Vérité des urnes: Le Général Emmanuel Habyarimana, "Veni, Vidi, Vici" à Paris!

Le général Emmanuel Habyarimana était à Paris pour la marche de la vérité des urnes de Martin Fayulu organisée par la diaspora congolaise, le samedi 16 mars, de Château-Rouge à la République. Il est le farouche opposant rwandais à Paul Kagame, l'ogre de Kigali. Né au Katanga, avant l'indépendance, à l'époque du Congo-Belge.

Farouche opposant de Kagame, le Général Emmanuel Habyarimana, "Veni, Vidi, Vici" à Paris!

Par Freddy Mulongo, jeudi 21 mars 2019  Radio Réveil FM International 

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Le patriarche Julien Ciakudia et le Général Emmanuel Ciakudia à Paris

Le général Emmanuel Habyarimana était à Paris pour la marche de la vérité des urnes de Martin Fayulu organisée par la diaspora congolaise, le samedi 16 mars, de Château-Rouge à la République. Il est le farouche opposant rwandais à Paul Kagame, l'ogre de Kigali. Né au Katanga, avant l'indépendance, à l'époque du Congo-Belge, le Général Emmanuel Habyarimana est attaché au vivre ensemble pacifique entre le Rwanda son pays et la République démocratique du Congo, son grand voisin. Que le Rwanda de Paul Kagamé, pille, tue, massacre des congolais et vole des ressources du Congo,cela est inadmissible pour l'ancien ministre de la Défense du Rwanda sous Paul Kagamé. Traqué par tous les services secrets rwandais en Europe, il résiste à ces assauts des sbires rwandais. Le Général Emmanuel Habyarimana a tenu à être à Paris pour voir de ses propres yeux, la manifestation de la diaspora congolaise pour la vérité des urnes de Martin Fayulu, le samedi 16 mars à Paris de Château-Rouge à la place de la République. Malgré que l'ambassade du Rwanda a envoyé ses observateurs barbouzes, extrêmement courageux le Général Emmanuel Habyarimana était là et a même taclé le maître du Rwanda. dit ce qu'il pense des élections en RDC et tacle par la même occasion, le maître du Rwanda.

Les hold-up électoraux gangrènent et étouffent l'éclosion de la démocratie en Afrique. Les peuples sont méprisés et ne sont devenus que des faire-valoir des élections "boutiquées", "grugées" d'avance. La République démocratique du Congo vient même d'inventer la Nomination électorale entre Félix Tshilombo Bizimungu wa Kanambe et Alias Kabila qui l'a nommé après deal. Ce paradigme est nouveau. Il va sans doute faire des émules sur le continent. L'Afrique copie mal: les Coups d'Etat, les Conférences nationales, les commissions électorales...sont passés d'un pays à un autre sans l'Afrique n'avance. La situation de la République démocratique du Congo est un problème des pays des Grands Lacs mais aussi de l'Afrique entière. Voir comment les Congolais réfutent et se mobilisent pour la vérité des urnes de Martin Fayulu dans une grande capitale européenne comme Paris, est une aubaine pour le Général Emmanuel Habyarimana.

LE GENERAL EMMANUEL FAROUCHE OPPOSANT A PAUL KAGAME A LA MARCHE DE FAYULU DONNE SON AVIS LA TRICHERI © Afrique Continent

Sans être pessimiste, l'Afrique fait du surplace. En 1962, l'agronome René Dumont avait écrit L'Afrique noire est mal partie. A cette époque, le niveau de développement des pays d'Asie du Sud-Est était légèrement en deçà de ceux des pays africains. Regardez aujourd'hui...L’Afrique est riche mais les africains sont pauvres, cette pauvreté à plusieurs origines. Il faut d’abord souligner le fait que c’est vrai que l’Afrique est riche à travers ses ressources naturelles mais ces dernières sont exploitées par des compagnies étrangères qui le plus souvent n’apportent pas grand-chose à l’économie nationale. Ces entreprises profitent d’une main d’œuvre abondante et moins chère et une faible pression fiscale pour réaliser de gros chiffres d’affaires au détriment de nos Etats. Et le plus souvent elles ne transforment pas leur produit sur place, produit qui sera revendu aux africains beaucoup plus chère après transformation à l’extérieur. Ce qui est beaucoup plus triste pour les africains c’est qu’il arrive aux compagnies étrangères de reverser des redevances minières à l’Etat ou aux collectivités territoriales, mais cet argent est détourné par une minorité laissant les populations dans l’insuffisance de nourriture, dans le manque de soin et d’emplois avec comme danger la pollution de l’environnement dans lequel vivent les populations locales. Ensuite la pauvreté est la règle en Afrique à cause des conflits post-électoraux, ethniques et religieux, des guerres civiles, l’instabilité politique qui conduit à des coups d’Etats récurrents,…. Tous ces maux poussent les populations à fuir leur pays pour se réfugier dans des camps le plus souvent dans des conditions très difficiles. Les africains passent beaucoup de temps dans le règlement des différends pendant que d’autres se sont déjà lancé dans une relance de leur économie. En fin à tous ces facteurs déterminent la pauvreté en Afrique il faut ajouter les conditions climatiques qui ne sont pas favorables au continent car 80% des populations africaines vivent de l’agriculture, voilà pourquoi dans certaines régions d’Afrique comme au Sahel il y a une insécurité alimentaire chronique qui fait de millier de morts chaque année.

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Le patriarche Julien Ciakudia et le Général Emmanuel Ciakudia à Paris

De nombreux scrutins ont été contestés et accompagnés de violences meurtrières en Afrique, même si certains pays ont connu des alternances réussies. S'il reste difficile de définir les origines de ces crises (politiques, contestations sociales, parfois ethniques), il est de plus en plus aisé d'en définir les acteurs et parfois de les condamner, comme en Côte d'Ivoire ou au Kenya (Uhuru Kenyatta et Laurent Gbagbo ont été convoqués devant la Cour pénale internationale après les violences dans leurs pays).

Pourtant, une question demeure dans tous les esprits : pourquoi réaliser des élections souvent dans la précipitation, en sachant très bien que cela risque de déboucher, tôt ou tard, sur une crise électorale, puisque les résultats seraient évidemment contestés par les perdants ? Preuve qu'au-delà de la crise électorale, il y a une crise structurelle à résoudre dans plusieurs pays africains. Après un vote pacifique le 27 décembre 2007, le Kenya s'est embrasé à l'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki, contestée par le camp de son adversaire Raila Odinga, que les sondages donnaient gagnant. Des émeutes ont éclaté dans plusieurs bidonvilles de Nairobi et dans les grandes villes de l'Ouest, fiefs de M. Odinga. Les violences politico-ethniques ont fait quelque 1 300 morts et plus de 600 000 déplacés, selon des documents de la Cour pénale internationale. En 1992 et 1997, les deux scrutins avaient été marqués par des violences. En 1992, des centaines de personnes avaient été tuées dans la vallée du Rift (Ouest) dans des violences interethniques.

2008. Au Zimbabwe, le face-à-face Mugabe/Tsvangirai dégénère. Après la victoire de l'opposition aux élections générales de 2008, les partisans de Morgan Tsvangirai ont été la cible d'une vague de violences (180 morts, selon Amnesty International). Tsvangirai s'est retiré avant le second tour de la présidentielle et son rival, Robert Mugabe, a été réélu lors d'un scrutin qualifié de "farce". En mars 2002, la présidentielle, remportée par Mugabe, avait aussi été marquée par des violences.

2011. Nigeria, difficile transition Nord-Sud. Considérées comme les plus transparentes depuis l’avènement du pouvoir civil en 1999, les élections du printemps 2011 au Nigeria ont été pourtant marquées par de graves violences électorales. Des émeutes ont suivi la présidentielle d'avril 2011, faisant plus de 800 morts dans le Nord (HRW). Les violences ont éclaté après l'annonce de la victoire du sortant Goodluck Jonathan, un chrétien originaire du Sud, sur son rival, Muhammadu Buhari, un musulman du Nord. En avril 2007, les élections avaient aussi été marquées, selon l'opposition et les observateurs, par des fraudes et des violences. Au moins 39 morts selon le bilan officiel, au moins 200 selon l'Union européenne.

2011. Côte d'Ivoire : Gbagbo-Ouattara, duel politique à mort. Des partisans de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo lors d’une manifestation en février 2014 dans la ville de Koumassi. Le pays a connu une crise née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de fin 2010 en faveur d'Alassane Ouattara. Arrêté en avril 2011, après deux semaines de guerre et quatre mois de crise, Gbagbo a été incarcéré à La Haye où il a été jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. Il a été libéré et vit actuellement en Belgique. Il a demandé le divorce à son épouse Yvonne Gbagbo. La crise post-électorale a fait quelque 3 000 morts. En 2000, à l'issue d'une élection controversée dont avait été exclu Ouattara, Robert Gueï s'était proclamé vainqueur après avoir fait arrêter le décompte des voix. Gbagbo s'était alors proclamé vainqueur et avait appelé ses partisans à descendre dans la rue. Le général Gueï est renversé par un mouvement populaire et Gbagbo investi après des violences.

2005. Togo, une élection traumatisante pour les populations. Les forces de police togolaises face à face avec les militants de l'UFC de l'opposant Jean Pierre Fabre lors de la présidentielle de 2005. Lors de la présidentielle de 2005, à la suite du décès de Gnassingbé Eyadéma, des violences ont ensanglanté le pays après l'annonce de la victoire de l'un de ses fils, Faure Gnassingbé. Elles ont fait 400 à 500 morts et des milliers de blessés, selon l'ONU.

2001. Madagascar, de la crise post-électorale à la transition. Encadré par l'armée, Andry Rajoelina est proclamé président de Madagascar le 21 mars 2009. En 2001-2002, une crise politique, marquée par des manifestations, a paralysé le pays. Didier Ratsiraka a contesté la victoire de son rival, Marc Ravalomanana, au premier tour de la présidentielle de fin 2001, et répondu à l'autoproclamation de son rival par une confrontation qui a dégénéré en affrontements faisant plusieurs dizaines de morts.

2009. Gabon : bras de fer entre Ali Bongo et André Mba Obame. Déjà en 2009, la proclamation de la victoire d'Ali Bongo, fils du défunt Omar Bongo, à la présidentielle avait été contestée par l'opposition et suivie de trois jours d'émeutes notamment à Port-Gentil. Les violences avaient fait officiellement trois morts, au moins 15 selon l'opposition. Au Gabon, la crise politique ouverte par le hold-up électoral fomenté par Ali Bongo en août 2016 n’est toujours pas résolue. Elle se double d’une crise économique et sociale caractérisée par des grèves à répétition ou le non paiement des salaires de nombreux travailleurs depuis plusieurs mois… L’opposant Jean Ping se proclame toujours « président élu » mais reste impuissant à faire valoir ses droits. Après avoir misé sur la communauté internationale pour faire reconnaître sa légitimité il a dû déchanter.

Le pays frontalier du nord du Gabon, le Cameroun, organisait lui un scrutin présidentiel ce dimanche. Face à Paul Biya, autocrate de 85 ans dont 36 au pouvoir, l’opposition se présente en ordre dispersé avec pas moins de 7 candidats pour une élection à un seul tour. Autant dire que le président sortant ne devrait pas avoir trop de mal à rempiler pour 7 années supplémentaires, même si ici comme au Gabon c’est l’abstention qui a toutes les chances d’être majoritaire. La situation du Cameroun ressemble à celle des autres pays de la Françafrique, avec des richesses accaparées par l’ancienne puissance coloniale et ses relais locaux, et une population qui essaie de survivre dans la misère. Mais le Cameroun connaît aussi 2 conflits armés : l’un dans le grand nord musulman où sévit Boko Haram, et l’autre dans les régions anglophones de l’ouest anciennement sous mandat britannique avant l’unification avec la partie francophone. Les anglophones se sentaient délaissés par le pouvoir et réclamaient le retour au fédéralisme qui avait été en vigueur de 1961 à 1972. La réponse répressive qui a été donnée à ces revendications a entraîné l’apparition d’une insurrection armée qui a proclamé l’indépendance de « l’Ambazonie » il y a plus d'un an.

2011-2018. République démocratique du Congo. Fin 2011, les élections présidentielle et législatives, organisées de façon chaotique et entachées de nombreuses irrégularités, ont été précédées et suivies de violences. Un rapport de l'ONU, dénoncé par Kinshasa, a fait état d'une trentaine de morts. Il accusait les forces de défense et de sécurité de RDC de "graves violations" des droits de l'homme. Le chef de l'État sortant Alias Kabila a été officiellement réélu, mais l'opposant Étienne Tshisekedi, classé deuxième de la présidentielle, a rejeté ces résultats. Le 30 décembre 2018, il y a eu élection en République démocratique du Congo, le comble de l'histoire est qu'après un deal, Félix Tshilombo Bizimungu wa Kanambe, fils Tshisekedi Monsieur 16% a été placé sur le trône du Congo par Alias Kabila, au grand mépris de la volonté populaire qui a élu Martin Fayulu avec 62% ! Le pays est sur un volcan des colères, frustrations et inquiétudes. La vérité des urnes de Martin Fayulu est le point de départ vers la démocratie. On ne bâtit pas un pays sur des mensonges.

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