme le raconte le photographe britannique Tony Prime, à propos d'un photoshoot à Londres avec le chanteur alors âgé de 21 ans.

 Michael Jackson était obsédé par Charlie Chaplin et lui demandait de lui montrer où le comédien était né : "Jackson était fasciné par la vie de Chaplin et voulait savoir tout ce qu'il était possible de savoir sur l'endroit où le comique avait grandit." Le photographe le conduit donc en voiture dans les quartiers londonien où Chaplin avait passé son enfance. Soudain, Michael voulut s'habiller comme Charlot et poser devant la maison où son idole était née en 1889, rue Stockwell dans le nord de Londres. Michael Jackson était tellement excité par cette séance qu'il demanda s'il pouvait garder les photos pour lui, aussi les photos de cette séance ne furent-elles révélées au public qu'à la suite du décès de la star. Cette épisode marque bien l'amour que Michael Jackson portait à Charlie Chaplin, et son insistance à découvrir les lieux de son enfance souligne l'importance que donne Jackson à cette période de la vie d'un artiste. Chaplin avait grandi dans un milieu très défavorisé comme Jackson et avait en effet eu son premier rôle professionnel à l'âge de huit ans. Chaplin observa : "Mon enfance finit à l'âge de sept ans" S'il n'est pas tout de suite devenu une star, il s'agit indéniablement d'un des aspects expliquant la profonde identification émotionnelle de Michael Jackson pour Charlie Chaplin.

 La commune de Corsier possède sans doute l’un des plus beaux parcs publics de la région. Non seulement la vue y est superbe en direction du lac, mais sa superficie est telle que les visiteurs, pique-niqueurs, grilleurs de saucisses, enfants, joueurs de boules, flâneurs, lecteurs, dormeurs s’y arrêtent nombreux sans se gêner.

Sur 3000 m2, la vie et l’œuvre de celui qui a créé un personnage universellement connu se trouvent déclinées à travers un parcours poétique et didactique, à grand renfort d’images d’archives, d’objets personnels, de montages de films, de reconstitutions de décors… Sans oublier les personnages de cire créés par les équipes du Musée Grévin à Paris.

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 Un vaste programme qui se veut culturel et divertissant, survolant cinquante ans de carrière du comédien, pantomime, scénariste, réalisateur, compositeur, producteur. En arrivant dans le manoir, c’est Chaplin lui-même qui accueille le visiteur. Sa statue se dresse dans l’entrée. Au total, 36 personnages de cire ponctuent le parcours: Charlot sorti d’un film, Oona dans l’appartement, les actrices Claire Bloom, Paulette Goddard ou Sophia Loren, sans oublier de nombreux autres artistes: Laurel et Hardi, Roberto Benigni, Federico Fellini, Michael Jackson…

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