France: La cloche chinoise de Marmande, tout une histoire de polémique !

La cloche chinoise de Marmande, tout une histoire de polémique !

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Marmande est une ville de Lot-de-Garonne dans le sud-oust de la France. La cloche chinoise de Marmande cristallise encore la polémique entre les pour et contre, depuis son installation en février 2013.

« Les gens viendront spécialement à Marmande pour voir l’horloge monumentale ! Vous verrez ! » Cette promesse, Gérard Gouzes la ressort à tous ses détracteurs. Et à toutes les occasions. Aujourd’hui, jour de l’inauguration de ce que l’on appelle par raccourci « la cloche chinoise », le maire ne devrait pas manquer de le rappeler. Gérard Gouzes assume ce que beaucoup considèrent comme une folie. Retour sur les épisodes précédents.

C’est en rentrant d’un voyage en Chine, en 2011, que Gérard Gouzes annonce la nouvelle : les Chinois de Yuncheng, avec qui Marmande sympathise en vue d’un possible jumelage, souhaitent offrir une cloche typique, assortie d’une horloge. Le maire la verrait bien trôner Square de Verdun.

Un cadeau qui fait un peu réagir certains élus marmandais, comme l’avocat Yann Delbrel, qui fait alors remarquer que « la cloche (chinoise) se trouverait juste à l’aplomb de notre place des Droits-de-l’Homme. Symboliquement, c’est pas mal. »

Le ton est pour l’instant taquin. Mais lorsque le projet s’est concrétisé, les dents ont plus que grincé. Nous sommes en septembre 2012, et Gérard Gouzes propose à son Conseil de voter l’achat de la cloche auprès de la fonderie de la ville de Wu Han, pour un montant de 215 000 yuans (28 000 euros environ).

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L’opposition s’abstient, et son chef de file, Laurence Valay, monte au créneau. Elle estime qu’en plus de cette somme, « alors que les finances de la Ville et des Marmandais sont serrées, ne sont pas inclus les coûts de l’installation, des douanes, du transport… »

Même dans les rangs de la majorité, l’achat fait grand bruit. Joël Hocquelet s’abstient lui aussi. Et la cloche est devenue « l’affaire d’État en ville ». Des proches du maire se demandent s’il ne va pas trop loin, si cette décision n’est pas risquée à l’approche des élections municipales de 2014. D’autres veulent croire en une stratégie « à la manière d’un Gouzes visionnaire, capable de sortir de son chapeau un partenariat économique avec la Chine, juste avant l’élection 2014 ».

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Personne ne veut se prononcer officiellement. Mais la dépense est jugée déplacée. Le maire s’agace plusieurs fois, en conseil municipal. « On ne parle pas de dépenses colossales mais de 28 000 euros sur un budget communal de 35 millions d’euros ! Votre problème, c’est que vous n’avez qu’une obsession : prendre ma place ! » lancera-t-il à Didier Dutheil, de l’opposition.

Une opposition qui refuse que soient inscrits les noms de ses membres sous la cloche comme le maire entendait le faire. Et qui se fera, « car nous formons tous un Conseil municipal ». En guise de « protestation », Philippe Labardin, pour son groupe, a donc offert le mois dernier une ponceuse (made in China d’ailleurs). Et annoncé que l’opposition n’assisterait pas à l’inauguration.

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Gérard Gouzes dit se réjouir de temps de bruit autour de l’installation de cette horloge monumentale. « La polémique créera la curiosité et attirera du monde. Et je ne regrette pas, ce geste symbolique aura une résonance dans nos relations avec la Chine. »

Inaugurée en début d’année du Serpent (à sonnettes ?) pour les Chinois, la cloche marmandaise aura marqué Marmande !

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